LE BILLET DE LA RÉDACTION

Lorsque j'ai voulu adhérer à l'association Défense de la langue française, j'ai hésité, j'étais un peu « dans mes petits souliers », m'imaginant qu'il s'agissait d'un club très fermé, sélectif, réunissant une élite, et où je craignais de ne pas avoir ma place : accepterait-on ma « candidature », alors que je n'avais aucun justificatif à fournir ? Pas de diplôme universitaire, pas de preuve de qualification, pas d'activité spécifiquement linguistique. Notre amie Guillemette Mouren, notamment, s'est parfois entendu dire par de nouveaux adhérents qu'ils « craignaient d'entrer dans une société savante », ce qui confirme que cette impression peut s'imposer à d'autres. Disons-le donc tout net : les portes de DLF sont cordialement ouvertes à tout le monde, sans distinction du degré de connaissances, sans jugement, sans condescendance, que l'on soit un as de l'orthographe, de la grammaire, ou que l'on ait un niveau modeste, avec l'envie d'apprendre, de découvrir, et de poser des questions.


LE FRANÇAIS EN RUSSIE

À toute époque de l'histoire de notre pays, le français était incontestablement adoré et admiré. Son développement en Russie a une longue et riche histoire inséparablement liée à celle de notre pays.
Au début du XIXe siècle, la langue française était bien répandue parmi les nobles russes, qui la maîtrisaient admirablement. C'était bien la norme de parler français en famille, avec ses enfants, de s'écrire en français et même de déclarer son amour. Cette étape de l'épanouissement de la langue est reflétée dans le roman du célèbre écrivain russe Léon Tolstoï, Guerre et Paix. Un personnage de son roman dit que « même étant né en Russie, il pense en français », car le français représentait pour lui non seulement la manière de parler mais aussi celle de penser. La culture française a pénétré les âmes des nobles russes. Plusieurs grands écrivains russes créaient leurs œuvres en deux langues à la fois: en russe et en français, qui était presque leur langue maternelle, puisqu'ils la parlaient dès leur première enfance.

Les temps ont passé. Les époques ont changé. L'histoire de notre pays a connu des images glorieuses et sanglantes, des événements qui ont bouleversé notre vie, nos traditions et, en quelque mesure, notre mentalité. Juste avant la Seconde Guerre mondiale, le français avait commencé à perdre de son importance et c'était l'allemand qui s'était répandu assez vite en Russie. Tout au long de quelques décennies, on l'apprenait dans tous les établissements scolaires.
Aujourd'hui, l'anglais s'est propagé et tient la place prépondérante parmi les langues étrangères étudiées dans notre pays. Aujourd'hui, la plupart des élèves sont motivés pour étudier l'anglais, car ils croient bien que c'est la langue universelle, internationale, celle de leur avenir et de leur travail. Le français en Russie tient la troisième place (ce qui est fort dommage). Il vient après l'allemand, mais ces dernières années, on remarque un intérêt réveillé envers le français, la France et la culture si riche de ce pays. On commence à l'étudier à l'école.

Le français à Voronej

À Voronej, on peut compter cinq ou six écoles où l'on enseigne le français et un lycée spécialisé, où les élèves apprennent le français dès la première classe. (Il y a une différence entre la compréhension russe et française de cette notion. En Russie, les études à l'école commencent par la première classe: les enfants ont alors sept ans et ils quittent cet établissement scolaire à l'âge de dix-sept ans.) Comme je suis une ancienne élève de ce lycée, je pourrais remarquer que le niveau de l'enseignement du français est très élevé. On utilise d'authentiques manuels français dès le début de l'apprentissage de la langue. Parmi les disciplines, on enseigne l'histoire de France, les sciences économiques et sociales, le français des affaires, la grammaire.

Parmi les établissements supérieurs de Voronej, l'université (VSU) joue un très grand rôle dans l'enseignement du français.
La faculté de philologie romano-germanique de l'université d'État de Voronej est très active pour la promotion du français parmi les étudiants. Après avoir terminé la faculté, les étudiants reçoivent leur diplôme de professeur de français, d'interprète (du français en russe, du russe en français -la spécialité de notre école d'interprétariat), de linguiste. Les études durent cinq années. Dès la première année, on a des cours de littérature française, de grammaire, de phonétique, de conversation, de presse écrite française. En troisième année, on a des cours de littérature, d'analyse des œuvres littéraires classiques françaises, de lexicologie, des cours de civilisation, d'histoire de France, d'histoire de la langue, de grammaire théorique. En quatrième et cinquième, les étudiants apprennent la didactique de la langue française à l'école et à l'université, suivent de nombreux cours sur l'interprétation dans les deux sens, l'analyse littéraire, la stylistique. C'est le programme de notre faculté.

De plus, dans le développement du français en Russie, il faut souligner le rôle des centres culturels régionaux qui sont sous l'égide de l'ambassade française. À Voronej, aussi bien qu'à Moscou, Saint-Pétersbourg, Ekatérinbourg, Samara, les centres aident à propager la langue française. Ces centres organisent plusieurs activités.
Ce qui est fort dommage, c'est qu'en Russie il y a très peu de professeurs de français. Par exemple, à l'université, il n'yen a pas (excepté les stagiaires français). C'est pourquoi je cherche à améliorer mon français et à connaître quelque chose de nouveau sur l 'histoire et la culture de ce pays que j'adore.
Maria KOZLOVA
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