NOTRE REVUE S'ÉCOUTE...

Jacques Guillet, kinésithérapeute de son état et membre de notre association, est un passionné de la langue française qui lit la revue avec assiduité. « Quoi d’étonnant à cela ?, penserez-vous, c’est le cas de chacun d’entre nous ». Certes, mais à une différence près : il est le seul de nos adhérents qui la lise avec les oreilles. C’est un hasard qui m’a permis de faire sa connaissance, par une personne de ma proche famille qui s’était confiée à ses soins, et dont le nom avait attiré son attention.
Notre ami a établi avec moi une liaison par messagerie internet. Je lui laisse la parole : « Voilà quelques années maintenant que je suis abonné à l’excellente revue Défense de la langue française. J’y apprécie beaucoup la partie concernant notre langue proprement dite, sa grammaire, sa syntaxe... J’apprécie tous ces articles grâce auxquels on remet en cause, on corrige, on modifie sa façon de parler ou d’écrire. Lorsque les hasards de mon métier m’ont permis de faire la connaissance de votre charmante belle-fille, c’est sans aucune flagornerie que je lui ai fait part de la joie que j’éprouvais en me faisant lire vos articles. Bien sûr, j’eusse préféré les lire en braille ou au moyen d’une synthèse vocale, mais enfin, c’est toujours mieux que rien. Les lecteurs font ce qu’ils peuvent, mais ils oublient parfois que l’auditeur d’une cassette ne peut deviner l’orthographe d’un mot par simple écoute.C’est la raison pour laquelle je vous avais fait dire par elle que je serais heureux si vous possédiez, sinon la totalité des articles, au moins quelques-uns sur support informatique. Je pourrais alors les mieux apprécier car il me serait possible de les lire en braille ou bien de les faire lire par la belle voix de Claire... Claire n’est pas mon épouse ; non, Claire est le nom de la voix féminine de ma synthèse vocale. »
Nous avons été impressionnés par une telle passion pour la langue française, et fort intéressés par les moyens envisageables pour mettre la revue à disposition des personnes aveugles. Je lui ai donc demandé de nous en dire plus long sur les techniques employées.
Il utilise un système appelé Jaws, fonctionnant sous Windows, donc sur un ordinateur PC, qui reconnaît et transcrit le contenu de l’écran, soit en synthèse vocale, soit en écriture braille « éphémère », grâce à un bloc de lecture situé en haut du clavier, et muni de picots qui sortent ou se rétractent pour former les phrases. Jaws permet également de naviguer sur internet, puisqu’il sait aussi reconnaître et traduire les pages de la Toile.
Comment fournir chaque fascicule, en vue du traitement par son matériel ? La revue est composée avec Quark Xpress, un logiciel très courant dans le domaine de l’imprimerie, et les numéros sont stockés dans nos archives sous forme de fichiers Quark, sur cédéroms. Après plusieurs expériences menées en commun, nous avons trouvé le moyen idéal : les articles, extraits de la revue, sont convertis en texte brut uniforme, et mis bout à bout. Pour permettre leur identification, chaque titre est précédé d’une mention : titre 1, titre 2, etc., qui marque un repère (pour les initiés en informatique, je les exporte dans le bloc-notes de Windows par un copier/coller à partir de Quark ; j’obtiens ainsi du texte au kilomètre que je sauvegarde au format *.txt).
Je cite encore quelques passages extraits de ses messages : « La lecture des fichiers TXT est beaucoup plus simple pour nous, il nous est bien plus facile de “jouer” avec ce type de fichier : lorsqu’on interrompt la lecture, il nous est par exemple possible d’inclure une ligne vide où l’on écrit “marque-page” ou autre chose. En revenant au texte, après l’ouverture du fichier, il suffit d’activer la commande “rechercher” et de demander à Jaws de trouver les occurrences du ou des repères que l’on aura choisis. À la maison, je ne possède pas d’écran braille mais uniquement la synthèse vocale. Toutefois, il est possible de faire répéter, épeler au moyen de la synthèse [...].
Chaque fois que je termine la lecture d’un numéro de DLF, j’ai l’impression d’avoir appris ou revu tant de choses. Je ne sais si j’atteins un “haut niveau de compétence”, mais je satisfais mon plaisir de savoir et d’apprendre encore plus. Cette fois-ci, j’ai la satisfaction de bénéficier davantage des bienfaits de ces articles car, contrairement à ce que je ne pouvais faire que très difficilement, j’ai le plaisir de naviguer tout seul, comme un grand, de relire à ma guise tel ou tel point, de vérifier l’orthographe de tel ou tel mot [...].
J’ai toujours apprécié notre bonne langue, mais n’en ai pris conscience que grâce aux émissions que donnait le regretté Jacques Lacant sur Radio Courtoisie. C’est ainsi que j’ai décidé de m’abonner à DLF et que, grâce à tous les bons articles que j’y trouve, j’essaie de m’améliorer. Il me semble que souvent, on perd quelque peu le goût des choses lorsque l’entourage semble indifférent à des sujets tels que la grammaire, l’orthographe... » Merci, cher Jacques, au nom de toute notre équipe, pour ce témoignage de persévérance et d’amour du français auquel nous sommes sensibles, et qui est un bel encouragement à poursuivre notre action.
Jacques PÉPIN

 
L'ENSEIGNEMENT FRANÇAIS À L'ÉTRANGER

M. André Ferrand, sénateur représentant les Français établis hors de France, s’est vu confier par le Premier ministre une importante mission : étudier les sources de financement de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), afin de compléter les ressources apportées par l’État.

L’enseignement français à l’étranger représente, avec 410iétablissements dans 120 pays pour 235 000 élèves, le réseau le plus dense au monde. Si les statuts de ces établissements sont variés, la qualité de leur enseignement est exceptionnelle : les résultats au baccalauréat sont supérieurs à la moyenne métropolitaine. Néanmoins, il existe des difficultés de financement, notamment pour la rénovation et l’extension des locaux, d’où la nécessité de développer de nouveaux partenariats avec : l’Union européenne, les pays d’accueil, les académies régionales françaises, les entreprises, le mécénat, les anciens élèves et les fondations. De manière générale, il s’agit de développer toutes les formes de partenariats public-privé.
Par ailleurs, notre enseignement attire les étrangers, mais il faudrait moduler les tarifs et revoir l’attribution des bourses aux familles françaises.
Les conditions du succès : donner à l’AEFE les moyens humains et financiers nécessaires à son renforcement et resserrer les liens avec le ministère de l’Éducation nationale ; promouvoir un baccalauréat international, développer les partenariats en tenant compte des particularités locales.
Cet excellent rapport, intitulé Financements de l’enseignement français à l’étranger. Réagir et s’unir pour un nouvel élan, est en ligne sur le site de la Documentation française : www.ladocfrancaise.gouv.fr
Françoise Merle

NDLR : Le 4 novembre, faisant suite aux propositions du rapport Ferrand, M. Xavier Darcos, ministre de la Coopération, a présenté au conseil des ministres une série de mesures destinées à soutenir l’enseignement français à l’étranger : création de nouveaux établissements, en encourageant « l’homologation par la signature de protocoles avec l’Éducation nationale d’établissements autofinancés » ; augmentation du nombre des bourses pour les élèves français, adaptation des bourses d’excellence pour les élèves étrangers, création de postes d’enseignants (jusqu’à cinquante par an) autofinancés par les établissements, etc. Sur le plan didactique, les établissements français pourront proposer des examens binationaux et seront encouragés à s’engager dans des actions de coopération pédagogique. M. Darcos a annoncé la mise au point d’ici la fin de l’année d’un plan d’action 2005-2007.
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