DÉFENSE DES NOMS DE FAMILLE

Nous sommes en France quelques millions de personnes dotées d’un nom qui comporte un accent ou une cédille. L’oubli de ce signe diacritique, quand le nom est enregistré et imprimé en lettres majuscules, change la prononciation. Il arrive qu’appelés dans une file d’attente, certains, ne reconnaissant pas leur nom, ne répondent pas. Parfois, cet oubli d’accentuation fait que le nom devient sujet à plaisanteries plus ou moins douteuses.
La question se pose pour beaucoup de documents administratifs, qui deviennent illégaux, car la loi du 6 fructidor de l’an II, créant le principe d’immutabilité du nom de famille, n’est pas appliquée. Le nom doit toujours être écrit tel qu’il l’est sur l’acte de naissance. C’est ainsi que sont correctement imprimés les cartes nationales d’identité, les passeports, les cartes d’électeur (pas toujours), les actes d’état civil, l’annuaire de France Télécom. Mais les permis de conduire, les cartes grises, la carte VITALE et les documents émis par les CPAM, les relevés de CCP et Livrets, en ce qui concerne les administrations et organismes publics, ne comportent pas les signes diacritiques.
Ne parlons pas des entreprises privées : aucune loi, à ce jour, ne les oblige à enregistrer et écrire les noms de famille tels qu’ils le sont sur l’acte de naissance, que ce soit en lettres minuscules ou en lettres majuscules. Certaines acceptent, par respect de leurs clients, de rectifier leurs fichiers. Mais beaucoup rétorquent encore : « On nous a appris à l’école que les majuscules n’ont pas d’accent. » Ou bien : « Nos programmes informatiques ne permettent pas d’enregistrer les majuscules accentuées », ce qui laisserait entendre que ces programmes sont très anciens et écrits dans un langage informatique dépassé.

Ainsi avons-nous été quelques-uns à nous dire qu’il fallait faire quelque chose pour que cela change. Nous avons donc créé l’association MON NOM ACCENTUÉ, association qui, un an après sa naissance, annonce 250 adhérents. Ce n’est pas beaucoup, mais cela commence à compter quand on écrit aux autorités administratives.
À ce jour, nous avons eu la satisfaction d’apprendre que, un peu grâce à nos interventions, les signes diacritiques seraient conservés par la nouvelle version des programmes de la direction générale des Impôts et par l’Institut national de la statistique et des études économiques courant 2007. Bien sûr, il faudra un certain temps pour que les millions de noms enregistrés par ces organismes soient mis en conformité avec l’état civil. La carte VITALE 2 sera donc, dès sa mise en service début 2007, complètement illégale.
Cependant, nous n’avons obtenu aucune réponse du ministère de l’Intérieur (permis et carte grise) ni de La Poste. Il en va de même pour l’Éducation nationale, à qui nous disions l’intérêt d’avoir, comme l’ont nos cousins canadiens, un clavier AZERTY français avec, en particulier, des touches au moins pour les lettres É, Ç, œ et Œ . Il semble que ce ministère se moque éperdument des moyens à offrir aux élèves et étudiants pour qu’ils puissent saisir facilement toutes les majuscules accentuées de notre langue.
Sommes-nous assez nombreux à MNA ? Non, c’est certain. Si nous pouvions affirmer que nous sommes 500 ou 1 000, ce serait bien mieux. Que les adhérents de DLF, accentués ou non, nous fassent connaître.


Notre site internet est : http://noms.avec.accents.free.fr
et notre adresse pour les courriels : noms.avec.accents@free.fr
Roger SANSÉAU

NDLR : Vous pouvez aussi écrire à notre adhérent, Roger Sanséau, secrétaire de MNA,
231, rue du Bosquet, 34980 Saint-Gély-du-Fesc.
Le droit d’entrée à l’association est de 10 €.

MON POTE

Le terme pote figure depuis longtemps dans le langage courant de nos contemporains. « C’est un pote » se dit d’une personne sympathique et secourable ; « mes potes » équivaut à mes amis (il ne s’agit toujours que du sexe masculin). Cette acception flatteuse n’a pu qu’être renforcée par le choix d’une association qui naguère a pris pour devise « Touche pas à mon pote ».
Il est fort improbable que les usagers de cette formule sachent que pote est l’apocope de poteau, qui, dans l’argot des truands, désigne le complice du voleur à la tire. Le poteau est chargé de bousculer la victime que l’acteur principal s’empresse de retenir dans sa chute et d’aider à retrouver son équilibre... tout en lui vidant la poche.
La technique n’a peut-être guère varié, mais le temps est passé et le sens des mots évolue.
Louis BARTHÈS

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