Logo(machie)

Des goûts et des couleurs, on ne discute pas… Des symboles si, et aussi des logos.
Qu’est-ce qu’un logo ? C’est la représentation graphique d’une marque, d’un signe ou d’un symbole, lequel a pour fonction de suggérer le sens, c’est-à-dire la signification et la direction.

Les citoyens viennent d’apprendre que nos institutions européennes, à la suite d’un concours largement ouvert aux jeunes graphistes, lancé à l’occasion des cinquante ans du traité de Rome, ont adopté un logo : « Together since 1957 ». La surprise est grande : pourquoi un mot en anglais, langue fort respectable, mais non unique dans nos institutions ? On aurait pu penser au latin : « Europa unita », mais qu’importe, il fallait choisir. En outre, la graphie de ce mot, qui se veut originale, est étrange. Le dessinateur a jugé astucieux de désarticuler les syllabes en « TöGEthé® » : une sorte de volapük, cette langue artificielle bien vite oubliée qui, déjà, s’efforçait de mélanger deux mots anglais : world « monde » et puk, (altération de speak), « parler ».

Soyons sérieux ! Le jeune graphiste polonais a fait de son mieux. On aurait pu craindre pire, s’il s’était avisé de mélanger les vingt-trois langues que comptent, paraît-il, les États membres... Mais que penser du jury interinstitutionnel qui a choisi ce projet ? « It’s funny, it’s young, it’s fresh and it sends the message about being together » [« C’est drôle, c’est jeune, c’est frais et cela fait passer l’idée que nous sommes ensemble »], nous dit-on. (Cf. Commission en direct). Certes, « it’s funny ! » Attendons qu’un producteur de thé s’empare pour sa publicité de la dernière syllabe de notre logo : « thé ». Honni soit qui mal y pense !

Quant à la référence chiffrée, elle correspond évidemment à l’évènement que l’on veut commémorer : la signature du traité de Rome, en 1957. Mais n’oublions pas que la conception de l’Europe communautaire remonte au 9 mai 1950, date à laquelle fut lancé par Robert Schuman, inspiré par Jean Monnet, l’appel aux gouvernements et aux peuples d’Europe, en vue d’assurer « l’établissement de bases communes de développement économique, première étape de la Fédération européenne ».

Aujourd’hui, on peut être pour ou contre cet objectif initial. Mais alors, il faut le dire clairement, « together » ou non. Sans charabia ni volapük...
Jacques-René RABIER

NDLR : M. Rabier est directeur général honoraire de l’information à la Commission européenne.



Entrefilets de merlan

Langage imagé que celui du coiffeur ! Son surnom, en argot, est à lui seul un programme : on en faisait autrefois, chacun le sait, un merlan, sous prétexte que le perruquier était couvert de poudre, comme le poisson de farine au moment d’être frit. L’attestent encore ces locutions, « pêchées » dans le Parler des métiers de Pierre Perret (Robert Laffont) ou ailleurs...

Caniche. On désigne par là, dans le jargon du métier, une permanente trop frisée. On parle aussi de chicorée, de permanentes mouton ou Ginette, ce prénom étant injustement appelé à la rescousse pour symboliser une coupe plutôt ringarde.

Donner une structure. Pas plus que les autres, le milieu de la coiffure n’échappe à la préciosité du langage. Vous ne voudriez pas que l’on continue, des plus platement, à « couper les cheveux » ?

Être dans la sauce tomate. C’est préparer une teinture !

Grossesse nerveuse. Il s’agit tout bonnement d’un gros chignon. De dimensions plus modestes, il se métamorphose en petite crotte ; raté et aplati, en pizza.

Monter en choucroute (ou choucrouter). En d’autres termes, donner du volume et de la hauteur à une coiffure.

Ne plus avoir d’alfa sur les hauts plateaux. L’alfa, faut-il le rappeler, étant une herbe d’Afrique du Nord et d’Espagne, voilà l’une des plus pittoresques façons d’évoquer une calvitie. On citera également n’avoir plus de paille sur le tabouret. Quant à celui qui devient chauve sur le devant du crâne, on dit de lui (bel euphémisme, là encore) qu’il a le front qui recule !

Passer à la cuisson. Cela reviendrait à mettre la tête de la cliente sous le casque, afin de lui sécher les cheveux.

Se faire laver la conscience. Ne trouvez-vous pas que c’est infiniment plus poétique que « se faire shampouiner » ?
Bruno DEWAELE
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