Défense de la langue française   
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Poésie des carburants

Ce texte, signé « Henri Orimasol », qui circule sur internet, nous a été transmis par Serge Dujardin.

Le plaisir d’essence. (Ça commence bien !)
Dans ce monde de brut,
de moins en moins raffiné,
nous passons Leclerc de notre temps
à faire l’Esso sur des routes, pour,
au Total, quel Mobil ?
On se plaint d'être à sec,
tandis que le moteur économique,
en ce temps peu ordinaire,
est au bord de l’explosion,
dans un avenir qui semble citerne.
Il conviendrait de rester sur sa réserve,
voire, jauger de l’indécence de ces bouchons
qu’on pousse un peu trop loin.
Il y a des coups de pompes
ou des coûts de pompes...
qui se perdent.
La vérité de tout cela sortira-t-elle du puits de pétrole ?
Qu’en pensent nos huiles ?
Peut-on choisir entre L’éthanol et l’État nul,
voilà qui est super inquiétant !
C’est en dégainant le pistolet de la pompe
qu’on prend un fameux coup de fusil.
Je vous laisse réfléchir sur cet axe-là ou sur ces taxes-là...

Bonne route à tous !

Carabin et carabine
Dans un billet sur les féminins (DLF no 270, p. 50), l’auteur prend pour exemple : « Le carabin astique sa carabine... »
Je profite de cette citation pour rappeler que le mot carabin est utilisé avant l’apparition de la carabine, arme courte et légère à canon rayé, et donc des carabiniers !
Les régiments de carabins existaient déjà au XVIe siècle. Ils tiraient leur appellation de l’espagnol cara, « visage » et binus, « double ».
Leur rôle était d’escarmoucher, de faire semblant de fuir pour attirer l’ennemi vers une embuscade (le bois, le bosquet où l’on se cache) et retrouver alors leur double visage de combattant...
C’est aussi le double visage qui explique le mot carabin appliqué au médecin, au chirurgien, puis seulement à l’étudiant en médecine.
Pensons au masque, souvent caricatural, que les soignants portaient pour éviter de respirer les miasmes de la contagion...
Lorsque la carabine, fusil léger équipant d’abord la cavalerie, est apparue, le nom de carabinier a suivi naturellement pour ses utilisateurs. Le mot carabin est resté, lui, à cause du masque donc du double visage, mais on a oublié les anciens carabins de l’époque de l’arquebuse et du mousquet...
Je me demande si Perrault, dans son conte du Chat botté, n'aurait pas inventé le nom du marquis de Carabas en jouant sur la même origine du double visage, en ce cas double personnalité du pauvre qui est décrit comme riche !
Luc Frédefon
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