Défense de la langue française   

DLF, no205

DE LA FRANCOPHONIE QUÉBÉCOISE À LA FRANCOPHILIE INTERNATIONALE, d'Axel MAUGEY
(Humanitas, Québec, 2001, 177 p., 19,95 $, en vente à la Librairie du Québec, 30, rue Gay-Lussac, 75005 Paris, au prix de 21,19 €)
L’auteur rassemble ici des articles variés par lui publiés, où est souvent loué – à juste titre – le dynamisme de la francophonie au Québec, où les battants « parlent français, comptent en dollars, et pensent planète ». La trop hexagonale France devrait s’en inspirer, à qui le volontarisme linguistique fait défaut, qui se laisse distancer par l’anglo-saxon, en dépit du pouvoir de séduction que la langue et la culture françaises exercent sur des pays francophiles, de la Chine à l’Argentine.
L’auteur prodigue de nombreux conseils : ouverture aux autres, dialogue des cultures, soutien des stratégies institutionnelles en faveur du français, etc.
Élisabeth de LESPARDA

SÉDUIRE PAR LES MOTS. POUR DES COMMUNICATIONS PIBLIQUES EFFICACES, de Jean DUMAS
(Les Presses de l’Université de Montréal, 2001, 510 p., 26,53 €)
Loin d’être un opuscule, cet ouvrage – qui s’adresse à tous ceux qui veulent apprendre à mieux communiquer en public – se lit très facilement et peut se consulter, à plus d’un titre, très aisément. L’auteur a rédigé ce guide dans le cadre d’un cours proposé dans une faculté québécoise. Il ne s’agit pas d’un livre de recettes, comme il en existe tant, parfois hâtivement écrits. Jean Dumas s’appuie sur de solides valeurs pour convaincre le lecteur de bonne volonté qui est soucieux d’améliorer sa communication avec autrui. Parmi ces valeurs, citons le travail régulier (se donner toutes les occasions d’écrire) et une culture générale... à cultiver ! Quelle que soit la forme de la communication (écrite, orale ou « audio-scripto-visuelle » – notion plus pertinente que celle de « multimédia »), quelle que soit la nature du destinataire, il s’agit d’abord de prendre en compte les attentes du public – qui n’est pas forcément demandeur ! Comment le séduire sans l’abuser ni le manipuler – par le choix du mot juste, de la phrase précise et concise ? Dans un souci d’éthique propre au discours, Jean Dumas examine méthodiquement différents points de vue : celui du rédacteur, du relationniste (qu’on appellerait « Relations publiques »), du journaliste et de tout acteur au sein de l’entreprise.
On se laisse d’autant plus facilement « séduire » par la clarté du propos que celui-ci est émaillé de quelques expressions piquantes (le rédacteur se sert des faits pour « mousser » l’image de son client, le patron mécontent risque de « chanter pouilles » à son employé...). Mais ce qui peut surtout intéresser le lecteur de DLF, c’est – à la fin de l’ouvrage – l’approche d’un débat lucide sur la francophonie. Que veut la France et que peut devenir le français ? En praticien amoureux de la langue, Jean Dumas pose le problème en termes de qualité (de l’objet) et de responsabilité (de l’usager). « Le seul moyen d’assurer la survie du français consiste à investir dans cette langue. Par une sorte d’amour, si l’on peut dire. »
Ajoutons – pour le bon usage que l’on peut faire de ce guide – l’efficacité des outils figurant en annexe : une étude de cas édifiante, des aide-mémoire et une bibliographie judicieusement commentée.
Claude Brévot Dromzée

LES FRANCOPHOBES, de David Martin-CASTELNAU
(Fayard, 2002, 256 p., 17 €)
Cet essai sur les francophobes est, en même temps, curieux, intéressant et inégal.
Avec l’auteur, on peut se demander comment autant de Français peuvent ignorer ou mépriser leur pays pourtant si apprécié à l’étranger. Leur attitude quelque peu incompréhensible à première vue découle assurément d’une falsification de l’histoire et, donc, d’un manque de repères.
L’un des meilleurs chapitres est certainement celui consacré aux « américanouillards ». L’Amérique métaphorique, rappelle David Martin-Castelnau, est devenue la patrie imaginaire de ceux qui ne supportent plus la France. Ce qui n’est pas faux. Mais l’« affaire Messier », lequel a dû se retirer sans la moindre gloire, illustre bien les limites du mythe américain, qui ressemble parfois à celui d’Icare. Ici, plutôt que de voler, nous nageons en plein colonialisme...
Curieusement, cet essai est privé d’une conclusion digne de ce nom. On peut le regretter.
Axel MAUGEY

LE PETIT LIVRE DE LA CONJUGAISON CORRECTE, de Jean-Joseph JULAUD
(Éditions First, 2002, 160 p., 2,90 €)
Chaque fois que nous hésitions sur la conjugaison d’un verbe, nous consultions le Bescherelle. Nous pouvons désormais consulter aussi le Julaud et ce, partout et à tout instant, car il se glisse dans la poche.
Comme dans son Petit Livre du français correct (DLF, nos 196 et 204), ou dans le Français correct pour les nuls (DLF, no 202), l’auteur enseigne avec humour et imagine nos moindres difficultés : du « verbe dans tous ses états » (groupes, voix, modes, temps) à la prononciation d’arguer, l’orthographe des verbes terminés par aître, eler, oyer ou uyer, etc., en passant par l’utilisation de clore ou de clôturer, l’origine de messeoir et d’ouïr. Un livre à mettre entre toutes les mains et... dans toutes les poches.
Guillemette Mouren-Verret

MON PREMIER DICTIONNAIRE ILLUSTRÉ, collectif de maîtres formateurs de l’IUFM de Besançon et d’enseignants d’école primaire
(Éditions du Cerf-Volant, 2001, 142 p., 19,06 €. Le commander – 6 € de frais de port – à CGDIF, 4, rue de la Croix-Faron, 93210 La-Plaine- Saint-Denis, tél. : 01 49 46 25 40, téléc. : 01 49 46 05 94)
Destiné aux élèves du primaire, ce dictionnaire très complet propose les définitions éclairantes de 3 000 mots. 700 illustrations complètent cet outil de travail que nos chères têtes blondes consulteront avec plaisir. On y trouve également les tables de multiplication, les mesures, les conjugaisons ainsi qu’une carte du monde.
Janet Raffaillac

LA FABLE EXPRESS, D'ALPHONSE ALLAIS À BORIS VIAN, de Claude GAGNIÈRE
(Le Cherche-Midi éditeur, « espaces », 2002, 222 p., 15 €)
Au diable les auteurs à face de carême et tête de dies iræ. Au contraire, chaque fois que je découvre un ouvrage de Claude Gagnière, j’y trouve bonne humeur, esprit, humour... comme dans La Fable express qui vient de paraître, avec beaucoup de calembours bons et peu de jeux de mots laids.
Une fable express est une courte fable dont la moralité finale comporte un jeu de mots plus ou moins tiré par les cheveux. En voici un exemple, dû à notre ami Jean Sauteron, membre de DLF, et cité par Claude Gagnière dans la catégorie « Poétiques » :
           Alec opéré
           Avait un long drain...
           On l’a retiré.
           moralité
           Admirons, admirez, le bel Alec sans drain.
En 222 pages, l’auteur nous donne des centaines d’exemples, classés par famille et enrichis de commentaires passionnants.
Je recommande la lecture de quelques pages de ce livre au réveil, pour que la matinée soit pleine de gaieté, et au coucher, pour enfouir dans l’oubli tous les ennuis du jour.
Claude KOCH

PALINDROMES EN FOLIE, de Gérard DURAND
(Les dossiers d’Aquitaine, 7, impasse Bardos, 33800 Bordeaux, 2002, 94 p., 15 €)
Parmi les jeux de langue, les palindromes forment une catégorie aussi singulière qu’agréable. C’est un exercice roboratif pour l’esprit. Voici deux exemples, l’un, classique : « ÉSOPE RESTE ICI ET SE REPOSE », l’autre de l’auteur lui-même : « LÉON N'OSA RÊVER À SON NOËL ».
Ils existent dans beaucoup d’autres langues, que Gérard Durand répertorie aussi. À l’approche de l’automne, cette lecture ensoleillera votre esprit.
Alfred GILDER


ÉCRIVAINES ET ÉCRIVAINS D'AUJOURD'HUI
(Société suisse des écrivaines et écrivains, Zurich, 2002, 468 p., relié 48 FS)
Ce dictionnaire quadrilingue contient des informations d’ordre biogra-phique et bibliographique concernant quelque 2 000 auteurs vivant en Suisse ou qui, de nationalité suisse, sont domiciliés à l’étranger.
Sont recensés dans ce volume non seulement la poésie, le théâtre et la prose narrative, mais aussi les essais et publications scientifiques destinés au grand public.
Étienne BOURGNON

Avant d’en faire le compte rendu, signalons : Nos adhérents publient
  • Pour les lycéens qui se présenteront aux bacs 2003 et 2004, Philippe Guisard vient de publier Histoire romaine XXX, 12-17, de Tite-Live (Bréal, « connaissance d’une œuvre », 120 p., 6 €). Cet ouvrage comprend le texte latin et sa traduction, des notes de compréhension, ainsi qu’un commentaire intégral, i.e. indispensable !
  • Le groupe Terminologie du Comité français d’organisation et de normalisation bancaires, animé par Nadia Antonin, vient de publier la 4e version du glossaire intitulé Terminologie bancaire et financière. Ce glossaire a été enrichi de nouveaux concepts liés à la sécurité et à la lutte contre le blanchiment des capitaux. Les équivalents étrangers y figurent désormais en quatre langues : anglais, allemand, espagnol et italien. Ce document peut être consulté sur le site du CFONB : www.cfonb.org
  • Avec Le Thoronet. L’abbaye et les habitants, de la Renaissance à la Révolution (éditions Équinoxes, « Mémoires du Sud », 2002, 352 p., 25 €), Edmond F. Barbier publie la suite de L’Abbaye cistercienne du Thoronet au Moyen Âge, son origine, son territoire, ses possessions, c’est-à-dire six siècles d’aventure cistercienne thoronéenne !
  • L’Association des sciences du langage, présidée par Jean Pruvost, vient de publier l’Annuaire des Sciences du langage 2002 (ASL, U.F.R. Lettres et Sciences humaines, 33, boulevard du Port, 95011 Cergy-Pontoise cedex, mél. : courrier@assoc-asl.net, site : www.assoc-asl.net).
  • Pierre Larousse, du grand dictionnaire au Petit Larousse, sous la direction de Jean Pruvost et Micheline Guilpain-Giraud (Honoré Champion, « Lexica mots et dictionnaires », 2002, 358 p., 60 €).
  • Coup de grisou ou les Abracadabrantesques Tribulations du petit-fils de feu Félicien Le Caradec (Presses de Valmy, 2000, 268 p., 18,29 €) : premier roman, très amusant, d’Henri Girard.
  • On peut trouver en allemand, en anglais ou en japonais, l’un ou l’autre des livres de Gilles Henry, dont les Dictionnaires (Mots, Phrases, Expressions, Lieux qui ont fait l’Histoire), parus aux éditions Tallandier et traduits en russe par Galina Kopelev, maître de conférences à l’université d’État de Saint-Pétersbourg, et par Dimitri Kopelev, maître de conférences à l’université pédagogique de cette même ville, viennent d’être publiés par les éditions Ostogié, à Moscou. Félicitations !,
  • École et instituteurs au temps de Jules Ferry, de Jean-Louis Clade, président de la section de Franche-Comté (Cabédita, « Archives vivantes », 2002, 180 p., 22 €).
  • Roland Eluerd a publié dans L’information grammaticale (juin 2002) un article intitulé « Pavane pour des vocabulaires défunts. Quelques remarques fin de siècle sur la richesse lexicale », dans lequel il cite DLF et notre ami Jean Tribouillard.
    Société pour l’information grammaticale, 1, rue Victor-Cousin, 75005 Paris.
  • Jacqueline Delpy fait partie des poètes du Tome I de l’Anthologie de poésie féminine du xxe siècle, éditée par La Pléiade pictave (30, rue Saint-Sernin, 86000 Poitiers).
  • Jean Anatole est l’un des rédacteurs du Bulletin de la Société des amis de Maurice-Rollinat (58, rue Grande, 36200 Argenton-sur-Creuse).
  • Marie-Thérèse Horte-Malet et Georgia Kioulou ont publié chacune un poème dans Midi poésie du 1er semestre 2002 (418, rue du Colombier, 84100 Orange).
  • Marie-Rose Delavay a publié, aux Presses littéraires, un recueil de poèmes relatant la vie de Sophie Trébuchet, mère de Victor Hugo.
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