Défense de la langue française   
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DLF, n° 240


Trois nouveautés dans la collection « Les timbrés de l’orthographe », dirigée par notre grand ami et précieux collaborateur Jean-Pierre Colignon, aux éditions de l’Opportun (les bien nommées) à 11 € chacun. Trois vrais plaisirs à petit prix, sous la plume de Jean Maillet.
IL VAUT MIEUX S’ADRESSER AU BON DIEU QU’À SES SAINTS. ET 101 AUTRES EXPRESSIONS D’INSPIRATION DIVINE. (158p.)
... Auquel vous vous adresserez désormais si vous ne savez à quel saint vous vouer. Mais que se passe-t-il à la Saint-Arsène, à la Sainte-Catherine, à la Saint-Didier, voire à la Saint-Glinglin ? Pourquoi vaut-il mieux éviter d’être bon pour Sainte-Anne ou d’avoir la danse de Saint-Guy ? Quel saint aime-t-on autant que son chien ? Va-t-on donner le bon Dieu sans confession à un petit saint ou bien à qui n’est pas un enfant de choeur ? Si vous doutez encore, adresserez-vous une prière à saint Foulcamp ? Triple index : noms des saints, noms des personnages, auteurs et oeuvres.

POUBELLE, COLT, BÉCHAMEL, SILHOUETTE, ET LES AUTRES. L’HISTOIRE DES 101 NOMS PROPRES DEVENUS NOMS COMMUNS (158 p.). Vous n’êtes évidemment pas sans savoir qu’Eugène René Poubelle fut préfet de la Seine et mit à la disposition de ses concitoyens les indispensables « récipients pour recevoir les résidus de ménage ». Mais que nous ont donc laissé Louis Rustin, Alexis Godillot, Lord Cardigan ? D’où sont originaires la mousseline, l’échalote et la cravate ? Index, bibliographie et neuf quiz aussi intrigants que bienvenus.



ATTENDRE 107 ANS.... ET TOUTES LES AUTRES EXPRESSIONS QUI COMPTENT (180 p.).
Même les plus rétifs aux chiffres en verront trente-six chandelles, à moins qu’ils n’en tombent les quatre fers en l’air... Apprenez à ne pas y aller par quatre chemins pour dire à quelqu’un ses quatre vérités, mais d’abord mettez-vous sur votre trente et un, sauf si vous vous en moquez comme de l’an quarante. Essayez donc de trouver la huitième merveille du monde et nul doute que vous serez transporté au septième ciel...
Nicole Vallée




C’est aux éditions du CNRS qu’Annie Mollard-Desfour a publié (30 € chacun)
LE ROUGE (2009, 452 p.) ;
LE NOIR (2010, 288 p.).
L’avènement de l’informatique a favorisé l’éclosion des dictionnaires. Il en est de toutes sortes : la lecture de nos « Nouvelles publications » en donne un aperçu. Pour les amoureux des mots, ils constituent un trésor inépuisable, concernant les termes les plus cocasses, ou les plus rares, voire les plus... injurieux. Pourtant il n’en est guère de plus merveilleux que ceux qui ont été consacrés au lexique des couleurs dans le vocabulaire contemporain par Annie Mollard-Desfour : Le Bleu, Le Rose, Le Blanc, Le Rouge, Le Noir.
Les deux derniers sont des livres précieux : deux beaux volumes, l’un rouge, l’autre noir, à la mise en page très réussie et aux illustrations bien choisies. L’auteur a fait appel à des artistes pour les préfacer : Sonia Rykiel présente Le Rouge, couleur éminemment suggestive, dans une sorte de poème sensuel ; Pierre Soulages, le spécialiste du noir, nous fait partager son émotion devant « l’Outrenoir », mot qu’il a inventé pour désigner sa propre création. Il est impossible ici de rendre l’hommage mérité à ces deux ouvrages qui nous invitent à la réflexion, enrichissent notre perception de la peinture, de la littérature, tant celles-ci font appel aux symboles. L’auteur nous fait partager son immense culture, nous offre une sélection de citations originales. Son choix de mots est à la fois riche et éclairant, car elle nous entraîne vers les dérivés ou les sens connexes. Inutile de préciser qu’on trouvera dans chacun de ces « dictionnaires » l’attirail complet du chercheur : abréviations, signes, index, bibliographie. J’espère que vous avez compris qu’il ne s’agit pas de dictionnaires austères, propres à encombrer les rayons de votre bibliothèque, mais de réservoirs de rêve et de bonheur que vous aimerez garder près de votre canapé ou sur votre table de nuit... Claudie Beaujeu

CAHIERS DE LEXICOLOGIE : « DICTIONNAIRES ET ORTHOGRAPHE », N° 97 sous la direction de Christine Jacquet-Pfau et Michel Mathieu-Colas
Classiques Garnier, 2010 – 2, 250 p., 50 €
Ce numéro propose un panorama, dans l’espace et dans le temps, de la place de l’orthographe dans les dictionnaires. Le sommaire et la présentation par les deux responsables donnent un excellent aperçu de la variété des sujets traités. Les différences orthographiques sont d’abord observées dans les trois principaux dictionnaires généraux « millésimés » contemporains, d’ampleur et de lectorat comparables, que sont le Petit Larousse, le Petit Robert et le Dictionnaire Hachette : Camille Martinez suit leur évolution dans la gestion des variantes principalement de 1997 à 2011, et Christine Jacquet- Pfau s’intéresse plus spécifiquement aux « Rectifications » de 1990.
Une place est faite ensuite à deux langues européennes, l’allemand dans l’article de Stefan Stirnemann, sur la réforme de l’orthographe de ces dernières années, et l’anglais dans celui d’Henri Béjoint, qui adopte un point de vue diachronique.
Puis des dictionnaires spécialisés sont analysés par Gérard Petit (de difficultés), par Michel Mathieu Colas (d’orthographe), par André Dugas (d’argot), par Françoise Martin-Berthet (de morphologie lexicale) et par Pascale Cheminée (le Dictionnaire historique de l’orthographe de Nina Catach).
S’ajoutant à ce dossier, dans la rubrique « Varia », deux études traitent, l’une de la création lexicale et de l’emprunt en espagnol péninsulaire contemporain (Julie Makri), l’autre du signifié plénier en psychomécanique (Olivier Soutet). John Humbley propose enfin deux comptes rendus. De quoi s’enrichir en lexicologie. Danielle Bouverot


LE POUVOIR DES MOTS, de Josiane Boutet
La Dispute, 2010, 196 p., 14 €
Comment l’une des fondatrices de la sociolinguistique nous fait comprendre que le langage est tout autre chose qu’un simple outil de transmisssion d’information. Ses onze chapitres autonomes débutent tous par un récit qui met en scène une situation sociale et historique où s’exerce implacablement la puissance propre des mots. Lapsus, joutes verbales, paroles de sorcellerie, double serment, slogans des défilés, injures plus ou moins conscientes, phrases « volontairement historiques » et jusqu’à la novlangue du IIIe Reich, voilà quelques-unes des manifestations langagières subtilement analysées dans cet ouvrage.Nicole Vallée

LA MÈRE, de Samuel Souffi et Jean Pruvost, préface d’Élisabeth Badinter, nombreuses gravures d’époque
Honoré Champion, « Champion les mots », 2010, 144 p., 9,90 €
Parcourez plus de cinq siècles dans l’histoire et au coeur de la langue, avec force témoignages, expressions et formules, concernant les mères, les vraies, les bonnes, les nourricières, les adoptives, parfois, hélas, les marâtres ou les fouettardes. Quelques extraits de la table des matières : « De la maternité divinisée et des mythes »... « La Fête des mères : une célébration plurimillénaire »... « De l’agence matrimoniale au matrimoine »... « La mère Teresa, la mère Denis, la mère Michel, la mère Noël »...
« Pour conclure en douceur et avec les enfants ». Et nous ne résistons pas à l’envie de vous citer un proverbe yiddish : « Dieu ne pouvait être partout, alors il a créé la mère. » ; un espagnol : « Toute mère croit que le soleil ne brille que pour son enfant. » ; et un marocain : « Tout singe est beau aux yeux de sa mère. » Index des mots et des noms propres, bibliographie. Nicole Vallée

DICTIONNAIRE DES ÉCRIVAINS FRANCOPHONES CLASSIQUES. AFRIQUE SUBSAHARIENNE, CARAÏBE, MAGHREB, MACHREK, OCÉAN INDIEN, de Christiane Chaulet-Achour, avec la collaboration de Corinne Blanchaud, préface de Bernard Cerquiglini, avant-propos de Jean-Marc Moura
Honoré Champion, 2010, 473 p., 19 €
Tous les amoureux de la langue française seront émus et enchantés de la parution de cet ouvrage présentant 105 auteurs de dix-neuf pays ayant acquis ces dernières décennies reconnaissance et consécration. Le plus ancien, Oswald Durand, haïtien, est né en 1840 ; la plus jeune, Angèle Rawiri, gabonaise, en 1954.
Retrouvez les plus célèbres, Césaire, Senghor, Amrouche, Memmi, Chedid, et découvrez Oyono, Rakotoson, Sassine... et tant d’autres, avec leurs oeuvres, éditeurs, revues, prix et distinctions. Et soyez-en plus que jamais persuadés et ravis : l’usage littéraire de notre belle langue n’est plus le privilège des seuls « Français de souche » ! Nicole Vallée

LES VARIÉTÉS DU FRANÇAIS PARLÉ DANS L’ESPACE FRANCOPHONE, de Sylvain Detey, Jacques Durand, Bernard Laks, Chantal Lyche
Ophrys, 2010, 206 p., 25 € (avec DVD : 2 h 30 de conversations)
Un ouvrage très savant et aussi très abordable, destiné aux enseignants du français langue étrangère, aux étudiants, aux chercheurs... et à tout membre de DLF souhaitant explorer le français dans toute sa diversité, actuellement utilisé dans douze pays de la Francophonie. Le DVD, unique en son genre, offre des conversations sur des thèmes variés (traditions, guerres, voyages, éducation, amour...), assorties d’explications linguistiques. Bibliographie générale, glossaire, index, sommaire du DVD. Pour en feuilleter un extrait, site internet : www.ophrys.fr. Nicole Vallée

MOTS EN TOC ET FORMULES EN TIC. PETITE MALADIE DU PARLER D’AUJOURD’HUI, de Frédéric Pommier
Seuil-France Inter, 2010, 175 p., 13 €
Volens nolens, ne sommes-nous pas tous affectés par ces tics de langage, ces expressions branchées, toutes faites et aussi mal faites, voire ces fautes de français à propos desquelles certains vous affirment sans vergogne que « c’est l’usage ». Un spirituel journaliste à France Inter s’est délecté à en recenser un bon nombre. Contentonsnous de citer quelques titres de chapitres plus énigmatiques les uns que les autres : « La céclairite » ; « La foulatrouille » ; « L’incontournabiliose » ; « La simultanose » ; « La véricelle »... Et cherchez pourquoi un « jeune loup » devient un « vieux lion » en vertu de la zoopathie ambiante. Nicole Vallée

EXPRESSIONS DU FRANÇAIS QUOTIDIEN. C’EST COMME LES CHEVEUX D’ÉLÉONORE, de Charles Bernet et Pierre Rézeau
Balland, 2010, 928 p., 35 €
2 000 expressions inédites du français contemporain, puisées à toutes les sources : romans, journaux, pièces de théâtre, sketches, chansons, récitals d’humoristes... et la toile, bien entendu. Elles sont amusantes, candides, raffinées, ironiques, et illustrées par quelque 5 000 exemples et des centaines de citations. Un bref échantillonnage ? Avoir la courroie dans la poulie... Y’a du monde sur la corde à linge... Avoir les dents en parapluie... Avoir de la confiture dans les yeux... Coller des timbres... Décoller la pulpe du fond... Avoir un bec à tout grain... Le sourire du plombier... Leur signification exacte ? Cherchez dans le dictionnaire, voyons ! Nicole Vallée

Signalons aussi :
  • aux éditions Télémaque :
    - LE FRANÇAIS, QUELLE HISTOIRE !, de Jean-Benoît Nadeau et Julie Barlow (2011, 462 p., 22 €).
  • de Jean Pruvost :
    - LE CHAT !, préface de Philippe Geluck (Honoré Champion, « Champion les mots », 2011, 150 p., 9,90 €).
  • deux rééditions à paraître :
    - LES MOTS CARESSES, de Marie Treps (CNRS éditions) ;
    - AU PLAISIR DES MOTS, de Claude Duneton (Points, « Le goût des mots »).

  • * * *
  • UNE LANGUE VENUE D’AILLEURS, d’Akira Mizubayashi (Gallimard, « L’un et l’autre », 2011,
    278 p., 21,50 €).
  • LA DICTÉE POUR LES NULS, de Jean-Joseph Julaud, préface d’Anna Gavalda (Éditions First, 2011, 388 p. et cédérom comprenant 20 dictées du livre, 14,90 €).
  • LE PETIT CAHIER DE LA LANGUE FRANÇAISE DE 7 À 77 ANS. EXPLOREZ LES MOTS ET L’ORTHOGRAPHE EN VOUS AMUSANT !, de Julien Beauhaire, illustrations de Caroline Romanet (Éditions du Toucan, 2011, 32 p., 4,90 €).
  • LE PACTE IMMORAL, de Sophie Coignard (Albin Michel, 2011, 288 p., 19,50 €).
  • L’ART DE SE TAIRE, de l’abbé Dinouart (Payot, 2011, 144 p., 6 €).
  • POURQUOI LES ÉLÉPHANTS NE PEUVENT PAS SAUTER ? ET 100 AUTRES QUESTIONS NAÏVES ET SUBTILES, par les lecteurs de la revue New Scientist, traduit par Charles Frankel (Seuil, 2011, 204 p., 14 €).
  • POLITIQUEMENT CORRECT. DICO DU PARLER POUR NE PAS DIRE, de Pierre Merle (Les Éditions de Paris-Max Chaleil, « Essais et documents », 2011, 192 p., 16 €).
  • DICTIONNAIRE IMPERTINENT DU POLITIQUE, de Paola de La Baume et Emmanuel Giannesini (François Bourin, 2011, 248 p., 24 €).
  • CRITIQUE LITTÉRAIRE, d’Alexandre Vialatte (Arléa, 2010, 248 p., 17 €).
  • LE FRANÇAIS, DERNIÈRE DES LANGUES. HISTOIRE D’UN PROCÈS LITTÉRAIRE, de Gilles Philippe (PUF, 2010, 310 p., 21 €).
  • LE POURQUOI DES CHOSES. ORIGINE DES MOTS, EXPRESSIONS ET USAGES CURIEUX, d’Anne Pouget (Le Cherche Midi, 2010, 128 p., 4 €).
Nos adhérents publient
  • François Taillandier publie chez Stock Le père Dutourd (86 p., 11 €) et raconte dans Le Figaro littéraire du 12 mai sa première rencontre avec Jean Dutourd.
  • Voici deux nouveaux ouvrages de Michel Mourlet :
    Instant critique. Le temps du refus IV (Alexipharmaque, 282 p., 20 €) termine un cycle de textes sur ses humeurs ou ses passions.
    Écrivains de France. XXe siècle (France Univers, 348 p, 24 €) : portraits d’écrivains , certains connus de l’auteur, dont Jean Dutourd.
  • Le premier roman de Catherine Choupin, La Nouvelle Béatrice (Éditions Illador, 122 p., 14 €), est un roman d’amour entre deux professeurs de lettres, qui mêle étroitement culture et humour. On en sort heureux !
  • Guy Amsallem, membre du Groupement des écrivains médecins, nous propose aux éditions EMA une trentaine de courtes histoires : Je vous envoie des nouvelles (168 p., 14 €).
  • Fanfan et le vrai français !... Expressions florilège (90 p., 10 €), de Michel Godard, auteur et éditeur, qui nous offre « une histoire [...] pour rappeler l’emploi que nous faisons [...] de nos expressions françaises ». Ex. : Conter fleurette, sur le pouce...
  • Marie-Andrée Chausteur nous signale que son livre Femmes obstinées... droits conquis ! (Éditions Éole, 130 p., 19 €) peut se trouver en Belgique ou être commandé chez elle (clos des Coteaux, B-5001 Belgrade, Belgique.
  • À signaler dans Le Dévorant (n° 246) quatorze pages sur la langue française, dont « Anglomanie », de Claude Koch.
  • La revue Cahiers Roucher- André Chénier, destinée à faire renaître la poésie oubliée de Louis XIV à la Restauration, publie dans son 30e numéro un message d’Édouard Guitton. Il y retrace en quelques lignes l’histoire de la Société des amis des poètes Roucher et André Chénier (SAPRAC), dont il est le président d’honneur.
  • Dans Le Nénuphar, bulletin trimestriel, Christian Watine nous offre un amusant article sur les « doutes » de l’orthographe (genre, noms, double sens, etc.) que suscite la langue française.
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