Défense de la langue française   

Éditorial N° 225



À Frédéric Lodéon
Comme chaque année, depuis douze ans, c’est au cours d’une réception dans les salons de l’Institut de France qu’a été remis notre prix Richelieu au chef d’orchestre, animateur de radio (voir DLF, n° 224, p. 53 et III).
La plupart des gens qui peuplent l’univers sont persuadés que la beauté est austère et que le grand art est assommant. C’est évidemment le contraire qui est vrai : la beauté est très amusante et le grand art est très gai. Tous les artistes vous le diront, si toutefois vous arrivez à capter leur petite voix au milieu des braillements péremptoires des Trissotins qui gouvernent aujourd’hui la vie dite culturelle.

Quelques mots de Frédéric Lodéon au micro de France Inter, et l’on a tout à coup le sentiment que la belle musique est là, qu’elle n’attend qu’un signe pour nous consoler de vivre et même nous apporter de l’espoir pour l’avenir individuel. Cela tient à la double vocation de Frédéric Lodéon, qui dès son plus jeune âge sentait qu’il y avait une affinité profonde entre la langue française et toutes les musiques du monde. Tous les arts se ressemblent, ou du moins empruntent les mêmes chemins mystérieux. Peut-être Frédéric Lodéon eût-il été écrivain : c’est la musique qu’il a choisie ou par laquelle il a été choisi.

Il a concilié ses deux passions en faisant de la musique et en la racontant d’une façon familière, bonhomme, spirituelle et sensible, autrement dit comme un artiste qui parle de ce qu’il connaît intimement et non pas comme un de ces cuistres qui pullulent depuis une trentaine d’années et qui, hélas !, font la loi. C’est cet artiste que nous couronnons aujourd’hui.

Cher Frédéric Lodéon, vous êtes notre lauréat du prix Richelieu pour l’année 2007.

Jean DUTOURD
de 1 'Académie française
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