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Les langues allemande et française en Europe Traduction de la lettre adressée en allemand par M. Lalanne-Berdouticq à M. le Professeur Dr Julian Nida- Rümelin, ministre fédéral de la Culture et de la Communication, lettre dont notre ami Gawlitta. avait souhaité l'envoi. Monsieur le Ministre, Grâce à nos amis de VDS qui recevront une copie de la présente lettre, nous avons pris connaissance de la "réponse du gouvernement fédéral" qui avait été publiée dans le Journal du Parlement 14/1750 du 31-10-2001, paragraphes 69 et suivants. Concernant le paragraphe 69, en tant qu'étrangers nous ne nous permettons évidemment pas de prendre position sur une éventuelle loi de protection de la langue allemande. Concernant le paragraphe 70, en tant que Français, nous sommes heurtés par l'appréciation des conséquences de la loi française de protection de la langue, telles qu'elles sont décrites dans cette réponse.
Celui qui voit la situation telle qu'elle est ne peut pas être d'accord sur ce jugement, qu"il s'agisse d'« effet plutôt ponctuel » ou de « sclérose du langage » ou encore de « perte de capacité d'adaptation ». Au contraire le noeud de la question réside dans une véritable liberté d'utiliser la langue maternelle : liberté face à une hégémonie de la langue et du mode de pensée américains - liberté d'utiliser nos langues européennes et de les adapter à de nouvelles techniques au lieu de laisser les médias imposer dans la vie quotidienne des mots et des expressions venus d'Amérique. Il s'agit en premier lieu de convaincre les Européens de maintenir leur droit de nommer dans leurs propres langues les nouveaux objets et procédés. Sinon les langues européennes s'épuiseront et se dévitaliseront rapidement. Quand on considère tout ce que les langues française et allemande ont apporté au progrès de la science, on n'a pas le droit de les considérer comme des langues mortes du point de vue scientifique. Pendant des décennies, « l'Institute for scientific information » dirigé à Philadelphie par Eugène Garfield a donné un avantage énorme aux scientifiques anglo-saxons en enregistrant exclusivement des textes écrits en anglais. Toutes autres sont les perspectives d'aujourd'hui depuis qu'Internet permet de publier des résultats de recherches de textes en n'importe quelle langue, de sorte que le pourcentage des tex-tes anolais a fortement diminué. L'Europe possède donc de nouvelles chances de faire émerger la diversité de ses langues et de sa culture, à cinq conditions:
La meilleure serait de reconnaître un tout petit nombre de langues importantes comme langues générales de travail, en utilisant d'autres langues dans le cas de thèmes particuliers. Veuillez... Ph . L - B, membre du Conseil d'administration de DLF, Cercle François Seydoux |