Défense de la langue française   

Lettre aux candidats à l’élection présidentielle en avril-mai 2007
Questions aux candidats à la magistrature suprême en 2007


Envoyées le 2 février 2007

Destinataires
réponses reçues
François BAYROU
Olivier BESANCENOT
non
José BOVÉ
non
Marie-George BUFFET
non
Nicolas DUPONT-AIGNAN
Arlette LAGUILLER
non
Jean-Marie LE PEN
non
Ségolène ROYAL
Nicolas SARKOZY
Philippe de VILLIERS
non
Dominique VOYNET
non



DÉFENSE DE LA LANGUE FRANÇAISE
Président : Jean Dutourd, de l'Académie française
Bureaux : 20, rue Henri Barbusse, 75005 Paris




Réf : dlf/md06151
Objet : Langue française
Paris, le 30 janvier 2007


Monsieur, (Madame)

        Vous êtes candidat(e) à la présidence de la République française lors de l’élection qui aura lieu en avril 2007.

        La langue française, langue de la République, subit depuis plusieurs décennies de graves atteintes qui se traduisent par une altération de la communication entre des couches de population, des handicaps pour la promotion sociale et professionnelle des jeunes et un bannissement de notre langue dans nombre de secteurs de l’activité de nos concitoyens.

        La maîtrise de la langue française et le maintien de sa qualité sont indispensables à la cohésion nationale, à l’exercice de la citoyenneté, au partage des valeurs. C’est le lien avec notre histoire, le socle de notre culture, le vecteur de nos idées humanistes.

        La langue française est partagée par les nombreux pays de la Francophonie et elle est l’instrument d’une autre vision du monde. Elle est ainsi l’oriflamme de ceux qui veulent marquer leur différence et leur indépendance vis-à-vis de la puissance hégémonique du moment.

        La France veut, légitimement, faire entendre sa voix dans le monde. Elle sera d’autant mieux identifiée et entendue qu’elle utilisera le français.

        À l’heure où un pédagogisme irresponsable détruit les bases de l’apprentissage de notre langue et de notre littérature, où les coups de boutoir du tout-anglais chassent notre langue des laboratoires et des entreprises, où notre langue est dévalorisée dans les organisations européennes et mondiales, il est urgent que la France réagisse enfin pour réaffirmer la place qui lui revient.

        Nous vous proposons quelques questions auxquelles nous vous prions de répondre. Vos réponses -ou votre silence- seront portées à la connaissance de nos adhérents, de nos sympathisants et des médias qui nous ouvrent leurs pages ou leurs ondes.

        Nous vous prions d’agréer, Monsieur (Madame), l’expression de nos sentiments distingués.

                                                                                                       Marceau Déchamps
                                                                                                       Vice-président


Questions aux candidats à la magistrature suprême en 2007


Général
- Êtes-vous décidé(e) à redonner à la France la fierté de sa langue et imposer son respect à ceux qui la méprisent par idéologie, intérêt commercial ou soumission à l’hégémonie culturelle américaine ?

Éducation nationale :
Quelles mesures prendrez-vous :
- Pour accorder la priorité de la maîtrise de la lecture et de l’écriture à l’école primaire ?
- Pour revaloriser l’enseignement littéraire dans le secondaire ?
- Pour offrir une initiation aux langues étrangères en primaire sans en limiter le choix à l’anglais

Loi du 4 août 1994 relative à la langue française
Quelles mesures prendrez-vous :
- Pour faire appliquer complètement la loi existante ?
- Pour apporter des améliorations conformément au projet de loi voté par le Sénat et non encore voté par l’Assemblée ?
- Pour donner aux associations agréées de véritables moyens juridiques et financiers pour exercer la mission qu’elles se sont donnée et qui est reconnue par l’État ?

Protocole de Londres
Même si le Conseil Constitutionnel n’a pas donné un avis défavorable à la ratification du protocole de Londres, relatif aux brevets européens, les associations, des personnalités importantes et de nombreux parlementaires considèrent qu’elle causerait un préjudice irréversible à la langue française.
- Quelle est votre position à ce sujet ?

Francophonie
- Quelle sera la place de la francophonie dans votre politique internationale ?
- Quelle priorité accorderez-vous à la diffusion de la langue française ?
- Quels seront la politique et les critères d’accueil des étudiants étrangers ?

Europe
- Que comptez-vous faire pour freiner l’anglicisation forcée des institutions européennes ?
- Quelles démarches engagerez-vous pour que le multilinguisme y soit une réalité, conformément aux traités et aux déclarations solennelles ?
- Quelles démarches entreprendrez-vous pour que le français reste l’une des principales langues de communication au sein des institutions, en particulier dans les trois capitales de l’Union européenne ?

Institutions mondiales
- Comment procéderez-vous pour faire respecter le statut de la langue française dans des organisations internationales telles que l’ONU ?

Hauts fonctionnaires
- Quelles sanctions prendrez-vous à l’égard des hauts fonctionnaires qui abandonnent notre langue au profit de l’anglais, sans justification de l’urgence, malgré les circulaires et directives dont ils sont destinataires ?

Retour haut de page
• Siège administratif : 222, avenue de Versailles 75016 Paris •