Défense de la langue française   

DLF, no202

LA GRAMMAIRE EST UNE CHANSON DOUCE, d’Erik Orsenna, de l’Académie française
(Stock, 2001, 136 p., 12 €, 78,70 F)
Grâce aux aventures d’une petite fille de dix ans, naufragée avec son frère sur une île des Caraïbes, nous découvrons, bercés par la musique des vers d’Henri Salvador, que la langue est chose vivante et que la grammaire, au lieu d’être rébarbative, peut prendre la forme d’une chanson douce.
Erik Orsenna nous promène du monde hostile de Mme Jargonos à celui de M. Nécrole qui voudrait réduire le vocabulaire au strict nécessaire, et puis au monde plus accueillant de la vieille dame qui cherche à redonner vie aux mots qui dépérissent.
Notre voyage s’achève par la visite de l’usine des grammairiens, « la plus nécessaire de toutes les usines », où l’auteur nous offre un exposé vivant et original qui fera le bonheur de bien des instituteurs... et par conséquent de leurs élèves.
Janet RAFFAILLAC

ADIEU GRAMMAIRE !, de Serge Koster
(PUF, collection " Perspectives critiques ", 2001, 117 p., 9 €, 59,04 F)
Brodant sur le thème de dix belles figures de rhétorique, telles que l’ellipse, la métaphore, la métonymie..., Serge Koster fait le bilan d’une vie d’enseignant – doublée d’ailleurs d’une brillante carrière d’écrivain. Il jette un regard désespéré sur l’enseignement de la littérature dans les lycées parisiens. Il montre à quel point le fossé est béant entre l’amour des grands classiques, ceux du xxe siècle compris, et la vision que les jeunes ont du monde. Ce court traité est une sorte de chant du cygne et, comme tel, l’un des plus beaux.
Alfred GILDER

POUR L'AMOUR DU FRANÇAIS, du Pr Jean-Marie Dubois de Montreynaud, préface de Jean-Pierre Colignon, (administrateurs de DLF)
(Glyphe & Biotem éditions, collection « Le français en héritage », 2001, 428 p., 38,50 €, 252,54 F)
Jean-Marie Dubois de Montreynaud a rédigé un livre utile, un ouvrage destiné à éclairer rapidement un usager de la langue soucieux de s’exprimer correctement, d’éviter les impropriétés, les faux sens, les graves fautes d’orthographe, les erreurs grammaticales, les syntaxes bancales, les pléonasmes... En homme libre, il donne son avis, livre ses interrogations, ne cèle pas parfois ses agacements, tranche en faveur de telle ou telle option quand plusieurs « écoles » sont en concurrence... Les lecteurs apprécieront évidemment ce livre original, pratique et au fonds très solide !
Jean-Pierre COLIGNON

LE FRANÇAIS CORRECT POUR LES NULS, de Jean-Joseph Julaud
(Éditions First, 2001, 436 p., 21,90 €, 143,65 F)
Alors que tant de grammaires écœurent de l’orthographe et n’encouragent pas à se perfectionner en français, l’ouvrage de Jean-Joseph Julaud y invite.
Pédagogique, didactique, concret, plaisant, drôle même, il présente les difficultés du français de manière ludique et incite à aimer l’orthographe. Bref, il devrait être mis entre toutes les mains, à commencer par celles des instituteurs et des professeurs de français. C’est dire que ce livre arrive à point nommé.
A. G

VADEMECUM DU VOCABULAIRE DE LA SANTÉ, de Abducteur à Zygomatique, de Pierre Delaveau
(Masson, 2001, 371 p., 26,07 €, 171 F)
Ce livre intéressera tous les étudiants et tous les professionnels de la santé désireux d’en savoir plus sur leur corpus de référence. L’auteur étudie l’évolution du langage médical, du grec au latin, puis aux créations modernes requises par les nouvelles connaissances, telles que la génétique moléculaire. Même un lecteur non initié, ni hellénisant, ni latinisant, pourra s’intéresser aux remarques liminaires sur ces deux langues, puis retrouvera avec profit, au fil des mots, des origines, des racines, des constructions bien souvent oubliées. Et ne résistera probablement pas au charme de vocables aussi ésotériques... mais poétiques que hidradénome, balantidiase, acanthome, cathepsine et méristème...
Élisabeth de Lesparda

L’ÉTRANGER, L’IDENTITÉ, ESSAI SUR L’INTÉGRATION CULTURELLE, de Toshiaki Kozakaï
(Bibliothèque scientifique Payot, 2000, 227 p., 19,06 €, 125 F)
Voici un livre extrêmement pertinent sur la question des rapports culturels et la « mécanique » des cultures. Prenant appui sur des expériences sociologiques et psychosociales, l’auteur examine notamment comment se forge le mythe de l’identité collective, comment fonctionnent l’acculturation volontaire ainsi que les mécanismes de défense culturelle. Il résout un paradoxe apparent : comment changer tout en restant le même ? La réponse, moins logique que psychologique, consiste à voir une complémentarité, et non une opposition, dans le rapport entre ouverture et fermeture : l’ouverture culturelle se réalise sous l’assurance de la fermeture identitaire.
Philippe GUISARD

Aux éditions Bonneton, pour 15,09 €, 99 F :

EXPRESSIONS FAMILIÈRES DE NORMANDIE, de René Lepelley et Catherine Bougy (2000, 160 p.)

ZOU, BOULÉGAN ! Expressions familières de Marseille et de Provence, de Philippe Blanchet (2000, 192 p.)

EXPRESSIONS ET HISTOIRES À RIRE DE LORRAINE, de Jean Lanher (2000, 160 p.)

EXPRESSIONS FAMILIÈRES DE FRANCHE-COMTÉ, de Jean-Paul Colin (2001, 160 p.)
Quatre petits livres reliés, blancs, rigolos, sur les expressions familières de nos régions, qui tombent, hélas, dans l’oubli. Un hommage à notre patrimoine linguistique régional et une incitation à faire revivre les expressions frappées au coin du bon sens et de l’image. « Du sûr » que seuls les « couillons de la lune » ne riront pas « à se péter l’embouligue » en feuilletant ces volumes !
É. de L.

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