Défense de la langue française   

DLF, no203

AU BOUT DE LA LANGUE, de Christian LEVESQUE
(Éditions Pierron, 1998, 192 p., 20,58 €)
Voici un petit livre sans prétention, clair, simple, agréable, ludique. Son principal atout : il consiste en quatre-vingts questions d’orthographe et quelques-unes, mais très peu, de grammaire. Ce petit livre de jeux et de devinettes mérite sa place dans le cartable des écoliers, comme sur la table de leurs parents. Sa forme est telle qu’il peut se lire dans le métro comme sur la plage. N’en déplaise toutefois à la 4e page de couverture, l’ouvrage n’est pas une « mine de connaissances » mais un bon rappel de données élémentaires et utiles pour bien connaître le français. Félicitons-en d’autant plus l’auteur qu'il travaille pour les médias.
Alfred GILDER

LETTRE OUVERTE AUX FRANÇAIS QUI SE CROIENT LE NOMBRIL DU MONDE, de Denise BOMBARDIER
(Albin Michel, 2000, 138 p., 12,04 €)
Sur un ton polémique, Denise Bombardier passe en revue les us et coutumes français : langue, télévision, politique, machisme. Elle brosse un portrait caustique et parfois dérangeant de notre pays. Dans cette véritable déclaration d’amour adressée à la France et à sa culture, l’auteur provoque et ne peut laisser indifférent.
Christelle LAIZÉ

LE NOUVEAU SAVOIR-ÉCRIRE, d’André JOUETTE et Jean-Pierre COLIGNON
(Solar, 2001, 432 p., 19,82 €)
Voici un précieux guide pratique de correspondance, dans une nouvelle édition actualisée, la première datant de 1989. Qui n’a jamais hésité, au moment de rédiger une lettre, sur un point ou sur un autre : formule de politesse, adresse, ton à adopter, choix des mots... ?
Ce livre aidera à communiquer clairement et courtoisement. Il devrait, nous affirme la préface, « servir aussi à vaincre la peur d’écrire ». On peut l’espérer, car on trouvera ici des conseils pertinents, propres à encourager, depuis le choix du papier, la présentation de la missive, les formules initiales ou finales, jusqu’aux réponses aux petites annonces ou aux échanges modernes, par l’internet par exemple. Plus d’un millier de lettres modèles sont proposées, inspirées par les multiples circonstances de la vie.
Le téléphone est certes pratique et rapide, mais une lettre possède tant d’autres vertus : elle reste surtout un témoignage irremplaçable. Et quelle joie d’écrire ou de recevoir une bonne lettre !
Claudie BEAUJEU

DICTIONNAIRE DES CLICHÉS LITTÉRAIRES, d’Hervé LAROCHE
(Arléa, 2001, 187 p., 15,24 €)
À l’heure où les dictionnaires fleurissent, celui-là mérite le détour. Il traque et répertorie, dans les romans, le « mot ou locution d’origine artistique, formant l’image, et qui est répété sans réfléchir ». La chasse aux clichés littéraires fut, en réalité, inaugurée en 1899 par Rémy de Gourmont (in Esthétique de la langue française). Charles Dantzig, auteur de la définition ci-dessus, analysa, en 1998, dans La Guerre du cliché, le mode d’emploi de ces expressions ou images qui aboutissent à des abstractions et à des formules figées, grandiloquentes, voire ridicules (exemples : les escaliers sentent l’encaustique (et non la cire), les marques sont indélébiles, les entreprises couronnées de succès...). Ce faisant, l’entreprise d’Hervé Laroche est roborative. Elle « revisite » le langage littéraire qui s’apparente à la langue de bois lorsque l’écrivain ne fait pas l’effort d’éviter les clichés, fussent-ils admirables, à défaut de créer de nouvelles expressions, lesquelles deviennent, en cas de succès, de nouveaux clichés. Bref, c’est une réflexion stimulante sur le langage littéraire, et sa beauté surfaite chez certains auteurs qui abusent de tics d’écriture.
A. G.

SAUVER LES LETTRES. DES PROFESSEURS ACCUSENT, entretiens avec Philippe PETIT. Postface de Danièle SALLENAVE
(Textuel, « Conversations pour demain, no 20 », 2001, 156 p., 14,48 €)
C’est un cri d’alarme, un de plus, lancé par des professeurs lucides et courageux, qui enragent de voir comment on brade les études littéraires à coups de réformes aberrantes, pareilles à celles du nouveau brevet des collèges, dont la dictée ne compte plus que 60 mots !
Dans la postface de ce petit brûlot, Danièle Sallenave pose bien les deux questions essentielles : « De quoi s’agit-il donc dans l’enseignement des lettres – de la langue et de la littérature – qui en fait la cible privilégiée, ici et dans les autres pays industrialisés, d’attaques institutionnalisées ? Sur quoi s’acharnent-ils, ceux qui refusent à la lecture des grands textes sa place éminente dans la formation des jeunes générations ? Ceux dont l’action répétée de prétendue “réforme” a fini par assassiner l’histoire littéraire, l’étude des textes, et l’enseignement même de la langue maternelle ? » Elle ajoute : « Qu’est-ce […] que la littérature ? Non pas seulement un arrangement de mots, une suite calculée d’effets rhétoriques ou dramatiques, non pas seulement une construction narrative ou poétique, mais une conscience qui s’expose dans l’épreuve singulière du monde, qui met en scène dans son langage propre la diversité possible des expériences humaines : ce qu’on appelle un auteur. Que nous enseigne-t-elle ? Que nous enseigne-t-il ? Que notre vie n’est grande que si elle est agrandie par la pensée, la réflexion, l’imagination, le plaisir, la rencontre avec d’autres mondes, réels ou imaginaires. »
Puisse cet appel désespéré contribuer à un sursaut national ! Il n’est jamais trop tard pour bien faire.
A. G.

À LA FORTUNE DU MOT, de Bruno DEWAELE
(La Voix du Nord, 2001, 168 p., 16,80 €)
Un florilège des rubriques langagières de Bruno Dewaele publiées dans La Voix du Nord depuis 1995. Des problèmes de langue, liés à notre quotidien politique, économique, sportif, télévisuel et gastronomique. On butine, on s’amuse des pirouettes de l’auteur, mises en valeur par les dessins de Bap, et l’on referme le livre ayant autant appris sur nos incivilités linguistiques que sur les petits travers de notre société. La deuxième partie du livre est consacrée à des jeux sur les mots. Ne boudez pas votre plaisir !
Élisabeth de LESPARDA

DICTIONNAIRE DU FRANÇAIS USUEL. 15 000 MOTS UTILES EN 442 ARTICLES,
de Jacqueline PICOCHE et Jean-Claude ROLLAND
(De Boeck-Duculot, 2002, 1064 p., le livre : 50,31 € ; le cédérom : 54,88 €)
Parents inquiets des insuffisances de vos enfants en vocabulaire français, vous trouverez dans cet ouvrage, d’une conception tout à fait originale, le moyen de les aider, en suivant le « mode d'emploi », à en acquérir une bonne maîtrise. C’est un panorama d’environ 15 000 mots sélectionnés en vue d’une vraie compréhension entre tous les francophones à travers le monde. Il est ordonné autour des mots de haute fréquence qui constituent le noyau du lexique français. Chacun est à la tête de tout un réseau cohérent de dérivés, de synonymes, d’antonymes étudiés tant pour la diversité de leurs sens que pour leur maniement syntaxique. La circulation d’un article à l’autre est assurée par un index. Des articles à entrées doubles et même triples permettront aux utilisateurs de prendre conscience que des mots de sens voisin ne sont pas des accidents de la langue, mais des points de vue différents sur la réalité. Ainsi peut apparaître la « vision du monde » particulière à la langue étudiée.
Jeannine DECOTTIGNIES

LE NYCTALOPE ET LES PHYLACTÈRES – Dictées subtiles et malicieuses, de Michel COUROT
(Mots et Cie - Mango littérature, 2002, 120 p., 9 €)
Subtil et malicieux, Michel Courot l’est assurément. Pour le connaître, nous pouvons affirmer cela.
Depuis plusieurs années, il fait partie de la petite cohorte des auteurs de dictées destinées à des salons du livre, à des villes, à des associations... Son avant-propos – où il rend hommage, notamment, à DLF – expose de parfaite façon les inquiétudes qui torturent jusqu’au dernier moment l’auteur d’un texte : celui-ci est-il trop difficile, ou pas assez ? Le thème n’est-il pas insipide, voire rebutant ?
Le titre de ce petit recueil de dictées indique assez clairement que si les dictées, comme le souligne le sous-titre, sont « subtiles et malicieuses », elles sont plutôt difficiles dans l’ensemble (il s’agit de textes ayant servi à des concours). Pour ne pas décourager des juniors, à plus forte raison des cadets, ou même des seniors peu habitués aux compétitions d’orthographe, il peut être bon de ne pas leur dicter d’un seul coup la totalité d’un texte... L’on n’est pas obligé, non plus, de vouloir jouer les Bernard Pivot aux Dicos d’or, car l’ouvrage peut être lu, tout simplement, et le lecteur tirera le plus grand profit des corrigés commentés, après avoir apprécié la saveur des textes mitonnés par l’ami Michel Courot.
Jean-Pierre COLIGNON

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