Défense de la langue française   

DLF, no207

PARLER FRANC, de Philippe LASSERRE, Jacques MOULINIER, Bernard MOREAU
Glyphe & Biotem éditions, « Le français en héritage », 2002, 250 p., 15 €
Présenté par l’association Défense de la langue française de Bordeaux, ce recueil reprend en un copieux volume les chroniques parues dans le journal Sud-Ouest Dimanche depuis plus de quatre ans. Sous des angles variés (considérations lexicales, grammaticales, analyses ponctuelles d’expressions, mots d’humeur...) il égrène, telle une encyclopédie, certains aspects de notre langue. Les 249 rubriques sont savamment dosées ; la lecture en est aussi instructive qu’aisée. Il est bon dans le paysage français de toujours trouver d’aussi fidèles amants de notre langue – actifs collaborateurs de notre revue – et qui ont le courage de publier leur passion si haut et si efficacement.
Philippe GUISARD

GRAMMAIRE DESCRIPTIVE DE LA LANGUE FRANCAISE, de Roland ELUERD
Nathan, « fac. », 2002, 250 p., 19,70 €
Cet ouvrage, initialement destiné aux deux premiers cycles de l’université, se présente comme une description méthodique, complète et pratique du français. Après avoir posé les cadres de l’analyse grammaticale et abordé les aspects de la langue écrite et de la langue orale, il étudie le nom et le groupe nominal, les déterminants du nom, l’adjectif et le groupe adjectival, les pronoms, le verbe et le groupe verbal, les adverbes, les conjonctions et prépositions, la phrase, pour finir avec l’énonciation, la grammaire de l’information. Nourrie de citations et d’exemples, cette grammaire fait sienne la nouvelle terminologie dans un souci de clarté et un effort d’explication. Index, plan détaillé et bibliographie en font un outil dense et précieux.
Ph. G.

J’AI UN MOT À VOUS DIRE, de Jean-Loup CHIFLET
Mots et Cie, 2002, 120 p., 11 €
Avec son allégresse, sa légèreté et son ingéniosité naturelles, Jean-Loup Chiflet nous conte l’histoire d’un mot ou plutôt son roman : sa naissance à la « Clinique du Larynx », ses années à l’école « Grammaire », entre la terrible mademoiselle « Syntaxe » et le charmant monsieur « Style », ses études à « Sciences Mots », son court passage à « l’École Nationale d’Appellation »… Ce dialogue avec un mot qui se raconte, fait revivre les péripéties, les incidents et les tribulations de nos vocables. Qu’il est dangereux et risqué d’être un mot français aujourd’hui !
Ph. G.
LE PETIT MANUEL DU FRANÇAIS MALTRAITÉ, de Pierre BÉNARD
Seuil, 2002, 240 p., 15 €

Des billets d’humeur reliés de rouge et illustrés par Benoît Jacques. Publiés dans « Le Bon Français » du Figaro depuis 1997, ils seront lus ou relus avec plaisir, mais avec un léger arrière-goût de déjà vu. Un recueil d’observations à envoyer à des amis francophones qui auraient la chance de ne pas être soumis à l’inflation ou au laxisme linguistiques quotidiens dénoncés par l’auteur. Ce petit livre est surtout la preuve que la défense du français doit être d’abord cela même, une croisade contre le « néofrançais » avant de l’être contre l’anglo-saxon !
Élisabeth de lesparda

Défendre et promouvoir la langue française, c’est aussi, c’est d’abord se soucier de son apprentissage. Nous vous avions déjà signalé : Le Scandale de l’éducation nationale ou pourquoi (et comment) l’école est devenue une usine à chômeurs et à illettrés, de Thierry Desjardins (Robert Laffont, 1999) ; La Destruction de l’enseignement élémentaire et ses penseurs, de Liliane Lurçat (F. X. de Guibert, 1998) ; Ils l’ont tous tuée, l’école de Jules Ferry. Essai sur la crise scolaire, de Jean David (L’Harmattan, 2000) et Sauver les lettres, des professeurs accusent, entretiens avec Philippe Petit (Textuel, « Conversations pour demain, no 20 », 2001), respectivement dans les numéros 194, 197 et 203 de DLF (p. 60). Or, les ouvrages sur la crise de l’enseignement se multiplient. En voici quelques-uns :

COLLÈGES DE FRANCE, de Mara GOYET
Fayard, 2003, 206 p., 16 €
Si vous voulez savoir et comprendre tout ce qui se passe dans certains collèges, les quatre-vingt-quatorze nouvelles, souvent hilarantes, qui composent le livre de Mara Goyet vous éclaireront. Rien n’échappe au regard gentiment ironique de ce jeune professeur d’histoire et géographie. Mais quand vous en aurez ri... vous vous demanderez avec elle « si l’on peut avoir des pensées profondes et subtiles avec vingt mots de vocabulaire » et vous vous inquiéterez de « la terrible lassitude qui naît de ces journées gâchées, bruyantes et informes ».
Guillemette Mouren-Verret

LE TROMPE-L'ŒIL DE L'ÉDUCATION, de Claude MEUNIER BERTHELOT
Éditions des Trianons, 2003, 196 p., 16 € (BP 543, 78005 Versailles cedex)
Professeur de lycée depuis 1967, Claude Meunier Berthelot n’a pu que constater la dégradation progressive du niveau de l’enseignement. L’inquiétude et la colère animent toutes les pages de son livre (qui sera bientôt réédité sans coquilles), que l’auteur y explique les avantages de l’« Instruction publique » d’hier ou qu’elle décrive les dysfonc-tionnements du système actuel et ce qui en résulte pour les élèves : ignorance de la langue, manque de curiosité intellectuelle, difficultés de concentration, sans parler de la dévalorisation des diplômes. Elle analyse et accuse les réformes successives, le plus souvent politiques, de nos différents ministres et appelle parents et professeurs à se mobiliser.
G. M.-V.

L’APPRENTISSAGE DE LA LECTURE, de Raymond TORAILLE
Istra, 1991, 160 p. (épuisé)
Résolument optimiste, notre ami Raymond Toraille, ancien inspecteur général de l’Éducation nationale, affirme qu’aucune méthode d’apprentissage de la lecture n’est mauvaise, mais que le rôle du maître est primordial. Il répond en particulier à la question « Qu’est-ce que lire ? », en insistant sur les différentes composantes de l’activité de lecture, y compris la lecture à voix haute. Pour lui, l’essentiel, c’est l’attention portée à chaque enfant. Il explique les étapes à franchir au cours de la première année, puis de classe en classe, et analyse des situations et des exercices variés, en insistant sur la précision, l’entraînement, la répétition et la mémorisation. Cet ouvrage est un peu abstrait, mais très documenté.
G. M.-V.

L’ORDRE DU MÉRITE À NOS CÔTÉS...
L’Association nationale des membres de l’Ordre national du Mérite a consacré son numéro de novembre 2002 à la langue française (Hôtel national des Invalides, 75007 Paris, tél. : 01 45 50 28 81).
Fort bien documenté et richement illustré, il contient, entre autres, des articles sur l’ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539, des textes de Gabriel de Broglie, président de la Commission générale de terminologie et de néologie, d’Alain Decaux sur l’avenir de la langue française, un entretien avec Bernard Cerquiglini, délégué général à la langue française et aux langues de France, ainsi qu’un dossier sur l’Académie française. Le « mot du président » (Jean Connehaye) indique notamment : « L’unité linguistique en France, laborieusement acquise au long des siècles, reste un élément essentiel de notre identité culturelle partagée avec ceux qui, dans le monde, ont conservé ou adopté notre langue et la défendent parfois mieux que nous-mêmes. Cela ne vaut-il pas une croisade pacifique dont les compagnons des ordres nationaux seraient les chevaliers désignés pour seconder les louables interventions des académiciens ? » Puisse-t-il être entendu ! Le renfort des quelque 200 000 membres de l’Ordre national du Mérite nous serait d’un précieux concours...
Claude CHAUSSEPIED

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