Défense de la langue française   

DLF, no209

UN AIR DE FAMILLE : les faux-amis français-anglais, de , de Claude RIVIÈRE
Ophrys, « Gramvoc », 2003, 142 p., 7,50 €
Les faux-amis, ces mots qui hantèrent nos révisions d’écolier, qui teintèrent de rouge nos copies d’étudiants, nous sont présentés de façon plaisante et didactique par Claude Rivière, spécialiste renommé de grammaire anglaise.
La liste alphabétique, ponctuée de tableaux thématiques, part de l’anglais ; chaque mot est traduit en français puis présenté en contexte ; suit la traduction du mot français ressemblant (crane signifie « grue », crâne se traduit par skull).
Sans se vouloir exhaustif, l’auteur recense un large vocabulaire, distingue faux-amis complets (qui n’ont rien à voir avec les mots français auxquels ils ressemblent) et faux-amis partiels (qui, dans certains cas, ont le même sens qu’en français). Ces derniers sont systématiquement repérés, ce qui n’est souvent pas le cas dans ce type d’ouvrage.
Par sa densité, ce livre de poche occupera les petites minutes creuses de la journée. Émaillé d’exercices de traduction dont la correction se trouve en fin d’ouvrage, il séduira les étudiants anglicistes mais aussi les non-spécialistes intéressés par la traduction, et toute personne soucieuse de raviver ses connaissances en anglais.
Catherine VAISSERMANN

+ de 800 QUESTIONS, catégorie Lettres, de Jean-Joseph Julaud
Éditions First, 2003, 316 p., 3,90 €
Avec humour et légèreté, Jean-Joseph Julaud nous propose ici de vérifier nos connaissances en histoire, art ou géographie, sur le monde contemporain ou même les loisirs, mais aussi, et surtout pour cette rubrique, nos connaissances en français. Amusez-vous à répondre à ses questions de vocabulaire, d’orthographe, de grammaire et de littérature, ou faites-en un jeu avec vos amis et vos enfants.
Guillemette MOUREN-VErret

LE DIALOGUE, de François Cheng, de l’Académie française
Desclée de Brouwer, Presses littéraires et artistiques de Shanghai, 2002, 96 p., 10 €
Ce petit livre (par la taille) de François Cheng est une merveille de sensibilité et d’érudition. En vérité, il s’agit d’un grand livre ouvert sur le dialogue et qui exprime avec finesse toute sa passion pour la langue française.
François Cheng est un véritable passeur entre le chinois et le français. Pour en être persuadé, il suffît de prendre connaissance de l’admirable texte qui s’intitule « Arbre ». Rivarol de notre temps, en plus profond, modeste, comme tout véritable savant, il célèbre ici plus que la clarté de la langue française, son exigence de cohérence, sa structure charpentée et ramassée, sa précision extrême et sa justesse dans les moindres nuances.
Il faut lire et relire ce livre tout entier au service de la beauté : il sert en effet si bien la réalité et les qualités de la langue française ! Un texte impressionnant de subtilités.
Axel Maugey

LE GRAND DICTIONNAIRE DES CITATIONS FRANÇAISES,
de Jean-Yves Dournon, préface de Pierre Belfond
L’Archipel, 2002, 991 p., 29,95 €
Cette sixième édition, revue et augmentée, du « Dournon » est un bel outil ! Classées par ordre alphabétique d’« abandonner » à « Zola », les 1 600 entrées renferment plus de 10 000 citations, choisies chez les écrivains, philosophes ou hommes d’État, du Moyen Âge à nos jours. Facile et agréable à consulter, avec ses renvois vers d’autres citations et son index des 900 auteurs cités, sans oublier son classement par thème pour se repérer plus vite au fil des pages, voici un ouvrage qui a sa place dans toutes les bibliothèques.
G. M.-V.

1 + 1 + 1 = une révolution, d’Alexandre Jardin
Grasset, 2002, 178 p., 12 €
Un essai d’Alexandre Jardin vraiment plein de générosité. Au fil des pages, l’auteur, faussement naïf, égrène nombre de vérités que nos politiciens feraient bien d’écouter pour leur plus grand profit et leur crédibilité.
S’il dénonce entre autres le mal français de l’illettrisme et celui des banlieues et des extrémismes, il propose en même temps des mesures concrètes. Plutôt que de trop parler, « agissons », tel est le mot clef. Et l’auteur du Zèbre a suivi à la lettre ce conseil. Dans plusieurs chapitres enlevés, il relate son combat pour une meilleure vie et insiste sur l’assistance que chacun doit aux autres. En outre, il n’hésite pas à renouer avec le beau principe de l’honneur qui consiste à servir plutôt que se servir.
Alexandre Jardin veut donc donner du pouvoir, au lieu de commettre l’ânerie de se l’approprier. Ce texte, à la fois tonique et optimiste, ne masque pas pour autant aussi bien la lâcheté que le courage de nos compatriotes.
A. M.

LA FIN DES HARICOTS & AUTRES MYSTÈRES DES EXPRESSIONS FRANÇAISES, de Colette Guillemard
Bartillat, 2002, 280 p., 20 €
Décidément, l’auteur ne s’éloigne jamais beaucoup du champ sémantique de la « cuisine » dans les titres de ses œuvres ! Elle l’élargit ici avec un florilège d’expressions usuelles, mais dont on a souvent oublié l’origine populaire, classique, biblique ou militaire. Si elle avalise, pour notre plaisir, quelques jolies impropriétés ou créations verbales (« advenance, se miroiter »), elle n’en fustige pas moins les incorrections trop fréquentes (« j’ai très faim, décimer un tiers de la population »). Pour apprendre un peu en s’amusant beaucoup.
Élisabeth de Lesparda

LE DICTIONNAIRE PLUS, de l’idée aux mots
Sélection du Reader’s Digest, 2002, 992 p., 54,95 €
Cet ouvrage peut être considéré comme une version plus étendue du classique dictionnaire des synonymes, mais il permet surtout de retrouver le mot précis qui vous échappe ou d’en découvrir de nouveaux. D’où son originalité et son utilité, en particulier lors de la rédaction d’un texte.
Roger Saquetoux

DOCUMENTS LINGUISTIQUES DE LA SUISSE ROMANDE T. 1 :
Documents en langue française antérieurs à la fin du xive siècle conservés dans les cantons du Jura et de Berne, publiés par Ernest Schüle †, Rémy Scheurer et Zygmunt Marzys
CNRS Éditions, « Documents, études et répertoires », 2002, 720 p., 120 €
Dans le premier des quatre volumes réservés à la Suisse romande, la collection des documents linguistiques est consacrée au Jura, et au Jura bernois. Les trois cents plus vieux textes en langue française de ces régions, écrits de 1244 à 1395, y ont été retranscrits.
L’ouvrage nous apprend que les plus anciens textes de Suisse rédigés en français sont jurassiens. Le fait qu’ils soient datés et localisés est précieux pour les linguistes et les historiens.
Étienne Bourgnon

PLAIDOYER POUR LA LANGUE FRANÇAISE, LANGUE VIVANTE,
de Marie-Andrée CHAUSTEUR
Chez l’auteur (Clos des coteaux, 28, B-5001 Belgrade ; 2002, 28 p., 9 €)
Dans ce charmant petit ouvrage, notre adhérente s’en prend à quelques erreurs qui émaillent bien des discours, défend la nouvelle orthographe et retrace l’histoire de la langue française et de ses mots venus d’ailleurs.
G. M.-V.

LE FRANÇAIS,CENT DIFFICULTÉS, de Pierre Laurendeau,
illustré par Pascal Jousselin
Le Polygraphe, éditeur, 2001, 64 p., 6 €
Une réédition de ce livre publié en 1993 ; l’auteur, qui fut correcteur de presse, a relevé les erreurs les plus répétées. Elles sont connues comme le loup blanc et ce petit livre, gentiment illustré, n’apprendra pas grand-chose aux membres de DLF. À réserver aux élèves des collèges.
É. de L.

LE FRANÇAIS CORRECT,GUIDE PRATIQUE, révisé par Michèle Lenoble-Pinson
De Boeck, Duculot, « entre guillemets », 5e édition, 1998, 396 pages. 19,50 €
Michèle Lenoble-Pinson, professeur dans trois facultés de sciences humaines de Bruxelles, actualise la quatrième édition revue par Maurice Grevisse en 1989. Celle-ci comporte trois parties : les faits de langue dans le vocabulaire, dans les catégories grammaticales, et enfin dans les propositions subordonnées. Les exemples ont été pris dans les deux dernières éditions du Dictionnaire de l’Académie française. Pour vérifier et compléter les données lexicales, l’auteur a consulté Le Grand Robert, Le Trésor de la langue française, Le Grand Larousse, Littré, Furetière. Les rectifications de l’orthographe, approuvées par l’Académie française le 3 mai 1990 et parues dans les documents administratifs du Journal officiel du 6 décembre 1990, sont prises en compte. Un article spécial leur est consacré (voir à ce sujet DLF, no 206, p. 42). Michèle Lenoble-Pinson a porté une attention particulière à la présentation didactique, ce qui confère à la lecture une remarquable clarté.
Claude GRUAZ

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