Défense de la langue française   

DLF, no217

PARTICULARITÉS & FINESSES DE LA LANGUE FRANÇAISE, de Pascal-Raphaël Ambrogi, préface d’Abdou Diouf
Chiflet et Cie, 2005, 268 p., 15 €
Pour présenter ce livre de notre adhérent, rien ne nous semblait plus pertinent que de citer Xavier North, délégué général à la langue française et aux langues de France, qui, en quatrième de couverture, affirme :
« Pascal-Raphaël Ambrogi se fait entomologiste de la langue. Il choisit et se livre à une observation minutieuse : il décrit, compare, oppose, souligne une différence, remarque la présence d’un accent, d’une majuscule. De A à Z, cette promenade studieuse dans notre lexique procède d’une double démarche. Celle de l’amateur d’abord, du collectionneur qui déniche les « finesses » de la langue et en fait apparaître toute la complexité et la saveur. Celle du pédagogue aussi, soucieux avant tout du bon usage, qui signale, pour les résoudre, les difficultés orthographiques, sémantiques, syntaxiques.
Ouvrage utile, ce guide du français correct est aussi un livre à feuilleter librement, pour le plaisir de découvrir ou de retrouver ces particularités qui font la difficulté mais aussi la richesse de la langue française. Entre les règles d’accord du participe passé et la liste des noms des vents, chacun pourra satisfaire sa curiosité.
»
Marceau Déchamps

AU PLAISIR DES MOTS, de Claude Duneton,
Balland, 2004, 300 p., 18 €
Contrairement à d’autres auteurs indécrottables, Claude Duneton a connu son chemin de Damas. Deo gratias ! Comment cet écrivain de talent, cet amoureux des mots français a-t-il pu écrire en l’an 2000 : La Mort du français ? Il devait traverser à l’époque une période de déprime, vite oubliée, si l’on en croit ce livre riche, délicieux, savant, digne en vérité de l’auteur de La Puce à l’oreille.
Cet Au plaisir des mots reprend ses savoureuses chroniques du Figaro littéraire, remaniées bien sûr. Aussi, grâce à l’auteur, retrouvons-nous l’origine de nombreux mots et suivons-nous avec plaisir leurs multiples évolutions. Duneton adore écrire, et, stimulés par son enthousiasme, à notre tour, nous savourons son érudition naturelle, mise au service d’un français bien vivant et créatif.
Axel Maugey

DÉGUSTATIONS FABULEUSES DANS LA CAVE DES ÉCRIVAINS, d’Anne-Marie Royer-Pantin
La Table Ronde, 2003, 302 p., 20 €
Anne-Marie Royer-Pantin a le don de nous faire rêver. En douze chapitres qui honorent la langue française, présentée ici dans toute sa subtilité, grâce à cette femme de belle culture, nous participons à un véritable banquet. L’éloge d’excellents portos, sauternes, champagnes, bourgognes et bordeaux, crée peu à peu un hymne au plaisir. Avec art, connaissance et un goût prononcé pour le qualitatif, l’auteur, à notre grande joie, ne cesse de faire délicatement dodiner le vin dans son verre. Même saint Antoine n’aurait pas résisté à cette dame experte en vignobles et très fine connaisseuse des meilleurs crus. Ces dégustations fabuleuses nous donnent du bonheur.
A. M.

LE PARLER DU FOREZ ET DU ROANNAIS. DICTIONNAIRE DU FRANÇAIS RÉGIONAL DE LA LOIRE, de Jean-Baptiste Martin
Éditions Bonneton, 2000, 160 p., 11,44 €
Il est intéressant de découvrir, dans ce dictionnaire du français régional, des mots et des expressions jusque-là inconnus ou méconnus. La France, si diverse, a trop longtemps délaissé un patrimoine linguistique, porteur d’une part non négligeable de notre histoire et de notre identité.
L’on oublie trop facilement que des auteurs régionaux reconnus, tels Charles Exbrayat et Michel Jeury, pour ne citer qu’eux, ont souvent eu recours à de nombreux régionalismes, et ce, pour notre plus grand plaisir.
Grâce à ce dictionnaire, préparé amoureusement par le professeur Jean-Baptiste Martin, nous pouvons mieux distinguer les traits régionaux du français parlé dans la Loire.
A. M.

LE MOYEN DE PARLER, de Gabriel Bergounioux
Verdier, 2004, 238 p., 18 €
Les spécialistes la nomment « endophasie » et tout le monde la connaît bien, cette voix intérieure, privée pourtant de signal sonore, qui commente ou dirige communément notre existence, quand on « se dit » que…, quand on « radote » ou « ressasse », toutes activités qui ne sont que rarement pathologiques. Si cet essai linguistique sur le sujet ne mentionne guère le lien entre endophasie et le fait de se parler tout seul à voix haute, c’est sans doute parce qu’il élabore un programme de recherches à venir, dont la nécessité semble à la fois évidente et urgente. La parole intérieure n’est-elle pas la manifestation la plus concrète de ce que, défendant la langue, nous défendons aussi la pensée française ?
Romain Vaissermann

CHIER DANS LE CASSETIN AUX APOSTROPHES, de David Alliot, préface de Claude Duneton
Horay, « Cabinet de curiosité », 2004, 186 p., 20 €
Voici le millième ouvrage des éditions Horay : un dictionnaire des métiers du livre, ce qui annonce toujours une grande partie de plaisir, les imprimeurs étant volontiers colériques (chevrotins, ils taquent), buveurs (ah ! l’ala, la chopotte et la quantesse !), paresseux (Il pleut ! Vingt-deux !) et facétieux (Y en a pas ! Que t’es !). Parmi les 600 termes ou expressions recensés, certains autres, à peine plus sérieux (fantôme, nègre, ours), ont survécu. À la fin de l’ouvrage figurent d’utiles adresses et autres addenda divertissants (comme l’« Ode à la coquille »). Ne me demandez pas la signification exacte de tous ces mots : vous manqueriez un bel achat.
R. V.

PETIT DICTIONNAIRE DES MOTS RETROUVÉS, de Jean-Loup Chiflet, préface de Jean d’Ormesson
Mots et Cie, 2004, 93 p., 9 €
Tous les amoureux des mots souvent liés au corps et tous les amoureux des glissements de sens apprécieront ce petit dictionnaire, longtemps introuvable. Ce joli canular commença à sévir, en 1938, grâce à l’imagination de quelques collaborateurs de la NRF. Épuisé depuis longtemps, cet opuscule est repris par Jean-Jacques Pauvert, en 1985, avant d’être sauvé de l’oubli, par ce trublion de Jean-Loup Chiflet, expert facétieux, entre autres, de multiples fantaisies lexicales prononcées.
Nul doute qu’aucun amoureux de la subversion ne boudera son plaisir en lisant ces galéjades. Il découvrira, par exemple, que le cucu est un petit singe de Tasmanie se nourrissant de pralines...
A. M.

LANGUE ET IDENTITÉ NARRATIVE DANS LES LITTÉRATURES DE L'AILLEURS, ANTILLES, RÉUNION, QUÉBEC, sous la direction de Marie-Christine Hazaël-Massieux et Michel Bertrand
Publications de l’université de Provence, « Langues et langage », 2005, 198 p., 20 €
Il faut prendre chaque contribution à ces actes de colloque comme une invitation à d’autres lectures. Le lecteur de ces études tombera immanquablement sous le charme daté de la poésie créole de Saint-Domingue, et reconnaîtra toutes les promesses de notre temps dans « l’énergie linguistique » d’un Franketienne en Haïti, au style à la fois abondant, haletant et créatif, ou dans la diglossie harmonieuse du français et du créole, employés tour à tour par le théâtre Vollard, groupé autour du Réunionnais Emmanuel Genvrin et ouvert à un public universel.
R. V.

Signalons aussi :
  • Le français est un jeu, 200 questions pièges pour améliorer son français, de Pierre Jaskarzec (J’ai lu, « Librio mémo », 2005, 96 p., 2 €).
  • Ceux que la Muse habite : Contrepets fortuits ou involontaires des poètes, de Jacques Antel (Mille et une nuits, 2005, 176 p., 3 €).
  • Dictionnaire argotique des trucs, des bidules et des machins, de Robert Gordienne (Hors Commerce, « Hors texte », 2004, 652 p., 23,90 €).
  • Le Diconoclaste. Dictionnaire espiègle et saugrenu, de Jean-Loup Chiflet (Éditions Chiflet et Cie, 2005, 268 p., 15 €).
  • Le petit décodeur : Les mots de l'Administration en clair, de Dominique Le Fur, Yaël Freund, Géraldine Sourdot, Ghislain Geitner et Sandra Escoffier (Le Robert, 2005, 260 p., 5,95 €).
  • La typographie : Cent règles, de Patrick Boman, Christian Laucou, Pascal Jousselin (Le Polygraphe, 2005, 95 p., 7 €).
  • « Comment enseigner le français », revue Le Débat, numéro 135, mai-août 2005 (Gallimard, 224 p., 14,50 €).
  • Dictionnaire encyclopédique du français des affaires, de Louis Rigaud (Maison du dictionnaire, 2005, 895 p., 69 €).
  • La Littérature française pour les nuls, de Jean-Joseph Julaud (Éditions First, 642 p., 22,90 €).
Nos adhérents publient
  • Jacqueline Forget vient de publier De Voltaire au Rotary, un humanisme en action (Cabedita, « Archives Vivantes », 166 p., 20 €), essai bilingue français/anglais.
  • René Pommier nous envoie deux articles diffusés sur son site, qui stigmatisent l’un le massacre du français par les publicitaires, l’autre les méthodes pédagogiques destructrices de notre langue (http://rene.pommier.free.fr).
  • Le français pour les historiens. Voyage à travers les pages de l’histoire russe, publié à Moscou en 2004 par Jeanne Aroutiounova, est un manuel d’apprentissage de notre langue pour les étudiants russes : chaque texte français est suivi de questions de vocabulaire et de grammaire, de sujets de rédaction, et de thèmes russes. Cet ouvrage comporte aussi des listes d’expressions utiles – pour demander la parole, exprimer son désaccord...
  • « Langue française et plurilinguisme en Nouvelle-Calédonie », article de Daniel Miroux, est publié dans Lettre(s) (n° 39), revue de l’Asselaf*.
    * Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française, 22, rue François-Miron, 75004 Paris.
  • « L’évolution de la langue française en Europe et surtout dans les Balkans », tel est le titre de l’article d’Axel Maugey, que l’on trouvera dans les Actes du colloque international sur les relations franco-serbes 1904-2004, publiés par l’Association de coopération culturelle Serbie-France et les Archives de Serbie (2005, 432p.).
  • L’Anthologie Europoésie, consacrée au thème de l’Europe, vient d’être publiée par les associations Rencontres Européennes-Europoésie et Terpsichore (Les Presses Littéraires, 72 pages, 10 €). La commander auprès de Joël Conte, 21, rue Robert-Degert, 94400 Vitry-sur-Seine.
  • Dans le bulletin trimestriel Le Nénuphar (n° 39), Alfred Wolgensinger s’inquiète du jargon diffusé par l’Éducation nationale, empli de néologismes prétentieux.
    Le Nénuphar, 30, avenue Saint-Jean-Baptiste, 06000 Nice.
  • Françoise Fermentel a confié au Dévorant (n° 212) un long poème sur la vie, dédié « À Kildine », sa fille.
    Le Dévorant, Cercle littéraire des écrivains cheminots, 7, rue du Château-Landon, 75010, Paris, courriel : besson.raymond.clec@wanadoo.fr, site : http://clec.uaicf.asso.fr/clec.htm
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