Défense de la langue française   

DLF, no218

LES NOMS D’ORIGINE GAULOISE. LA GAULE DES ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES, de Jacques Lacroix
Errance, 2005, 288 p., 39 €
Les éditions Errance nous offrent là encore un beau livre sur papier glacé, assorti de nombreuses cartes (où se découpe notre France contemporaine, de façon quelque peu anachronique), et Jacques Lacroix nous montre que le gaulois, s’il a pu être la langue de Gaulois vaincus aux combats, a survécu, notamment par le savoir-faire de ce peuple. Agriculture, élevage ; travail des métaux, du bois, de l’osier, des cuirs ; voies de communication et commerce : ces grandes parties thématiques introduisent à l’analyse fouillée de 1 500 termes d’origine gauloise – souvent toponymiques ou dialectaux. Une savante bibliographie et des index précis couronnent cet ouvrage érudit mais accessible à tous les curieux.
Romain VAISSERMANN*
* NDLR : ancien élève de l’École normale supérieure et agrégé de grammaire, Romain Vaissermann vient de soutenir sa thèse de doctorat, « La digression dans l’oeuvre en prose de Péguy ».

LA MAJUSCULE, C’EST CAPITAL !, de Jean-Pierre COLIGNON
Albin Michel, « Les Dicos d’or », 2005, 216 p., 10 €
C’est un traité complet de l’emploi en français de la majuscule, agrémenté d’exercices corrigés, que nous livre ici Jean-Pierre Colignon, administrateur de DLF. Les parties, thématiques, évoquent successivement « les personnes, les saints et les dieux », « l’histoire, la géographie, la zoologie, la botanique », « les institutions, les marques, les sigles et logos » puis « les titres d’oeuvres ». Un lexique couronne le tout, dans le très commode ordre alphabétique. Défilent Sainte Vierge, Notre-Dame, Saint-Esprit, Esprit saint, rocade sud, pôle Sud... Malgré son amour des majuscules, l’auteur garde sa sûreté de jugement et nous invite à résister à la généralisation des majuscules, répandue notamment dans l’Administration : ni le ministère des Finances, ni le tribunal civil de Grenoble ne lui en voudront, espérons-le !
R. V.

OEUVRES POÉTIQUES. Tome I, d’André CHÉNIER
Édition critique par Georges BUISSON et Édouard GUITTON
Paradigme, « Hologrammes », 2005, 544 p., 39 €
Cette édition critique, mise au programme de l’agrégation l’année même de s publication, contient, outre des imitations et des préludes poétiques, l’Art d’aimer et les Élégies. Dans la partie des textes, seuls les vers du poète occupent la page ; l’amateur pourra ainsi – comme le dit joliment l’éditeur – « les écouter en toute liberté, a capella ». Le soin de l’édition et l’érudition des notes enchanteront le lecteur qui savait que Chénier n’avait publié de son vivant que de rares pièces et que les éditions successives de son oeuvre posthume avaient souffert de l’éparpillement des manuscrits du poète, de leur accessibilité difficile, de leur disparition partielle. Fruit de près de trente années d’efforts, cet ouvrage a toute la grâce des vers du jeune poète, guillotiné à 32 ans.
R. V.

PETIT GUIDE DU PARLER QUÉBÉCOIS, de Mario BÉLANGER
Outremont (Québec), Stanké, 2e éd., 2004, 240 p., 10 €
Voilà la réédition d’un ouvrage de 1997, sous la forme d’un beau livre de poche à la facture soignée et à petit prix. Comme le choix de l’auteur s’était porté il y a dix ans sur le québécois contemporain, l’ouvrage n’a rien perdu de son utilité et rendra notamment de bons services au touriste français. Trente pages d’annexes approfondissent des points comme la prononciation ou les changements de genre propres au québécois ou encore l’histoire de la Belle Province.
R. V.

L’ODYSSÉE DE LA VOIX, de Jean ABITBOL
Robert Laffont, 2004, 520 p., 23 €
C’est une encyclopédie, médicale mais pas seulement. Bien sûr, le docteur Abitbol, phoniatre réputé, expose les traitements médicaux et les techniques professionnelles éprouvées contre l’infection, l’inflammation, les tumeurs ou le stress qui peuvent affecter la voix. Mais la voix se situe à la croisée de la médecine, de la musique et de la linguistique. Destinée au grand public et fourmillant d’exemples, cette somme, qui ne vieillira pas de sitôt, contient – outre l’analyse plus attendue des voix de l’acteur et du chanteur – d’étonnants chapitres sur la « voix sexuée » et les ventriloques, sans oublier perroquets ni castrats. Ne manquent guère que des illustrations, peut-être envisageables pour une réédition en poche...
R. V.

DU SON AU SIGNE. HISTOIRE DE LA NOTATION MUSICALE, de Jean-Yves BOSSEUR
Éditions alternatives, « Écritures », 2005, 144 p., 25 €
L’auteur, musicologue et philosophe, à qui l’on doit déjà un Vocabulaire des arts plastiques du xxe siècle, propose ici à tous les mélomanes une brève histoire de la notation musicale, agrémentée de nombreuses illustrations. La langue y est partie prenante, à plusieurs titres : les partitions usent d’une langue symbolique proliférante et sont amenées à transcrire la voix et ses registres (Luciano Berio utilisera même l’alphabet phonétique international), les compositeurs indiquent, dès le XVIe siècle, le tempo de leurs oeuvres en toutes lettres (allegro, largo, presto...) puis, au XVIIe siècle, les jeux d’intensité (forte, piano, crescendo...). C’est là qu’intervient la langue italienne, intermédiaire entre la notation abstraite et l’interprétation proprement dite. Mais cette langue internationale de la musique, souvent réduite à des abréviations, laisse parfois place, au XIXe siècle, à un usage poétique (Satie) ou dramaturgique (Beethoven) de la langue maternelle du compositeur, faisant de l’interprète tour à tour un lecteur et un acteur.
R. V.

RIVENEUVE Continents. Revue des littératures de langue française
Édition Riveneuve (146, rue Paradis, 13006 Marseille), 2005, 352 p., 20 €
www.riveneuve.com/continents.htm

Cette revue semestrielle a pour ambition d’offrir à des écrivains de tous les horizons de la francophonie un espace littéraire de qualité largement diffusé et de proposer à ses lecteurs une promenade dégustative dans la diversité des écritures et des cultures qui s’expriment en français. La première partie de la revue est consacrée à un thème spécifique, cette fois « L’auteur et son sujet ». Suit une rubrique « Libre cours »,puis une autre « Passeurs », où l’on peut lire des textes traduits d’autres langues, et enfin « L’agenda », avec ses quelques coups de projecteur sur l’actualité de la langue française, en particulier le prix des cinq continents de la Francophonie.
Au sommaire du numéro 2 figurent notamment, parmi la cinquantaine d’auteurs : Mathias Énard (prix des cinq continents de la Francophonie 2004), Jean Grosjean, Édouard Glissant, Sami Tchak, Leïla Sebbar, Hélène Dorion, Lyonel Trouillot. Ce dernier a en outre dirigé « Le carnet Haïti », qui rassemble huit écrivains de ce pays.
François-Pierre NIZERY

LA LETTRE ADMINISTRATIVE. Guide de présentation et de rédaction, de Mireille BRAHIC
Éditions d’Organisation (1, rue Thénard, 75240 Paris Cedex 05), 188 p. 15 € Mireille Brahic, diplômée en lettres et en psychologie sociale, assure la formation à la rédaction du personnel d’établissements publics, ainsi que la préparation aux épreuves de français de concours administratifs. Elle explique ici les règles de la correspondance administrative en fonction de l’auteur et du destinataire, ainsi que de l’objet. Elle propose des exercices avec leurs corrigés. Quelques bons conseils sur les principales fautes de français à éviter, ou les tournures maladroites.
Jacques PÉPIN

POUR ENSEIGNER ET APPRENDRE L’ORTHOGRAPHE, de Danièle COGIS
Delagrave, « Pédagogie et formation », 2005, 18,30 €
Danièle Cogis est enseignante-chercheuse chargée de la formation des maitres. Ses recherches actuelles portent sur l’acquisition et l’apprentissage de l’orthographe à l’école et au collège. Cet ouvrage est fondé sur une double approche, linguistique et psycholin-guistique. Il permet de répondre à des questions telles que : pourquoi les élèves font-ils autant de fautes, et toujours les mêmes ? Pourquoi n’appliquent-ils pas les règles maintes fois répétées ? Comment comprendre leurs erreurs ? D. Cogis propose une démarche d’enseignement en trois temps : faire écrire, découvrir, assimiler. La façon dont les élèves comprennent le fonctionnement de l’orthographe est en effet à l’origine de la persistance de leurs erreurs et de la faible efficacité de l’enseignement. On trouvera dans cet ouvrage une orientation originale qui met constamment l’accent sur le raisonnement et la réflexion des élèves dans différentes situations d’apprentissage.
Claude GRUAZ

Signalons aussi :
  • Le Grand Livre de l’orthographe, de Jean-Yves Dournon (L’Archipel, 2005, 288 p., 17,95 €).
  • Francophonie-Puissance. L’équilibre multipolaire, de Michel Guillou (Ellipses, « Mondes réels », 2005, 158 p., 16 €).
  • Dictionnaire des synonymes, nuances et contraires, de Dominique Le Fur (Le Robert, « Les Usuels », 2005, 1232 p., 22,50 €).
  • Apprendre à lire à la maison. Guide des méthodes de lecture, de Gilbert Sibieude et Gilbert Castellanet, préface de Jacqueline de Romilly (François-Xavier de Guibert, 2005, 215 p., 20 €).
  • L’École et les tentations réactionnaires, de Jean-Michel Barreau (L’Aube, 2005, 156 p., 16,50 €).
Nos adhérents publient
  • François Léger récidive en nous adressant un bel ouvrage : Entre rêve et réalité (In octavo, 2005, 180ip., 17,50 €), où il souligne avec humour les paradoxes de la vie...
  • Avec Le Minéral et la Fleur. André Chamson - Mémoire, chemin, héritage (Bernard Gilson Éditeur, « Pays Paysages », 2005, 244 p., 18 €), François-Pierre Nizery nous propose de partager le regard intime et passionné qu'il porte sur l’œuvre de cet écrivain quelque peu oublié.
  • Dans son Petit Livre de la grammaire anglaise, Jean-Bernard Piat parvient à faire comprendre aussi quelques notions de grammaire française (Éditions First, 2005, 160 p., 2,90 €).
  • Les Contes du Bénin. L’oracle du hibou, de Dominique Aguessy (Éditions Maisonneuve & Larose, 2004, 138 p., 15 €). Ces contes nous font aller et venir entre le monde des esprits et la réalité quotidienne.
  • On pourra lire ou relire Qui se souvient du café Rubens ?, roman de Georges Memmi, dans Tunisie. Rêve de partages (Omnibus, 2005, 1 088 p., 25 €), textes réunis et présentés par Guy Dugas.
  • Un merveilleux recueil de poèmes Cosmopoèmes (Flammes vives, 1 rue Vouland, 30900 Nîmes, 2005, 23 p.) nous est adressé par Jacqueline Delpy, que nous remercions vivement.
  • Manoëlle Miquel-Regnauld nous annonce la publication de ses nouveaux poèmes sous le titre Éclats de verts (Éditions Bénévent, 2005, 92 p., 11 €).
  • Hélène Galli publie L’Enfance amoureuse, saga familiale et poétique (L’Étoile du Sud, 2005, 22 €, chez l’auteur : villa Hélène, avenue du Cap-de-Nice, 06300 Nice, tél./fax : 04 93 89 92 97).
  • Merci à Bernard Collignon pour l’envoi de son nouvel ouvrage Pourquoi ont-ils tué Péguy ? (Éditions Le Bord de l’Eau, « Documents », 2005, 144 p., 14 €,
    à commander par courriel : borddeleau@aol.com).
  • Normand Beaupré vient de publier un très beau roman Deux femmes. Deux Rêves (Llumina Press, 280 p., 8,95 $, à commander sur l’internet : www.llumina.com/store/deuxfemmes.htm).
  • Pascal-Nino Biagiotti publie Le Nuage d’automne est fuyant..., roman psychologique et d’amour (chez l’auteur : palais Los Angeles, 29, avenue des Baumettes, 06000 Nice, 18 €).
  • Un grand bravo à Nicole Lemoine, présidente de la section de Lyon, pour ce récit passionnant sur les tribulations de l’Agence Havas sous l’occupation : L’Agence Havas dans la tourmente (Écully, 2005).
  • Dans Le Nénuphar (n° 40), Jacques Wolgensinger analyse les différentes sortes d’onomatopées.
    Le Nénuphar, 30, avenue Saint-Jean-Baptiste, 06000 Nice.
  • Philippe Lalanne-Berdouticq, adminis-trateur de DLF, publie un passionnant article intitulé :
    « Mille ans de Francophonie », dans La Cohorte (n° 181).La Cohorte (revue trimestrielle de la Société d’entr’aide des membres de la Légion d’honneur), Hôtel national des Invalides, 75700 Paris Cedex 07.
  • Dans Le Scribe (n° 48), le président de la section de Suisse, Étienne Bourgnon, relève plusieurs « abus de langage », notamment l’utilisation du mot technologie pour technique. Quant à Michel Dizerens, il promet une belle fête pour le 10e anniversaire du Scribe, à la fin du mois d’août 2006.
    Le Scribe, CP 80, 1523 Granges-Marnand, tél. : 079 638 57 88.
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