Défense de la langue française   

DLF, n° 251

APPRENDRE ET MÉMORISER L'ORTHOGRAPHE PAR LA LOGIQUE ET LE RAISONNEMENT de Jean-Pierre Colignon
Ellipses, 2013, 160 p., 9 €
Pourrait-on affirmer que l'étude sérieuse du dernier manuel de J.-P. Colignon nous mettrait à l’abri d’une orthographe défectueuse voire délirante ? Oui, mais à une seule condition : se rappeler que « le bon sens est la chose du monde la mieux partagée... », ainsi que nous l’enseigna Descartes. En effet, l’auteur insiste une fois de plus, comme dans ses quarante-cinq (!) précédents ouvrages, sur le lien ESSENTIEL entre l’orthographe et la logique. Certes, une solide culture générale permettrait de dominer quelques incertitudes pardonnables (anthropopithèque, cacochyme, hypocondriaque, myopathie, etc.). Mais tous se délecteront de cette promenade parsemée de 800 mots dont l’étymologie et l’histoire expliquent toujours l’orthographe (blanc-seing, cryptogame et cryptogramme, cul-de-lampe, fonts baptismaux, paronyme, ptérodactyle, saint-frusquin, sot-l’y-laisse, etc.) Autant de questions à résoudre à l’aide de notre « faculté de penser clairement et distinctement ». Monika Romani

Quatre ouvrages à lire chez Honoré Champion, dans la collection « Champion les mots » :
LE MARIAGE, de Khalid Alaoui, préface d’Alain Rey, illustrations d’époque
2011, 144 p., 9 €
Vous ne doutez pas que le mariage ait suscité les commentaires les plus variés, bienveillants, optimistes, approbateurs... plus souvent ironiques, surpris, voire féroces. L’auteur, éminent lexicographe, a décrypté le discours des dictionnaires en regroupant thématiquement leur approche du phénomène social qu’est le mariage selon les civilisations anciennes et modernes. Des premiers pas du mariage sous la Renaissance au mariage hors de nos frontières, en passant par le mariage du siècle des philosophes à quelques expressions, proverbes et anecdotes. « Un bon mariage est celui où chacun des époux a la chance de pouvoir tolérer l’intolérable de l’autre », a dit le biologiste Jean Rostand. Saviez-vous que 13 ans de mariage, c’est le muguet, 59 ans, le vison, 100 ans... l’eau ? Que le poète allemand Henrich Heine déplorait qu’« on n’ait pas encore inventé de boussole pour naviguer sur la haute mer du mariage », que, selon un proverbe provençal, il y a « deux bons jours à l’homme sur terre, quand il prend femme et quand il l’enterre » ; et qu’enfin pour La Rochefoucauld, « s’il est de bons mariages, il n’en est pas de délicieux » ? Index des mots et noms propres. Importante bibliographie. Nicole Vallée

À TABLE... LE MENU !, de Patrick Rambourg, préface de Pascal Ory, nombreuses gravures d’époque
2013, 128 p., 9,90 €
Cette érudite et savoureuse histoire des menus, que nous offre un authentique fils de restaurateur, est un témoignage de l’évolution culinaire de la société et des moeurs de table, de nos pratiques alimentaires et gastronomiques. Que nous recommande Le Viandier (imprimé en 1486) ? : Vinaigrete cretonnée de lard, lappereaux au saupiquet, perdriaux au sucre, pastès de pyjons, poires à lypocras... Qu’a servi Jules Gouffé en 1862 à Napoléon III et Eugénie (entre autres) ? : Potage tortue à l’anglaise, selle d’agneau Soubise, topinambour à la crème (mais oui), Petit Condé... Que pouvait bien offrir le restaurant Le prince au printemps 1945 ? Radis roses, croquettes maison (à quoi ?), confitures (à la saccharine, sans doute)... Aujourd’hui, où le bienmanger peut à nouveau s’apprécier (pas pour tout le monde, hélas), le nombre de plats a diminué et le menu est devenu plus... menu, avec même décompte des calories. À vous de découvrir celui du jour de l’an proposé par un « trois-étoiles ». Index des mots et noms propres. Index des ouvrages culinaires et gastronomiques. Notes et bibliographie. Nicole Vallée

LE JARDIN, de Jean Pruvost, illustrations d’époque
2013, 144 p., 9,90 €
« Ah, quel bonne école qu’un verger, qu’un jardin ! » s’est exclamé Gide, et pour Violette Leduc, les jardins sont « à en pleurer d’amour ». Du jardin clos à quelques jardins mythiques, du redoutable Priape au prude saint Fiacre, sans oublier les jardins de curé et celui de ma grand-mère, je vais me faire un plaisir de vous aligner quelques proverbes, dictons et citations qu’ils ont inspirés : « Pour l’amour d’une rose, le jardinier devient l’esclave de mille épines. » – « À la Saint-Rufin, cerises à plein jardin. » – « C’est son jardin secret. » – « Jardin d’enfants. » – « Sa grâce et sa douceur en faisaient un être reposant et aimable comme un beau jardin. » (Maurois.) – « Un petit bout de jardin dans Paris ravit plus qu’un parc en province. » (Proust.) – « Le jardin saoulé d’odeurs cuve sa journée de soleil. » (Martin du Gard.)... Index des mots et noms propres. Bibliographie. Nicole Vallée

LE CIRQUE, de Jean Pruvost, illustrations d’époque
2013, 144 p., 9,90 €
Qui d’entre vous la féerie du cirque n’a-t-elle pas « jeté dans un état d’émotion étrange », comme s’est jadis exclamé Sim, préférant devenir clown plutôt que ministre, « car je suis un garçon sérieux » ?...
C’est en 1832 que les Anglais prirent le mot latin circus pour désigner la piste circulaire où caracolaient des chevaux. De là, on est passé au cirque français, avec les acrobates, voltigeurs, clowns, funambules, ménageries... Du cirque de l’Antiquité avec ses tristement célèbres gladiateurs, aux cirques contemporains, proches du music-hall, vous allez découvrir, ou retrouver, les grandes familles de cirques du passé, les Franconi, Barnum, Hagenbeck, Medrano, Pinder, et leurs inoubliables vedettes, les Grock, Fratellini, Zavatta...
Grâce à l’index, vous connaîtrez leurs principaux admirateurs, de d’Alembert à Henr Miller, de Cocteau à Paul Valéry, ainsi qu’un savoureux vocabulaire : antipodiste, baleine, banquiste, verdine, paillasse, parapluie, illustré de savoureuses citations, telle : « Cirque : endroit où les chevaux, les poneys et les éléphants sont autorisés à voir des hommes, des femmes et des enfants se conduire comme des idiots » (Ambrose Bierce, 1911). Copieuse bibliographie. Un livre féerique, vraiment ! Nicole Vallée

L’ORTHOGRAPHE. 99 TRUCS POUR EN RIRE ET LA RETENIR, de Bernard Fripiat
Éditions Gunten, 2013, 228 p., 16,90 €
Quand un authentique Belge crée une série humoristique Orthogaffe.com pour nous permettre de rire en famille de l’orthographe et, surtout, de ne plus la voir que pour ce qu’elle est : une banale épine dans le pied, destinée à être enlevée avec une vigoureuse délicatesse. Quelques-uns de ces trucs vraiment efficaces : 1. Les terminaisons en é ou er ?... 5. Le participe passé précédé ni d’être ni d’avoir... 17. Cijoint, ci-annexé, ci-inclus... 36. Comment accorder le verbe précédé de qui ?... 58. Au vu et en vue... 67. Le trait d’union... 71. Les racines grecques... 83. Des doublements imprévisibles... 92. Censé ou sensé ?... 99. Les ordinateurs nous mettent dedans. Enfin, un précieux index vous permet de retrouver les différents trucs en toute célérité et sérénité (avec laquelle vous refermerez cet ouvrage). Nicole Vallée

BON USAGE ET VARIATION SOCIOLINGUISTIQUE. PERSPECTIVES DIACHRONIQUES ET TRADITIONS NATIONALES, sous la direction de Wendy Ayres-Bennett et Magali Seijido
ENS éditions, 2013, 338 p., 23 €
Au moment où, avec le développement de la communication informatisée, la langue enregistre une grande évolution qui l’éloigne souvent de la norme, cet ouvrage rassemble les articles de vingt-huit linguistes historiens qui examinent la notion de bon usage en France et dans d’autres pays. Les grammairiens et les « remarqueurs » sont, avec l’Académie, généralement considérés comme des auteurs prescriptifs et normatifs. L’objectif du livre est de montrer que cette vision doit être modulée et que dans leurs ouvrages, Meigret, Ménage, Bouhours, Vaugelas... n’ont pas ignoré la variation. Celle-ci est abordée sous l’angle diachronique (dans le temps), diastratique (selon les couches sociales), diaphasique (les différents registres, par exemple poésie / prose) et diatopique (selon les régions). Dans les trois parties qui le composent, l’ouvrage traite successivement du bon usage dans les origines de la tradition française, puis de 1700 à nos jours et enfin dans d’autres traditions nationales (Allemagne, Pays-Bas, Angleterre, Russie, Hongrie). Cet ouvrage fera certainement découvrir à tous les amoureux de la langue française, pour ne parler que d’elle, la diversité des approches qui, depuis le XVIe siècle, ont marqué son évolution, ce qui remet fondamentalement en cause la croyance selon laquelle elle n’a connu et ne doit connaître qu’une norme, que toute évolution est une trahison alors que ce n’est que fidélité à la tradition. Claude Gruaz

JE PARLE LE PARISIEN. DICTIONNAIRE FRANCO-PARISIEN de Jean-Laurent Cassely et Camille Saféris
Parigramme, 2013, 144 p., 11,90 €
Dans toutes les circonstances de la vie, se loger, se nourrir, en famille, au travail, en vacances, pour se vêtir, se cultiver... le Parisien (généralement un provincial pur jus) a son langage propre, codé, bien à lui, à peu près aussi compréhensible pour le profane qu’un film ouzbek non sous-titré. Grâce à ce nouveau et bienvenu dictionnaire, les locutions usuelles et les tournures idiomatiques les plus complexes de cette langue orpheline vous seront accessibles. Vous pourrez donc vous aventurer sans crainte dans la capitale à grands renforts de « spatialité », « gens vrais », « sublime studette », « bistronomique ». Vous saurez ce qui se cache derrière « suite à un mouvement social », « fridalgisme », « engazonner », « concertation »... Nombreuses photos et illustrations. Nicole Vallée

LES MOTS QUE J’AIME, de Philippe Delerm
Points, « Le goût des mots », 2013, 140 p., 12 €
Le très charmant auteur de La Première Gorgée de bière... a décidé de partager avec nous les « plaisirs (pas si) minuscules » qu’il éprouve à utiliser, claironner, susurrer, roucouler, lutiner, répéter jusqu’à plus soif certains de ces mots qui constituent notre patrimoine ; des mots savoureux, truculents, comiques, timides, optimistes, voire érotiques... Bien entendu, il ne se borne pas à nous en dresser la liste, il nous conte leur histoire, souvent inattendue et surprenante. Ainsi de camerlingue, où l’on entend dingue pour lingue, et c’est bien fait pour l’orgueil de cette dignité ecclésiastique dépassée ; gourgandine, dont la proie à conquérir est d’une puérilité si niaise ; estaminet, où les cuites ne sont ni tristes ni solitaires ; penalty, enfin, osons le franglais, qui suggère l’intensité bouleversante du tragique faceà- face entre le gardien de but et le tireur. À vous de vous régaler de carambar, sybarite, mordoré, ravigote... Nicole Vallée

LE VON MOPP ILLUSTRÉ. DICTIONNAIRE SUBJECTIF DES MOTS DIFFICILES ET IMPRONONÇABLES DE LA LANGUE FRANÇAISE, 106 DÉFINITIONS, illustrations (remarquables) de Laurent Rivelaygue, avec la biographie apocryphe, suspecte et probablement sujette à caution de Sigismond von Mopp
Baleine, 2012, 112 p., 18 €
Ah, comme vous allez pouvoir ébaubir, intriguer, stupéfier, exaspérer peut-être, dans le cercle de vos amis et connaisssances en évoquant, mine de rien et comme une chose toute naturelle, l’anachorète qui émet des borborygmes car il est dérangé par un forficule... ou l’ostréiculteur souffrant de scoliose et pratiquant la rhabdomancie... Quand ce n’est pas la zapadliski brandissant son scramasaxe pour se trancher un morceau de zérumbet... Explications détaillées garanties. Nicole Vallée

Signalons aussi :
  • LE PARTICIPE PASSÉ. TOUS LES ACCORDS D’ABAISSER À ZIEUTER, de Jean-Pierre Colignon (Victoires Éditions, 2014, 232 p., 16 €).
  • LE PETIT DICO FRANGLAIS-FRANÇAIS, d’Alfred Gilder, ouvrage dirigé par Jean-Joseph Julaud (First Éditions, 2014, 160 p., 2,99 €).
  • DICTIONNAIRE DE TERMES DE CHASSE PASSÉS DANS LA LANGUE COURANTE. POIL ET PLUME, de Michèle Lenoble-Pinson, préface de Jean Pruvost (Honoré Champion, « Champion classiques », 2013, 258 p., 12 €).

  • * * *
  • COMMENT LES MÉDIAS NOUS PARLENT (MAL), de Mariette Darrigrand (Éditions François Bourin, 2014, 80 p., 9 €).
  • LA GRAMMAIRE NATIONALE SELON DAMOURETTE ET PICHON 1911-1939, de Valelia Muni Toke, préface de Michel Arrivé
    (ENS Éditions, 2014, 346 p., 24 €).
  • SÉRENDIPITÉ. DU CONTE AU CONCEPT, de Sylvie Catellin (Seuil, « Science ouverte », 2014, 272 p., 21 €).
  • SORTIR DE L'HYPNOSE NUMÉRIQUE, de Roland Reuss (Des îlots de résistance, 2013, 150 p., 13 €).
  • NE ME DITES PLUS JAMAIS BON COURAGE. LEXIQUE ANTI-DÉPRIME À USAGE IMMÉDIAT DES FRANÇAIS, de Philippe Bloch
    (Ventana Éditions, 2014, 142 p., 10 €).
  • NE CONFONDEZ PAS, d’Étienne Le Gal (Éditions Manucius, « Le Philologue », 2013, 172 p., 13,20 €).
  • ET SI VOUS CORRIGIEZ LES DICTÉES DU CERTIFICAT D’ÉTUDES ?, sélectionnées et réunies par Daniel Berlion (Larousse, 2014, 64 p., 4,99 €).
  • LE BOUQUIN DES DICTONS, d’Agnès Pierron (Robert Laffont, « Bouquins », 2013, 1 056 p., 30 €).
  • ENSEIGNER LA GRAMMAIRE, sous la direction d’Olivier Bertrand et Isabelle Schaffner, préface de Jean Ehrsam (Éditions de l’École polytechnique, 2013, 452 p., 28,50 €).
  • LE(S) FRANÇAIS DANS LA MONDIALISATION, sous la direction de Véronique Castellotti (E.M.E., 2013, 472 p., 42 €).
  • LE VOYAGE DES MOTS. DE L’ORIENT ARABE ET PERSAN VERS LA LANGUE FRANÇAISE, d’Alain Rey, calligraphies de Lassaâd Metoui (Guy Trédaniel éditeur, 2013, 448 p., 29,90 €).
  • MOTS ET FOURNEAUX, de Tristan Hordé (Éditions du Sud-Ouest, 2013, 528 p., 17,90 €).
Nos adhérents publient
  • Éric Martini honore l’année 1914 en publiant La dernière lettre écrite par des soldats tombés au champ d’honneur 1914-1918 (Glyphe, 2014, 168 p., 10 €).
  • Bernard Leconte : drôle, tendre pour les héros maladroits de la vie, décrit avec une verve aimable L’étrange itinéraire d’un dératé (L’Éditeur, 2013, 160 p., 14 €).
  • En hommage à Michel Courot, Le Cercle d’or présente dans Les Cahiers orthographiques (n° 13, 60 p.) vingt-quatre de ses dictées commentées et une nouvelle inédite.
  • France Univers nous annonce que, à l’occasion du quatrième centenaire de la naissance de Le Nôtre (1613), Michel Mourlet a publié Le Jardin du paradigme (160 p., 14 € ou 25 € avec DVD).
  • Pour faire découvrir les figures de style aux enfants, en les amusant, cet ouvrage joliment illustré d’Anne de Zeere : Au bois des tropes (Edilivre, 2013, 30 p., 8,50 €).
  • Un petit livre de poèmes au charme discret : La Belle endormie, de Jean Berteault, préface de Philippe d’Hugues
    (Éditions Lanore, 2013, 104 p., 10 €).
  • Classiques ou libres, les vers d’Harmonices Juventutis de 1933 à 1944, de Frédéric M. Jenny, témoignent de la maturité de l’adolescent qu’il fut (Publibook, 2014, 52 p., 13,95 €, version numérique 6,97 €).
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