Défense de la langue française   

DLF, n° 266

DICTIONNAIRE DE L’ARGOT-BAILLE, de Joseph de Miribel (plus connu dans la marine sous le pseudonyme de JeuMeu), illustrations de Max Moulin, Éric Vicaire, Alain Besnault, Pierre-Antoine Rousseaux, tous anciens bordaches, préface de l’amiral Pierre-François Forissier, avant-propos de Jean Pruvost
Naturalia Publications, relié, 2017, 368 pages, 30 €
Que voilà du sérieux mais fort bienvenu ! 1 780 entrées, avec définitions, exemples attestés et datés, étymologie complétée par un lexique français-argot-Baille de 900 mots, le tout illustré par les touilles de talentueux Anciens.
Marins, sociologues, linguistes, lexicographes, argotologues, et vous, mes chers Déèléfiens, tous curieux et amateurs de mots et traditions, qui ne sera séduit, voire enthousiasmé ?
De biffe, « exercices de marche à pied », à écubiers, « yeux ». De culot, « dernier », à rouper, « subtiliser ». De fantoche, « fantaisiste », à raqueux, « sale, usé ». De maquer, « se marier », à vasouiller, « s’entretenir de ». Abondante bibliographie. Analyse du corpus. Chansons Baille inédites. Index.

10 RÈGLES DE FRANÇAIS POUR FAIRE 99 % DE FAUTES EN MOINS de Jean-Joseph Julaud

Jean-Joseph Julaud est trop modeste. Ce sont 100 % de fautes que nous n’allons plus commettre grâce à lui. Quand je dis « nous », il s’agit de nous, ses lecteurs ; que la gent des médias soit également touchée par la grâce, permettez-moi d’en douter... quoique... Notre auteur s’étant d’abord adressé aux « nuls »... Alors, quelles sont ces règles magiques ?
1. L’accord des nombres. 2. L’accord du participe passé. 3. Le participe passé avec les verbes pronominaux. 4. Les adjectifs de couleur. 5. Les noms communs. 6. L’adjectif qualificatif. 7. Reconnaître les homonymes. 8. Bien conjuguer. 9. Savoir employer les majuscules. 10. La règle pour connaître la nature et la fonction des mots. Et maintenant, chercher les fautes perfidement introduites dans le texte suivant : Vingts poule marrons se son rencontrés devant des chous dans la Tour du chateau ou il faut qu’on les vendisse comme vous n’étiez pas cent l’ignorer... La solution ? Dans notre prochain numéro ? Assurément. Nicole Vallée Nicole Vallée

PETIT DICTIONNAIRE INSOLITE DES MOTS RÉGIONAUX, de Loïc Depecker
Larousse, 2017, 304 pages, 9,95 €
Comment ne pas être séduit par ce dictionnaire qui, d’une certaine façon, complète Le Petit Dictionnaire insolite des mots de la Francophonie ? Comment voulez-vous ne pas être heureux de retrouver, noir sur blanc, des expressions et des mots entendus dans l’enfance et gravés dans votre tête pour le restant de votre vie ? Ces mots réveillent des voix chères devenues muettes et, même si leur emploi ne vous est plus familier, les voir écrits constitue des rappels qui ne peuvent que vous émouvoir profondément. Aujourd’hui délégué à la langue française et aux langues de France, Loïc Depecker nous offre ici un trésor des mots « de chez nous ». Nous sommes en quelque sorte reconnus. Nous ne demandons qu’à partager tous ces particularismes, toutes ces « façons de dire » qui donnent à notre langue sa saveur, sa couleur, parfois sa cocasserie ; tantôt ils se ressemblent, tantôt ils jouissent d’une autonomie singulière, mais de la Lorraine au Sud-Ouest, de la Provence à la Normandie, ils traduisent tous une « parlure » du cru. Tous ces mots et expressions sont classés par thèmes : agriculture, travaux des champs, propreté, mort, salutations, etc. Bref, toutes les circonstances de la vie sont ici réunies dans leur jargon pittoresque ou très étymologique. Recueil joyeux, nostalgique, drôle, émouvant. De la canchon dormoire du P’tit Quinquin au mâchon lyonnais dans les traboules, ou à la secouette d’Anjou, quel beau voyage dans le temps et dans l’espace ! Jacques Dhaussy

À lire ces trois ouvrages publiés en 2017 aux Éditions Garnier, « Les Petits Guides de la langue française,
Le Monde », 96 pages, 6,90 €
MOTS, EXPRESSIONS ET PROVERBES OUBLIÉS, de Jean Pruvost et Mélanie Mettra
D’abalourdir à zinzolin, en passant par achemeresse, barbacole, catadoupe, druiser, estame, falourde, gastrolâtre, hurlupé, incidenter, jarnie, langueyer, morfiailler, nycement, ocieux, pétoffe, quitterie, raccoiser, suage, trémoussoir, villace, où Jean Pruvost, qui nous régale d’abord d’une préface intitulée « La Belle au bois dormant », a-t-il été pêcher ces mots plus savoureux les uns que les autres ? Et en plus, voilà que le mâtin nous eslèche avec des expressions non moins folichonnes, telles : Attendre sous l’orme ; Courir l’aiguillette ; Laver cornette à une femme ; Pondre sur ses oeufs ; Vous n’en avez pas les gants , et ainsi de suite. Allez juger sur le terrain ! Nicole Vallée

DES MOTS QUI ONT FAIT SOUCHE, de Pascale Cheminée
Les mots sont comme les êtres vivants, certains disparaissent sans laisser de traces, mais d’autres ont des descendants, ils ouvrent une lignée, ils forment la noblesse de la langue. Cela s’appelle faire souche, engendrer de vastes constellations lexicales héréditaires. Pascale Cheminée s’adonne à un travail d’archéologue pour retracer des origines vieilles de plus d’un millénaire, tant les aïeux sont ensevelis sous les métamorphoses du temps. Par exemple, en 842, jour se disait di, seulement deux lettres. On retrouve intact ce petit di dans midi et la semaine entière, du lundi au dimanche. Une racine indo-européenne propose aussi l’ancêtre dei représentant à la fois l’idée de luminosité et de divinité. Mais alors, comment s’explique l’existence de jour ? Ce serait une lente déformation de la prononciation sur deux cents ans, nous explique l’auteur dans une quête exigeante qui traverse la Chanson de Roland. L’arbre généalogique de ces « vieilles familles » se niche parfois dans nos contes et dans la poésie. Chez la grand-mère du Petit Chaperon rouge, « la bobinette cherra» ; et Ronsard célèbre une Dame dont les beautés « cherront comme fleurs ». C’est au futur que nous conjuguons le verbe choir, mais savons-nous à quel point il s’est émancipé ? Vers la fin du XIIe siècle, il se mue en cheance, lequel donnera le substantif chance, à l’image du jeu des dés qui tombent, et à partir de là arrivent échéance, décadence, etc. Faut-il en conclure que, dans les dictionnaires, il n’y a rien de nouveau sous le soleil ? C’est fort possible. Monika Romani

LA LANGUE DES SIGNES FRANÇAISE, d’Olivier Marchal, dessins de Thomas Tessier
Une extraordinaire préface nous détaille l’histoire du langage des signes, des premiers hommes à nos jours. Les signes n’ont pas seulement servi aux sourds, mais aux moines et religieuses voués au silence, aux comédiens et mimes. Vint ensuite une époque où les sourds (peut-être dépourvus d’âme...) étaient exclus de la communauté, interdits de mariage, entre autres. Au XVIIIe siècle, l’opinion change, grâce notamment à l’abbé de L’Épée (1712-1789), auquel succèdent d’autres experts. Puis il fut décidé que les sourds devaient apprendre à lire sur les lèvres et à parler (à cet effet, on leur attachait les mains). Aujourd’hui, enfin, la loi reconnaît la langue des signes française comme « langue à part entière ». Cette langue visio-gestuelle est actuellement utilisée par environ 150 000 sourds et de plus en plus d’entendants. En réalité, la France compte quelque 5 millions de sourds et malentendants. Vous trouverez dans ce texte passionnant, outre l’alphabet dactylologique, une quantité de dessins aussi précis qu’esthétiques, montrant comment signer les mots courts ; signer en s’aidant de son corps ; avec une seule lettre ; les noms signés... L’évolution des signes... Les langues des signes dans le monde... Les gros signes. Index. Bibliographie et sources multimédias. Faites-vous plaisir, instruisez-vous et acquérez ce petit ouvrage, parrainé, comme toute la collection, par Érik Orsenna, de l’Académie française. Nicole Vallée

LA PONCTUATION FRANÇAISE, RÈGLES, USAGES ET PLAISIR DU TEXTE, de Roland Eluerd
Éditions Garnier, 2017, 160 pages, 19,50 €
Ponctuer pour mieux exprimer : un art subtil, voire une nécessité, à la découverte duquel nous convie un alerte spécialiste, grâce, notamment, à des citations empruntées à nos plus grands auteurs, des classiques aux contemporains, de Rabelais à Houellebecq, de Montaigne à Gracq... toutes les sortes de points, la virgule, le point-virgule, les guillemets, parenthèses, tirets, vous dévoilent leurs secrets et vous pourrez les utiliser à bon escient, de façon à éviter toute ambiguïté. « Longtemps, je me suis couché de bonne heure. » (Proust.)
« Rome, assez facile à la débauche, n’a jamais beaucoup apprécié l’amour chez ceux qui gouvernent. » (Yourcenar.)
« La cour est en pente, la maison dans le milieu ; et la mer, au loin, apparaît comme une tache grise. » (Flaubert.)
« Cela eût été grave en tout temps : cela l’était plus que jamais en 421 – à cause d’Argos. » (Romilly.)
Liste des oeuvres littéraires citées. Bibliographie. Nicole Vallée

LES PARLERS JEUNES DANS L’ÎLE-DE-FRANCE MULTICULTURELLE collectif coordonné par Françoise Gadet
Éditions Ophrys, « L’Essentiel français », 2017, 174 pages, 18 €
Voici une étude extrêmement sérieuse et pertinente, voire quelque peu austère, mais d’un grand intérêt et qui vient à son heure. Il s’agit de saisir la diversité des parlers jeunes, les effets sur le français du contact des langues de l’immigration. Grâce à des entretiens « de proximité » et à des enregistrements « écologiques » entre pairs, voici des données inédites sur une langue vivante, peu visible jusqu’à présent. Cet ouvrage s’adresse à un large public d’enseignants, de décideurs dans les champs sociétaux et politiques, voire de parents « déstabilisés » par les façons de parler de leurs jeunes. Index des notions. Bibliographie. Nicole Vallée

MAIS QUI SONT LES ASSASSINS DE L’ÉCOLE ?, de Carole Barjon
Robert Laffont, « Mauvais Esprit », 2016, 232 pages, 18 €
20 % des jeunes Français savent à peine lire. Et ceux qui savent sont en général nuls en orthographe, en histoire, en géographie... Ce qui n’empêche pas certains de réussir leur vie professionnelle. Or, l’auteur de cet ouvrage refuse de s’en tenir là et s’interroge. Pourquoi la suppression des dictées, pourquoi cette faillite dont seraient à condamner les gouvernants de droite comme ceux de gauche ? Pourquoi en voulant rendre l’école moins inégalitaire en être arrivés à la rendre plus injuste ? « Un crime contre la société » ; « Sur les décombres de l’école élémentaire » ; « Tous réacs ! » ; « La grande défausse » : quelques-uns des chapitres de ce texte animé d’une saine indignation, mais aussi d’un espoir certain en l’avenir, et des plus instructifs. Annexes sur les horaires, remerciements à de multiples amoureux de notre culture, célèbres ou non. Nicole Vallée

EXPRESSIONS HUMORISTIQUES EXPLIQUÉES, de Dominique Foufelle
Éditions du Chêne, « Les subtilités du français », 2017, 96 pages, 4,90 €
Vous est-il arrivé d’entendre autour de vous « les gens » s’esclaffer sans comprendre ce qu’ils avaient trouvé drôle dans telle ou telle expression et de vous sentir vraiment « à part » ? Eh bien, cela ne vous arrivera plus grâce à une compétente autant que malicieuse journaliste-écrivaine. Découvrez ici plus de 150 raisons de vous esbaudir en toute connaissance de cause. Quelques exemples choisis : « Poignées d’amour » ; « Larmes de crocodile »; « Dents à rayer le parquet »; « Courir sur le haricot »; « Remonté comme un coucou »; « Tenir la chandelle ». Vous riez, j’en suis fort aise. Mais faites-le à bon escient. Index. Nicole Vallée

Signalons aussi :
  • L’ALMANACH – 2018 – DES AMOUREUX DES MOTS, de Wendy Bouchard et Bernard Fripiat (Larousse, 2017, 384 p., 19,95 €).
  • LES MOTS DISPARUS DE PIERRE LAROUSSE, avec une introduction de Bernard Cerquiglini et une présentation de Pierre Larousse par Jean Pruvost (Larousse, 2017, 224 p., 14,95 €).
  • * * *
  • DICTIONNAIRE DES MOTS EN TROP, dirigé par Belinda Cannone et Christian Doumet (Éditions Thierry Marchaisse, 2017, 216 p., 16,90 €).
  • LE VIVARIUM DES PALINDROMES, de Jacques Perry-Salkow (Fayard, 2017, 140 p., 15 €).
  • FAITES LE POINT. LES RÈGLES INCONTOURNABLES POUR BIEN RÉDIGER, de Marie-France Claerebout (PUF, 2017, 272 p., 12 €).
  • Aux Éditions First, 2017, 208 p., 9,95 €
    FAIRE LA TOURNÉE DES GRANDS-DUCS ET 99 AUTRES EXPRESSIONS HÉRITÉES DE L’HISTOIRE DE FRANCE, d’Hélène de Champchesnel.
    MARCHER À CÔTÉ DE SES POMPES ET 99 AUTRES EXPRESSIONS POPULAIRES, de Catherine Guennec.
  • 15 MINUTES PAR JOUR POUR STIMULER VOTRE ORTHOGRAPHE, de Line Sommant (Larousse, 2017, 160 p., 10,95 €).
  • À LA VIRGULE PRÈS ? PETIT(S) POINT(S) SUR LA PONCTUATION, de Julien Rault (Le Figaro littéraire, « Mots & Cætera », 2017, 136 p., 12,90 €).
  • L’INTENSITÉ ET SON EXPRESSION EN FRANÇAIS, de Clara Romero (Éditions Ophrys, « L’Essentiel français », 2017, 282 p., 18 €).
  • ATLAS DU FRANÇAIS DE NOS RÉGIONS, de Mathieu Avanzi (Armand Colin, 2017, 160 p., 15,90 €).
  • Aux Éditions Garnier, « Les Petits Guides de la langue française, Le Monde », 2017, 96 p., 6,90 €.
    CES MOTS VENUS D'AILLEURS, VOL. I ET II, d’Olivier Bertrand.
    LE FRANÇAIS DES RÉGIONS, de Mathieu Avanzi.
Nos adhérents publient
  • Bernard Leconte nous fait visiter Lille, sous la forme d’une fantaisie pédestre historique... pour évoquer trois siècles et demi d’histoire en compagnie du Roi-Soleil. Passionnant. Louis XIV, Martine et moi. Promenade dans Lille (Éditions Les Lumières de Lille, 2017, 196 p., 14,90 €).
  • Le Dictionnaire encyclopédique de Jeanne d’Arc (Éditions DDB, 2017, 2016 p., 49 €), de Pascal-Raphaël Ambrogi est un ouvrage « à la fois historique, culturel, spirituel et artistique ».
  • Dans sa préface à La Petite Robe noire, de Jean Berteault, (Éditions Thierry Sajat, 2017, 96 p., 12 €), Boris Moissard affirme : « Les poètes sont les bienfaits de la nature. »
  • La Butte rouge, premier roman d’Yves Murie nous entraîne à Avranches aux jours noirs de la Terreur (Éditions Rivages de France, 2017, 200 p., 18 €).
  • L’Oiseau des profondeurs, de Louis Bachoud (Éditions Valensin, 2017, 147 p., 19,90 €) est un beau conte qui nous vient du Maghreb.
  • Christian Massé, dans Le Dévorant (n° 286), présente un « Hommage à Simone Veil (1927-2017), éternelle rebelle et Européenne ». Il réédite La Dernière Nuit de Josepha (Antya Éditions, 2017, 166 p., 13 €). À travers six femmes ayant subi harcèlement et viol, il retrace l’une des époques de l’esclavage en Guadeloupe.
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