Défense de la langue française   


Embarquement sur la frégate anti-sous-marine Latouche- Tréville

24 août 2008 – 28 août 2008

JOURNAL DE BORD


Les Plumiers d’or 2008

Anne-Claire BILLAULT
Alban CLAUDE
Hermine DE LA GIRAUDIERE
François DE MARESCHAL
Constance DE MONTGROS
Anne-Claire DU CHAZAUD
Océane RICHARD
Jean-François MICHALCZYK
Benoît STEMLER
Nicolas TON THAT

DIMANCHE 24 AOÛT (soleil, mer calme)
Après avoir fait connaissance avec leur accompagnateur, Jean-Pierre Rouard, les huit premiers lauréats, arrivés à la gare SNCF de Brest par train ou bien par voiture, ont dû se résoudre à quitter leur famille. Quelques minutes plus tard, notre petit groupe est arrivé au port militaire de Brest où nous avons pu considérer l’ampleur de la frégate Latouche-Tréville. Là, l’aspirant Roze nous a menés, quatre par quatre, jusqu’à nos postes, dans lesquels nous avons déposé nos valises. Ensuite, l’aspirant Roze nous a fait visiter les lieux en nous indiquant des astuces pour se repérer dans l’imposant bâtiment de guerre. Cette visite était d’autant plus intéressante qu’aucun d’entre nous n’avait encore eu l’occasion de visiter un navire de la Marine nationale.

Après quelques parties de cartes acharnées avec les marins du poste, garçons comme filles ont regagné leurs couchettes pour la première nuit à bord.

LUNDI 25 AOÛT (très nuageux, mer calme)
Ce matin-là, à 6 heures, Jean-Pierre Rouard s’est levé pour aller chercher les deux derniers arrivants à la gare SNCF de Brest. Pendant ce temps, les autres, réveillés, ont pris leur premier petit-déjeuner à bord. Puis, nous sommes tous montés sur la passerelle pour assister à l’appareillage, qui a eu lieu à 9 heures. Pendant les premières heures, nous avons tous pu goûter aux joies du mal de mer. À midi pile, nous sommes descendus à la cafétéria pour le déjeuner, où nous avons fait la rencontre de quelques marins. Après ce fameux déjeuner, certains ont joué aux cartes pendant que les autres faisaient une sieste pour oublier pendant quelques instants leur envie de vomir. En fin d’après-midi, l’aspirant Roze nous a distribué un questionnaire sur la frégate, à remplir avant 16 h 30, le lendemain. Chacun a commencé à mener son enquête avant le dîner.

La journée terminée, certains sont partis se coucher alors que d’autres ont prolongé leur soirée, plus particulièrement sur la passerelle, lieu magique et envoûtant.

MARDI 26 AOÛT (nuageux, mer calme)
Huit heures. Le clairon sonne, suivi d’un vif « branle-bas » qui propulse la plupart d’entre nous hors de leur couchette. Après ce doux réveil, suivi d’un petit-déjeuner substantiel, le rendez-vous était en haut de la passerelle extérieure. Grâce aux jumelles, un tour d’horizon à 360 degrés nous permet de découvrir une mer calme. Redescendus à la cafétéria, nous participons au « briefing » du commandant. Moment solennel où chaque chef de service fait le compte rendu de la veille et communique le planning de la journée. Données précises, graphiques explicatifs : les questions du commandant « cueillent » les interlocuteurs, les réponses ne souffrent pas l’à-peu-près. Le tout dans une ambiance d’écoute et de confiance, nous étions « au cœur de la décision ». Nous apprenons ainsi que les exercices se font avec le SNLE (sous-marin nucléaire lanceur d’engins) Le Vigilant : accompagnement du SNLE depuis la veille, exercices d’écoute, lancement de missile. C’est extraordinaire ! Nous comprenons le but de cette mission, nous « participons – un peu – à la force de frappe de la France ». Ce cadeau de la Marine nationale est superbe, et nous en sommes fiers. Après cet instant que nous savourons, le commandant nous reçoit dans son carré. Entre biscuits et collation, il nous félicite pour nos résultats et nous dit combien il est attaché à la langue française, au vocabulaire, à l’expression utilisée. Un nouveau rendez-vous sur la passerelle nous a permis de profiter de la vue de cétacés patrouillant autour du bâtiment de guerre. Les jets d’eau, ainsi que les nageoires, nous permettent d’identifier des baleines. Quelle chance ! Avant de déjeuner, nous visitons l’infirmerie, où le médecin du bord nous explique les particularités de son métier. Il doit être capable d’effectuer les opérations de chirurgie, sans oublier l’extraction d’une dent de sagesse ! Dans l’après-midi, un exercice de sauvetage nous a aidé à comprendre que nous n’avions pas intérêt à passer par-dessus bord. Le temps imparti étant de sept minutes, il faut faire très vite pour mettre le zodiac à l’eau et rechercher, avec l’aide d’un nageur de combat, la personne, en l’occurrence un mannequin. La mise à l’eau du zodiac est impressionnante, ainsi que son repêchage : il ne faut pas qu’il s’écrase contre notre bâtiment. Le soir, beaucoup se sont retrouvés dans le poste opérationnel pour admirer sur les écrans la trajectoire du sous-marin Le Vigilant, tandis que les « oreilles d’or » traquaient le moindre son. Instants magiques, dans la pénombre, à l’écoute du monde invisible !

L’un d’entre nous a même passé une partie de la nuit sur la passerelle intérieure, faisant le point. Un futur marin, c’est sûr !

MERCREDI 27 AOÛT (nuageux, mer calme) Une fois réveillés au son du clairon du « branle-bas », notre petit groupe s’est préparé pour une nouvelle journée de découverte et d’émerveillement à bord de la frégate. Celle-ci semblait de plus en plus familière à chacun d’entre nous au fur et à mesure que le temps passait. Une fois les repères acquis et le navire visité de long en large chaque jour, tout le monde croyait avoir percé les secrets du Latouche-Tréville. Pourtant, aprè un rapide petit-déjeuner, l’aspirant Roze nous a menés vers la salle maîtresse de la frégate, la salle des machines. Un mécanicien nous a tout d’abord bien expliqué la différence entre les turbines à gaz (ce sont les moteurs du Concorde !), silencieuses, rapides, mais consommant beaucoup d’énergie, et les propulseurs diesel, leur parfait contraire. La chaleur et le vacarme assourdissant de ceux-ci ont paru quelque peu contraignants. Il faut tout de même avouer que cette visite valait bien les deux bouchons de accordés à chacun afin de préserver nos oreilles. Le déjeuner avalé, tous se sont précipités sur les jumelles pour tenter d’apercevoir le sous-marin nucléaire faisant surface. La vision du périscope puis du kiosque nous a saisis d’émotion. Les « Oh ! » et les « Ah ! » n’étaient pas surfaits. Et que dire lorsque le Vigilant s’est mis en parallèle avec nous. Cette masse visible où nous distinguions le commandant et ses adjoints était pleine de mystère ! En même temps, le Lynx assurait la protection de l’opération, comme un énorme bourdon autour de nous. Plus tard, nous fûmes invités à une activité plus paisible : la découverte de la coopérative, où chacun a pu faire provision de divers souvenirs : casquettes, porte-clés et polos aux couleurs de la frégate.

Après une partie de cartes, quelques bonbons et un bon repas, tous ont rejoint leur poste et se sont apprêtés à un sommeil bien mérité.

JEUDI 28 AOÛT (éclaircies, mer calme)
Après avoir été surpris par un « branle-bas » annoncé à 7 heures au lieu de 7 h 45 en raison de l’imminence de l’accostage, nous avons pris un petit-déjeuner consistant. Ensuite, nous sommes montés sur la passerelle afin d’assister audit accostage. Le Latouche-Tréville s’est fait escorter par un petit navire qui l’a guidé jusqu’à l’emplacement à quai, à l’aide de cordages reliés aux deux bateaux. Après l’accostage, nous avons contemplé un moment la carcasse du porte-avions Clemenceau qui ira bientôt à la « casse », hélas ! Puis, le discours d’adieu du commandant, les cadeaux qui nous sont offerts, les remerciements et le débarquement sur le quai. Enfin, trajet sans histoire par camionnette jusqu’à la gare, où nous nous sommes petit à petit séparés. Nous venons de « déguster » pleinement la récompense qui nous avait été offerte lors de la remise des prix du Plumier d’or, deux mois auparavant, à Paris.

Un rêve qui s’est réalisé grâce à la Marine nationale.

Merci à notre commandant et à tous les marins.

Sans doute ne reverrons-nous jamais le Latouche-Tréville, qui partira bientôt pour le Liban, vers d’autres contrées lointaines… Les Plumiers d’or ne sont pas près d’oublier !

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