Défense de la langue française   

Union européenne
culture et communication, politique linguistique.

92992.- Question publiée au JO le : 24/01/2006.
L'apprentissage des langues européennes est une nécessité pour l'avenir de l'Union européenne. Á cet égard, différentes méthodes d'enseignement peuvent être utilisées. Actuellement, une innovation consiste en des méthodes liées à l'intercompréhension entre les langues, laquelle permet en partant de connaissances passives de langues de même famille d'entrer plus rapidement et plus facilement dans une langue étrangère. M. Bruno Bourg-Broc demande à M. le ministre de la culture et de la communication quelles sont les intentions du Gouvernement en matière de recours à ces méthodes pour l'apprentissage des langues latines en France.

Réponse publiée au JO le : 07/03/2006
L'honorable parlementaire a bien voulu interroger le ministre de la culture et de la communication sur l'intercompréhension entre langues apparentées. Cette méthode d'approche des langues consiste à s'exprimer dans sa langue et à comprendre son interlocuteur dans la sienne. L'intercompréhension entre langues distingue l'apprentissage des compétences réceptives (lire, écouter) de celui des compétences productives (parler, écrire), beaucoup plus longues à acquérir. L'intercompréhension entre langues apparentées privilégie la compréhension globale d'un énoncé, par la contextualisation et par l'approximation. Diverses pédagogies d'apprentissage de l'intercompréhension sont nées, destinées à des publics variés (jeunes, adultes) et empruntant différents supports (l'internet, le cours présentiel). La didactique des langues s'est emparée du concept depuis deux décennies et a mis au point des méthodes pédagogiques d'apprentissage par l'intercompréhension. La plupart de ces travaux associent diverses universités européennes, le thème de l'intercompréhension étant par nature international. Les universités françaises sont souvent la cheville ouvrière des recherches théoriques et didactiques en la matière. Les dernières avancées méthodologiques de l'intercompréhension entre langues apparentées concernent, d'une part, la compréhension de l'oral en plus de l'écrit et, d'autre part, le passage de sa famille de langues à des familles de langues moins proches : par exemple, pour un locuteur francophone, le passage à la compréhension des langues germaniques après avoir appris à comprendre les langues romanes. L'intercompréhension entre langues apparentées apparaît ainsi comme l'un des moyens par lesquels il est possible de sensibiliser le public aux enjeux du plurilinguisme. Il reste cependant à en assurer la diffusion auprès du corps social, objectif auquel ce ministère est particulièrement attaché. Cette action s'inscrit plus largement dans le cadre de la promotion du plurilinguisme et de la diversité culturelle. L'intégration européenne, la mondialisation ont pour corollaire la multiplication des langues d'échanges, non leur réduction à une seule langue appauvrie. L'enjeu est à la fois d'inciter nos concitoyens à acquérir des compétences en plusieurs langues étrangères et de faire en sorte que la France continue d'être un carrefour de cultures et de langues en dialogue avec les autres nations. Dans le sillage des travaux du Conseil supérieur de la langue française, la délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF) au ministère de la culture et de la communication suit et observe les travaux universitaires concernant l'intercompréhension entre langues apparentées. La DGLFLF a ainsi aidé tous les projets auxquels s'associait une université française : contribution, notamment, à la création d'EuRom 4 vers 1996-1998 (université de Provence), de Galatea et de Galanet (université de Grenoble, 2000-2002), des modules itinéraires romans de l'Union latine (2000-2004), du programme Ev'Lang du Centre européen des langues (Conseil de l'Europe) de Graz (Autriche) ; elle suit actuellement les projets Intercompréhension européenne (université de Reims) et Euromania (IUFM de Toulouse). La DGLFLF a conclu de cette veille que ces outils étaient adaptés aux nécessités de communication plurilingue qui prévalent aujourd'hui. La DGLFLF envisage désormais la mise en place de dispositifs en faveur de la diffusion des méthodes d'intercompréhension entre langues apparentées : dans un premier temps, il s'agit de former des formateurs aux méthodes d'intercompréhension et de créer des produits éditoriaux grand public pour diffuser ces méthodes ; dans un second temps, il conviendra de diffuser la méthode de l'intercompréhension auprès d'acteurs socio-économiques : les chambres de commerce et d'industrie (formation professionnelle), les écoles nationales (dispositifs de formation des élèves), etc. Le ministère de la culture et de la communication a pris l'attache de la Commission européenne pour réfléchir à la diffusion de l'intercompréhension entre langues apparentées dans les institutions communautaires et dans les pays de l'Union européenne. La mise en oeuvre de l'intercompréhension entre langues apparentées au sein de l'éducation scolaire et universitaire relève quant à elle de la compétence du ministère de l'éducation nationale.

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