Défense de la langue française   

affaires étrangères
ministères et secrétariats d'État, affaires étrangères : services extérieurs

62239. - 12 avril 2005. M. Dominique Richard attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur la situation actuelle des centres culturels français. En effet, notre pays dispose d'un atout remarquable avec quelque 150 centres de ce type répartis sur une centaine de pays, dispensant chaque jour des cours de français, organisant des rencontres, des spectacles, des projections de films français... Il s'agit de lieux vivants à destination des Français expatriés et des publics locaux tout en favorisant la diffusion des oeuvres françaises de toutes natures (cinématographiques, audiovisuelles, musicales, littéraires, graphiques...). S'il est vrai que leur activité est variable d'un centre à l'autre, il semble que notre pays aurait tout intérêt à développer une nouvelle ambition pour un tel réseau aussi essentiel au rayonnement de notre patrimoine culturel, à la francophonie et à l'influence de notre pays. C'est pourquoi, afin de rationaliser les moyens et rendre plus performante l'action culturelle extérieure de la France, il lui demande ce que le Gouvernement entend mettre en oeuvre pour ouvrir la réflexion, d'une part, sur les synergies matérielles et financières à trouver avec les autres réseaux français - que sont l'Alliance française ou l'Association française d'action artistique -, ainsi qu'avec les actions culturelles extérieures, et, d'autre part, sur la diversité des sources de financement des centres culturels français, principalement au moyen de judicieux partenariats public-privé, notamment par l'accès au mécénat.

Réponse publiée au JO le : 19/07/2005 : Instruments de la diplomatie française, les établissements culturels sont des outils d'influence, de partenariat et de coopération, au service de la diversité culturelle. Les établissements culturels ont ainsi pour mission de diffuser la culture et la langue françaises, mais aussi de faciliter le dialogue avec les cultures des pays partenaires. Ce réseau s'est constitué au fil des ans ; il est composé, comme le sait l'honorable parlementaire, de deux grandes familles d'établissements : d'une part, les établissements à autonomie financière qui sont des services extérieurs de l'État français et, d'autre part, les alliances françaises qui sont des associations de droit local, très imbriquées dans leur environnement, et qui opèrent en étroite liaison avec les services culturels. L'appui significatif du ministère aux alliances françaises reflète l'importance de ce réseau associatif au sein du dispositif culturel français à l'étranger. Il se répartit en une subvention à l'alliance française de Paris pour son action extérieure (820 000 euros en 2005), des crédits de rémunération des personnels expatriés (29,2 millions d'euros), des crédits d'action culturelle et linguistique (12,5 millions d'euros) et des subventions d'appui aux opérations immobilières (3,2 millions d'euros). Les synergies avec les autres acteurs de la diffusion et de la coopération culturelles s'inscrivent dans la dimension interministérielle de l'action extérieure de la France qui est une préoccupation constante de ce ministère. Le ministère de la culture et de la communication, représenté au sein du conseil d'administration de l'association française d'action artistique (principal opérateur des manifestations culturelles organisées à l'étranger), joue déjà un rôle important. D'autres acteurs de la coopération et de la diffusion culturelles tels que le ministère de l'éducation nationale, les collectivités locales, certains établissements publics, associations et opérateurs, travaillent en étroite coopération avec ce ministère. Le recours au mécénat privé est au premier rang des objectifs des établissements culturels, en particulier dans les pays développés. Ce ministère encourage vivement les responsables de ces établissements à inscrire le travail en partenariat comme priorité de leur action culturelle, non seulement pour d'évidentes raisons budgétaires, mais aussi pour augmenter l'impact et la visibilité des opérations programmées. Nombreuses sont les opérations qui font appel, de manière déterminante, au concours d'entreprises françaises ou à celui de leurs filiales. Les alliances françaises les plus dynamiques savent également utiliser les ressources privées locales pour financer leurs programmations. On peut citer à titre d'exemple le Fonds France culture, qui réunit les contributions des entreprises françaises implantées dans la région du Golfe, le partenariat fécond de la fondation BNP-Paribas avec nos établissements du Royaume-Uni, celui de Lafarge au Maroc. Ce thème sera par ailleurs abordé lors des journées annuelles du réseau de juillet au cours d'un atelier consacré aux « établissements culturels, acteurs de l'économie de la culture ».

Retour sommaire
• Siège administratif : 222, avenue de Versailles 75016 Paris •