Défense de la langue française   

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Assemblée générale de Défense de la langue française 11 mars 2006
Rapport moral 2005


Introduction
Nous voici réunis en assemblée générale pour la quarante-huitième fois. Pour la 48e fois, nous allons énumérer nos inquiétudes et nos espoirs au sujet de notre langue. De façon étonnante, depuis que Paul Camus en 1952 a lancé son cri d’alarme aux seuls journalistes : « Attention ! vous abîmez notre langue, elle ne résistera pas longtemps à vos mauvais traitements », les défenseurs du français ont répondu à cet appel et se sont efforcés, chacun à sa manière, de veiller à sa sauvegarde et à son rayonnement en France et dans le monde.
Nous essaierons de vous présenter, aussi brièvement et aussi complètement que possible, les actions menées, pendant l’année 2005, pour répondre à l’appel de Paul Camus.

Les adhérents
Au 31 décembre 2005, DLF comptait 3 055 adhérents, soit 66 de moins qu’à la fin de l’année 2004, malgré les 307 nouvelles adhésions. Il faut signaler que la toute jeune section de Belgique, DLF Bruxelles-Europe, a recruté 42 personnes, la section de Franche-Comté, 9 ; celle d’Alsace, 7 ; et celle du Nord-Pas-de-Calais, autre toute jeune section, en a intéressé 4. Le cercle Philippe-Senghor a été créé en 2005 par 6 nouvelles adhérentes, dont la présidente Colombe Anouilh d’Harcourt (nous en reparlerons). Vous trouverez en annexe de ce rapport, l’analyse détaillée des nouveaux adhérents et la liste nominative de tous ceux qui se sont employés à les gagner à notre cause, car ils méritent d’être vivement félicités.

La revue
En 2005, votre revue a été tirée en moyenne à 4 825 exemplaires. Comme en 2004, M. Xavier Boissaye a obtenu que Peugeot achète une page de publicité dans les quatre numéros de l’année. La seconde publicité du numéro 215 a été achetée par Contrebande, agence de mannequins dirigée par notre adhérent Éric Perceval, qui souhaitait apporter son soutien à l’association. Cela nous a permis, notamment, d’illustrer en couleur l’article sur l’héraldique. Dans le numéro 218, vous avez trouvé deux publicités supplémentaires : les « Cours de civilisation française de la Sorbonne » ont acheté une page, à l’instigation de Mme Claudie Beaujeu ; la 4e de couverture a été donnée à Air France, qui offre chaque année le billet d’avion du lauréat de la Plume d’or.
Comme l’imprimerie nous proposait, pour le même prix, une couverture en couleur, ces pages de publicités et l’aquarelle de l’Académie française peinte par notre dessinateur Jean Guignard, ont donné un air plus attrayant à notre publication.
Le comité de lecture (dix membres) se réunit au moins quatre fois par trimestre pour noter les articles, les corriger et souvent les abréger. Nos neuf correcteurs, tous bénévoles, sont souvent sollicités dans l’urgence, surtout Mme Claudine Deshayes, qui, la veille du bon à tirer, vérifie qu’il ne reste aucune coquille sur les épreuves corrigées. Remercions-les et remercions les adhérents qui nous adressent des textes originaux et… amusants. Félicitons Mme Françoise Merle et notre administrateur Jacques-Yves du Brusle de Rouvroy qui se chargent respectivement des « Brèves » et des « Échos » ; Mme Anne-Marie Lathière et son équipe qui ont créé pour nos lecteurs le concours annuel « La rapière d’or ». En effet, nous ne pouvions pas laisser plus longtemps nos lecteurs s’essayer aux concours destinés aux enfants de 4e. La rapière a donc été créée pour eux cette année, concours bien ardu, mais qui a permis à une trentaine d’entre vous d’entrer dans la lice. Vous ferez la connaissance du vainqueur, tout à l’heure, pendant le déjeuner.

Les activités
1. Application de la loi du 4 août 1994
Notre association est agréée au titre de la loi dite « Toubon » et consacre une part importante de son activité à en surveiller l’application et à mener les actions contentieuses nécessaires. Me Jean-Claude Amboise, administrateur, qui défend nos intérêts devant les tribunaux, vous donnera les résultats des actions en justice.
Par l’intermédiaire de l’association le Droit de Comprendre, que nous finançons en partie, nous rassemblons les observations des adhérents, nous envoyons des lettres de mise en garde et en demeure puis, à défaut de correction satisfaisante, nous saisissons les services de la Répression des fraudes (DDCCRF). En 2005, le Droit de Comprendre a traité pour nous environ 250 dossiers. Grâce à ce travail, nous maintenons la pression dans le secteur marchand pour que les étiquetages et les notices comportent une présentation en français conforme au texte de loi. Malheureusement, dans les domaines de la publicité, des colloques, de la recherche et des grandes écoles, nous n’arrivons pas, faute de moyens de verbalisation, à faire respecter la loi. Dans le monde des entreprises, si l’anglais continue progressivement à s’imposer, des événements récents nous incitent à croire à un ralentissement, voire à un revirement de cette tendance. C’est d’abord le procès de la GEMS, qui a fait grand bruit dans la presse, et ensuite un article récent des Echos qui traduisait une prise de conscience des entreprises des graves inconvénients liés à l’abandon de la langue maternelle en leur sein. Il faut donc poursuivre notre travail de pression et d’explication.

2. Notre site et l’internet
Ce site créé et maintenu par Roland Renaud-Boué est une vitrine irremplaçable. En 2005, 21 personnes ont adhéré après l’avoir visité. On peut y trouver de nombreuses informations sur la vie de notre association et sur la langue française.
J’adresse régulièrement des communiqués aux adhérents internautes. Ainsi, les adhérents, aussitôt informés de dossiers importants, peuvent se mobiliser pour des actions éventuelles ou, simplement, transmettre, à leur tour, l’information.

3. Rencontre avec les délégations de province
Conformément aux engagements pris lors de la dernière assemblée générale, notre vice-président a entamé une série de visites en province, pour rencontrer les délégations locales ou pour inciter à la création de délégations.
C’est ainsi qu’il est allé à : Bruxelles (création), avec Guillemette Mouren-Verret ; Dinard (rencontre) ; Troyes (rencontre) ; Clermont-Ferrand (rencontre) ; Lille (création), avec Françoise de Oliveira ; Amboise (rencontre) ; Chambéry (création).

4. La vigie audiovisuelle
Arlette Renaud-Boué recueille les observations de quelques membres, les met en forme après vérification et les transmet régulièrement au CSA et aux directions des stations de radio et de télévision. Cette vigie sert à relever les fautes de langage commises par les journalistes, mais aussi les utilisations particulièrement pertinentes de la langue française. Nous notons des améliorations, mais c’est un travail de longue haleine et nous avons besoin de votre opiniâtreté. Tout ne se corrige pas à la première remarque. Il faut être plus têtu que les fautifs.

5. Interventions médiatiques et politiques
Notre volume d’actions est important et les résultats encourageants.
- Rencontre avec le sénateur Philippe Marini puis avec le sénateur Jacques Legendre (cette 2e rencontre, avec Marc Favre d’Échallens- [MFE] au sujet de la modification de la loi du 4 août 1994.
- Publipostage de MFE aux acteurs médiatiques pour les sensibiliser à la langue française.
- Publipostage aux chefs de file politiques à l’occasion du référendum européen pour invoquer la question de la langue française et du multilinguisme.
- Publipostage aux parlementaires pour contrer l’offensive du MEDEF sur la ratification du protocole de Londres.
- Nombreuses lettres à différents ministres, Premier ministre et président de la République.
- Rencontre de personnalités dans le cadre d’une action pour le français dans la recherche (Pr Bernard Debré, Pr René Frydmann, M. Trautmann, représentant des chercheurs).
- Rencontre avec M. Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et de la Communication (avec MFE) et contacts réguliers avec la DGLF.
- Présence de DLF auprès des représentants des salariés lors du procès en appel de la GEMS.
- Plusieurs articles de Marc Favre d’Échallens dans la grande presse (Le Figaro, Le Monde, Les Echos ...) et diverses publications (Bulletin municipal du Vésinet, Le Royaliste).
- Interventions radiophoniques de MFE (Europe 1, RTL, radio Courtoisie).
- Apparition de MD sur la télévision locale (Clermont-Ferrand).
- Différentes lettres aux parlementaires français et européens, aux commissaires européens, à des acteurs importants de la vie civile (M. Lombart de France Télécom, Mme Parisot du Medef ...)
- Un certain nombre d’adhérents interviennent également par écrit. Malheureusement, tous ne nous transmettent pas copie de leur lettre. Citons, parmi les plus actifs, nos administrateurs Marc Favre d’Échallens, Claude Chaussepied (qui tient également un stand pour DLF lors du forum des associations dans le 12e), Jacques-Yves du Brusles de Rouvroy.
- Pour l’internet, Daniel De Poli, adhérent du Bas-Rhin, est un chasseur inlassable des sites non conformes à la législation en ce qui concerne particulièrement la double traduction. En collaboration avec DDC et la DGLF, il mène avec succès une action d’information et de mise en demeure.
- Notre administrateur Jacques Dhaussy nous dit quelques mots sur la suite de l’action menée en Estonie par le cercle François-Seydoux.

6. Relations avec les autres associations
D’une manière régulière ou occasionnelle, nous sommes en relation avec de nombreuses autres associations : plusieurs de nos adhérents et administrateurs sont d’ailleurs impliqués dans le fonctionnement de certaines d’entre elles.
- Marc Favre d’Échallens et Marceau Déchamps sont administrateurs de Droit de comprendre ; - Alain Patry préside l’Association des professionnels de la traduction des brevets d’invention ;
- Gilbert Sibieude préside Famille, école, éducation (www.lire-ecrire.org) ;
- Albert Salon préside Avenir de la langue française ;
- Raymond Besson préside le Cercle littéraire des écrivains cheminots ;
- Arlette Renaud-Boué préside le Développement de l’entraide francophone yvelinoise ;

7. Carpette anglaise
DLF s’associe à cette manifestation, Marc Favre d’Échallens en assurant le secrétariat et participant au jury en tant que secrétaire général de DDC, Guillemette Mouren-Verret y représente DLF.
Cette année, c’est Didier Lombard, P.-D.G. de France Télécom qui a été « honoré » (si l’on peut dire) pour le lancement de nouveaux services, tous affublés de noms anglais.

8. Récompense
Prix du Mot d’or décerné à Marceau Déchamps par l’association Actions pour promouvoir le français des affaires (APFA). Il partage cette récompense avec les adhérents qui assurent une veille terminologique et collaborent ainsi à la vitalité de la langue française.

9. Le fonctionnement
Malgré son handicap qui lui interdit de sortir de chez lui, Jacques Pépin est très actif grâce à l’internet. Il assure la relecture des lettres et communiqués, la réponse aux questions de grammaire ou d’orthographe parvenant par notre site, et il constitue une base de données de tous les articles de la revue...
Au secrétariat, Odile Chauvel fait preuve d’un dévouement et d’un sens de la relation apprécié de tous. Nous remercions nos adhérentes Germaine Defort et Françoise Daouben qui lui apportent, bénévolement, une aide ponctuelle très efficace.
Patricia Duthion, chargée de communication, travaille à mi-temps. Son activité, moins connue des adhérents, a été consacrée cette année à la publicité pour notre association et au lancement de délégations en province.
Activités des sections : rapport du professeur Pierre Arhan, qui sera publié dans la revue.
Les délégations de province, participent grandement à la défense et à la promotion de notre langue. Elles organisent des déjeuners, des dictées, des conférences, elles participent aux événements locaux ou produisent des articles dans les journaux, elles interviennent auprès des élus locaux ou nationaux pour faire valoir notre cause. Notre revue publie régulièrement les comptes rendus que les délégations nous font parvenir, vous en avez donc connaissance chaque trimestre.
Il faut les féliciter dans leur ensemble et le conseil d’administration s’engage à les aider à fonctionner et à se développer. C’est dans ce sens qu’une réunion des responsables de délégation a eu lieu hier, rue Émile-Dubois, pour la première fois dans l’histoire de DLF. Nous souhaitons qu’elle marque un nouvel élan de notre association en province.

10. Les dictées
Plusieurs adhérents les organisent pour faire connaître DLF :
– Germaine Jallas et Gérard Morin : dictée de Vincennes, le 22 janvier 2005 (110 concurrents) ;
– Dominique Montoux, trésorière de la section de Touraine : dictée ludique de Tours, le 14 mai, dictée rédigée et commentée par Jean-Pierre Colignon ;
– il faut signaler que notre administrateur Jean-Pierre Colignon rédige chaque année une vingtaine de dictées et offre des abonnements d’un an à notre revue aux lauréats de celles qu’il organise lui-même (Boulogne-Billancourt, Nantes, Paris...) ;
– Suzanne Commerçon (section du Morbihan) : pour le club d’orthographe de Plouay, le 11 juin, et pour le club d’orthographe de Quiberon le 1er octobre 2005 ;
– Alain Jallas, pour et avec la mairie : 6e dictée d’Orsay, 26 novembre (150 concurrents).

11. Les concours
Le plumier d’or : ce concours, créé en 1997, est destiné à encourager les professeurs de français qui s’efforcent – ils sont encore très nombreux – de donner à leurs élèves le goût et le respect de la langue ; il est aussi destiné à nous faire connaître du plus grand nombre de gens : des principaux de collège, des professeurs, des élèves et de leurs familles. En 2005, 10 000 élèves de 4e des collèges ont concouru en France et dans les établissements français de l’étranger. La Marine nationale nous apporte toujours un soutien exceptionnel : une réception des 60 lauréats est organisée dans les salons de l’Hôtel de la Marine, place de la Concorde, un déjeuner est offert par l’épouse du chef d’état-major de la Marine aux lauréats venus de l’étranger et les dix premiers ont embarqué sur le Charles-de-Gaulle pendant une semaine l’été dernier, accompagné par Michel Crozier qui les a fort bien surveillés. La lauréate du concours était libanaise et son français remarquable lui était enseigné dans une école privée de son pays. Son premier contact avec la France a donc été cette distribution de prix dans les grands salons du palais de Gabriel. Le ministère des Affaires étrangères a participé aux récompenses de nos lauréats. Sabine Eck obtient de nos mécènes les très beaux cadeaux, qui sont indispensables à tout concours.
Le Plumier d’argent : après le Plumier d’or, les meilleurs candidats d’une région sont invités à faire ce deuxième concours qui leur permet d’être fêtés et récompensés sur place. Ce Plumier d’argent est organisé dans le Loir-et-Cher et à Vichy par les responsables des sections.
La plume d’or : depuis l’an 2000, ce concours soutient l’enseignement du français dans les Alliances françaises du monde entier. Le sénateur André Ferrand, représentant les Français établis hors de France, nous permet de récompenser nos lauréats : en 2005, la lauréate roumaine, Andreea Spataru, fut invitée par M. Christian Poncelet à recevoir son prix lors d’un cocktail dans les salons de la présidence du Sénat.
Nombreux sont ceux qui permettent la réalisation de ces concours : Michel Crozier, depuis Vichy, s’occupe de toutes les inscriptions au Plumier d’or, de la réception et du tri des copies. Vous connaissez tous déjà son zèle et sa compétence. Grégoire Boucher, se charge de toutes les relations internet avec les candidats de la Plume d’or. Sabine Eck découvre chaque année pour nous de nouveaux mécènes. Les sujets sont élaborés de septembre à janvier par une équipe dont la compétence augmente chaque année : Jeannine Aubrun, Claudie Beaujeu, Pierre Edrom, Claudie et Jean-Baptiste Guérin, Monique Labrousse, Anne-Marie Lathière, Geneviève Neubig, Annie Sagalow, Romain Vaissermann. Qu’ils en soient ici remerciés !
Le concours Philippe-Senghor : le cercle Philippe-Senghor, au sein de DLF, a organisé ce concours pour les enfants africains, en souvenir de Philippe Senghor, le fils décédé prématurément de Léopold Sedar Senghor. Principe de ce concours lancé par Mme Colombe Anouilh d’Harcourt : une classe primaire, dirigée par son instituteur, rédige une nouvelle dont l’amorce a été écrite par Erik Orsenna. Le Maroc, le Sénégal, la Guinée équatoriale et le Mali ont concouru cette année, 80 écoles au total. Les meilleures nouvelles sont publiées : quatre petits livres, en édition bilingue qui reprend la langue de chaque pays, livres joliment illustrés par les élèves, présentés dans un coffret. C’est au Salon du livre de Paris, le 22 mars, que cet ouvrage sera présenté. Il sera envoyé en Afrique, en cadeau, à toutes les écoles qui y ont participé. Le concours a été subventionné par l’Agence intergouvernementale de la Francophonie, le ministère de la Culture et de la Communication et l’institut du Rosey, à Lausanne.

12. Nos adhérents
– assurent des émissions de radio sur la langue française (Éveline Toillon et le professeur Jean-Marie Dubois de Montreynaud, sur RCF [Radios chrétiennes en France], notre présidente d’honneur, Brigitte Level, sur Radio Courtoisie) ;
– organisent des concours de poésie (Marie-André Balbastre, Joël Conte...) ;
– témoignent de la vitalité de la langue française dans le monde au long de conférences (Louise Peloquin, Axel Maugey...).

13. Les publications de nos adhérents
• Chaque semaine, Bernie signe, dans La Manche libre, « L’origine des mots », et la section de Bordeaux la chronique « Parler franc » de Sud-Ouest Dimanche. Bruno Dewaele publie un mardi sur deux dans La Voix du Nord une chronique intitulée « Langage ».
• Plusieurs de nos adhérents ont publié des livres sur la langue française en 2005 :
– Pascal-Raphaël Ambrogi : Particularités et finesses de la langue française ;
– Jean-Pierre Colignon : La Majuscule, c’est capital !
– Jean-Pierre Colignon (et Bénédicte Gaillard) : Toute la grammaire ; Toute l’orthographe et Toute la conjugaison.
– Claude Gruaz : Aspects du mot français ;
– Édouard Guitton (et Georges Buisson) : Œuvres poétiques d’André Chénier. Tome I.
– Gilles Henry : François de Malherbe, gentilhomme et poète, 1555-1628 ;
– Jean-Joseph Julaud : La Littérature française pour les nuls ;
– Jacques Lacroix : Les Noms d’origine gauloise. La Gaule des activités économiques.
– Bernard Leconte : Qui a peur du bon français ?
– Daniel Miroux et l’Alliance Champlain : Le français une langue en mouvement.
– Gilbert Sibieude (et Gilbert Castellanet) : Apprendre à lire à la maison. Guide des méthodes de lecture.

Objectifs 2006
Si nous portons nos ambitions à refaire ce qui a été fait en 2005 en matière de concours, dictées et animations diverses, nous avons déjà devant nous une somme de travail et de dévouement importante. Sans doute nous retrouverons-nous les mêmes attelés à la tâche et voilà pourquoi je vous pose la question de la pérennité de certaines de vos activités.
Nous aurons 11 000 élèves de collège qui concourent pour le Plumier d’or et des lauréats émerveillés qui seront accueillis dans le magnifique ministère de la Marine, et une dizaine partiront faire une croisière sur un bâtiment de guerre. Des étudiants étrangers jeunes ou moins jeunes mettront leurs connaissances à l’épreuve du concours de la Plume d’or. Le lauréat (deux, cette année) aura le bonheur d’être reçu à Paris, au Sénat. Tous ceux qui conçoivent les épreuves, organisent les concours, trouvent des prix, savent combien la cause de la langue française en tire bénéfice auprès des jeunes et des étrangers. Pour cette raison profonde, les mêmes se remettront au travail, mais nul doute qu’ils accueilleraient avec plaisir et soulagement une aide venue de nos rangs.
Les lauriers de la francophonie : concours qui sera organisé à Vichy par Michel Crozier en partenariat avec la municipalité, la médiathèque, le Pôle universitaire et technologique, et le CAVILAM.
Le prix de la Plume d’or 2005 sera bientôt remis aux deux lauréats victorieux, une jeune étudiante de Perm en Russie et un Irlandais d’un âge certain. Air France nous offre le voyage Paris-Moscou ; Marina Ivonina sera reçue chez Guillemette Mouren-Verret pendant une semaine. La section Champagne-Ardenne invite les lauréats pendant toute une journée à visiter Reims, sa cathédrale, sa basilique Saint-Remi et à déguster du champagne dans l’une de ses caves, tout cela sous la houlette, ou plutôt la tutelle bienveillante et cultivée de M. Jacques Dargaud. Cent autres lauréats sont récompensés par des diplômes et des livres.
La revue trimestrielle, qui représente des centaines d’heures de travail, de tension, voire d’anxiété, sortira encore chaque trimestre car celle qui la compose et la fabrique, les membres du comité de lecture et les correcteurs savent l’importance vitale qu’elle a pour notre association. Nous ne doutons pas qu’ils continueront à servir DLF avec conviction, mais comment ne pas imaginer qu’ils puissent souhaiter de voir leur tâche allégée ?
Nous essaierons de répondre à toutes les attaques contre la langue française.
L’application de la loi du 4 août 1994 fait partie de nos objectifs permanents et importants. Nous vous demanderons encore d’être attentifs et de nous fournir les éléments nécessaires à la constitution de dossiers. Notre objectif n’est pas de traîner les fautifs devant les juges. Lorsque nous sommes amenés à le faire, c’est que nous avons épuisé tous les moyens de recours ou que le fautif fait preuve d’une mauvaise volonté évidente.
Nous recherchons avant tout à bien faire connaître la loi, à montrer notre vigilance et à stimuler les services de contrôle. C’est une tâche importante que nous assurons avec détermination, en collaboration avec les autres associations (principalement Avenir de la langue française et le Cercle littéraire des écrivains cheminots) en nous appuyant sur la compétence et le travail de l’association.
Droit de comprendre. Rappelons que nous sommes agréés, au titre de cette loi, par décret ministériel, et que nous recevons une subvention de la Délégation générale à la langue française. Nous devons mériter cette confiance et justifier ces aides.
Nous poursuivrons en 2006 la création de délégations de province et apporterons toute l’aide possible aux délégations existantes. L’avenir de notre association et le succès de notre cause en France passe par une plus grande présence visible sur l’ensemble du territoire national. Bien entendu la section de Bruxelles-Europe bénéficiera de la même attention.
Le combat pour la langue française dans les institutions, européennes en particulier, ne peut maintenant se faire que dans le cadre d’une défense plus générale du multilinguisme. La pression hégémonique de l’anglais est trop forte pour que nous puissions y résister seuls. C’est pourquoi nous accueillons avec intérêt le projet de Ligue linguistique européenne proposé par la Verein Deutsche Sprache. M. Schramen nous en parle.
Sur le plan de l’intendance, il faudra peut-être en 2006 nous mettre en quête d’un nouveau local pour accueillir notre siège administratif. Les bureaux de la rue Émile-Dubois vont certainement nous être repris. L’état de nos finances nous permet d’envisager l’achat de bureaux, ce qui mettrait fin à notre « vagabondage locatif ».
L’année 2006 a déjà été marquée par une mobilisation d’importance de nos associations pour l’affaire des Brevets. Défense de la Langue française y a pris sa part et nous en étions satisfaits. Alain Patry nous donne les dernières nouvelles.

Conclusion
La liste de nos activités a été longue. Et pourtant, sommes-nous satisfaits de nous-mêmes ?
Je ne répondrai pas à cette question. Nous avons fait tout notre possible, nous avons essayé, mais lutter contre une force d’inertie, le snobisme et des intentions commerciales parfois malveillantes, est une rude épreuve. Ayons donc la patience des Chinois qui ramassaient des cailloux dans leurs paniers. Ne nous décourageons jamais ! Heureusement, vous êtes là, et nous savons que chacun d’entre vous souffre et agit, chaque fois qu’il entend un barbarisme ou lit un solécisme. Heureusement, vous êtes là, pour faire rayonner notre langue dans le monde, pour nous soutenir et nous rappeler que l’union fait la force. Heureusement, vous êtes là !

Françoise de Oliveira, Marceau Déchamps et Guillemette Mouren-Verret
• Siège administratif : 222, avenue de Versailles 75016 Paris •