Défense de la langue française   
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
DU 6 AVRIL 2002
RAPPORT MORAL


    Introduction
    Lorsque je lui ai parlé de ce rapport moral, la semaine dernière, Jean Dutourd m'a dit : « Un rapport moral est forcément immoral, car cela consiste surtout à se complimenter. » Je m'en voudrai de contredire notre président... d'autant plus que nous avons quelques vrais sujets de satisfaction !

    Les adhérents
    Et pour commencer, félicitons-nous d'avoir enfin franchi le cap des 3 000, puisque, au 31 décembre 2001, DLF comptait 3 100 adhérents et abonnés. Rappelons que nous n'étions 2 537, en 1999. Cette progression est due à
    — l'action individuelle des adhérents :
    • Bernie de Tours a obtenu l'adhésion de 40 personnes en 2001 (36 en 2000 et 25 en 1999 !) ;
    • d'autres comme Alain Patry, Michel Tivoly et le Pr François Rousselet ont amené une vingtaine d'adhérents ;
    — l'action des sections régionales, tout particulièrement celles de Franche-Comté (18), de Loir-et-Cher (16), d'Alsace et de Bordeaux (11 chacune)...
    — les sollicitations dans la revue :
    • la vignette proposant d'envoyer un exemplaire à la personne choisie par le lecteur a apporté 82 adhésions pour 672 envois, entre janvier 2001 et mars 2002 ;
    • et l'offre, à tout nouvel adhérent, d'un abonnement gratuit pour la personne de son choix (21 nouveaux abonnés)... Vous trouverez en annexe l'étude faite par notre déléguée générale Françoise Fermentel.

    La revue
    Les numéros 199, 200 et 201 ont été tirés à 3 900 exemplaires, et le numéro 202 à 4 000. Nous continuons à changer la couleur de la couverture pour éviter l'impression de « déjà vu - déjà lu », ainsi que la citation - toujours optimiste - sur la langue française, citation que nous sommes heureux de retrouver un peu plus tard dans d'autres revues.
    La défense de la langue française étant désormais indissociable de celle des autres langues, nous avons ouvert une rubrique sur « Les langues de l'Europe ».
    Vous êtes très nombreux à déclarer par quelques mots charmants, et souvent enthousiastes, la variété et la qualité des articles. Néanmoins, quelques lecteurs, toujours les mêmes, dévorent la revue en cherchant l'erreur. Nous rappelons que les opinions émises dans chaque article n'engagent que son signataire et que nous transmettons les critiques à qui de droit.
    Félicitons les membres du comité de lecture qui corrigent, et parfois résument, des dizaines de textes, et les correcteurs, tous bénévoles, auxquels il est souvent demandé de travailler dans l'urgence. Mais remercions aussi les nombreux adhérents qui nous envoient des articles et acceptent que leurs textes soient remaniés ou abrégés...

    Les autres activités
    Toutes les activités de DLF, à Paris comme en province, sont présentées dans les vingt dernières pages de chaque revue. Le Pr Pierre Arhan, responsable des sections, vous décrira la situation des différentes filiales régionales.
    Pour les réunions parisiennes :
    — le 28 mars, notre prix Richelieu 2001 a été décerné à Jean Amadou, pour ses chroniques sur Europe 1 ;
    — Michel Mohrt, de l'Académie française, Stélio Farandjis, secrétaire général du Haut Conseil de la Francophonie, et Paul Sabourin, président du Cercle Richelieu Senghor, ont été les invités d'honneur de trois des quatre déjeuners annuels, celui de Noël étant strictement convivial.
    — Comme chaque année depuis 1998, nous avons accueilli à la mairie du 8e les nouveaux adhérents de la Région parisienne pour leur présenter l'association et les inciter à nous aider.
    Car, pour nous aider, les choix sont multiples, comme le prouvera la liste des actions menées en 2001, soit pour le respect et la beauté de notre langue, soit pour sa survie :
    — Le Plumier d'or (près de 6 300 élèves de 4e, 60 lauréats reçus dans les salons du ministère de la Marine) ; il faut en féliciter notre administrateur Françoise de Oliveira, Arlette Renaud-Boué et toute l'équipe de rédacteurs et de correcteurs, sans oublier Sabine Eck qui trouve de nombreux mécènes ;
    — La Plume d'or, nouveau concours destiné aux élèves des Alliances françaises du monde entier (25 pays, 910 candidats, 81 récompensés). Le lauréat, un jeune Moldave, a été reçu pendant trois jours à Paris, et accueilli au palais du Luxembourg par le sénateur André Ferrand qui soutient et encourage ce concours ;
    — les dictées d'Orsay et de Vincennes ; remercions M. et Mme Jallas et tous ceux qui les ont aidés ;
    — le colloque sur Littré, grâce à notre administrateur Michel Mourlet, qu'il faut applaudir d'avoir présenté inlassablement DLF, au stand de France Univers, sa propre maison d'édition, pendant les six jours du Salon du livre ;
    — les jeux-concours que Jean-Pierre Colignon a organisés dans plusieurs villes de Bretagne, où il apporte des revues ou des affiches de DLF ;
    — les interventions écrites ou orales des adhérents ;
    — les conférences organisées dans toutes les sections régionales, auxquelles Claude Koch participe souvent ;
    — les concours régionaux préparés par quelques sections, comme celles de Toulouse et de Loir-et-Cher ;
    — la promotion de DLF en tenant un stand dans toute exposition, foire ou forum, comme l'ont fait Bernard Segard à Auray, la section de Franche-Comté à Besançon ou la section de Toulouse dans cette ville ;
    — les relevés d'écoute des chaînes de radio et de télévision, vaillamment synthétisés pour le Conseil supérieur de l'audiovisuel par notre ami Louis Holstein - qui vient malheureusement de nous quitter.
    — les émissions de radio (dont celles de notre vice-présidente Brigitte Level sur Radio Courtoisie et celles du Pr Jean-Marie Dubois de Montreynaud sur RCF [Radios chrétiennes en France]) et les articles sur la langue française, à Paris, en province, en Belgique et en Suisse. Dans ce domaine, il faut féliciter la section de Bordeaux (et spécialement le Dr Philippe Lasserre, administrateur) qui continue à alimenter chaque semaine la rubrique « Parler franc » dans Sud-Ouest Dimanche ; Bruno Dewaele qui publie tout aussi régulièrement de longs articles et des jeux dans La Voix du Nord ; et M. Maurice Aubrée qui, pendant 4 ans, sous la signature de Défense de la langue française-section de Bretagne a fourni à Ouest-France, pour sa rubrique « Parlons français », une multitude d'articles, qu'il rassemble dans un ouvrage à paraître prochainement ;
    — rappelons à ce propos quelques ouvrages publiés par nos adhérents en 2001 :
    • Pour l'amour du français, du professeur Jean-Marie Dubois de Montreynaud, qui y affiche son appartenance à DLF ;
    • Le Petit Livre du français correct et Le français correct pour les nuls, de Jean-Joseph Julaud ;
    • de Jean-Pierre Colignon : Un point c'est tout ! La ponctuation efficace ; du même, avec André Jouette : Le nouveau savoir-écrire, guide pratique de correspondance ;
    • Armand, le petit académicien, de Jacques Dhaussy, administrateur de DLF ;
    • Des mots de chez nous, de Pierre Henry (Suisse) ;
    • Vademecum du vocabulaire de la santé, du Pr Pierre Delaveau ;
    • Enfin, d'Axel Maugey : De la francophonie québécoise à la francophilie internationale.
Voilà pour le respect et la beauté de la langue française. Voyons maintenant les actions menées pour sa survie :
    — la rédaction et la publication du livre Les Français et leur langue en 2001 a mobilisé plusieurs administrateurs et, tout particulièrement, Marc Favre d'Échallens (qui en présente les retombées) ;
    — la Carpette anglaise - qui stimagtise l'utilisation de l'anglo-américain par nos élites - préparée avec l'Association pour la sauvegarde et l'expansion de la langue française, Avenir de la langue française, le Cercle littéraire Étienne-Cattin (Association des écrivains cheminots) et Le Droit de comprendre ;
    — les lettres - innombrables - que notre vice-président Marceau Déchamps adresse aux ministères, aux sénateurs et aux députés, aux chefs d'entreprise, aux médias, aux syndicats... pour signaler les attaques contre notre langue ou pour remercier des efforts en sa faveur ;
    • les communiqués - par dizaines - qu'il envoie aux internautes pour les informer et leur demander de relayer ses protestations ;
    • les multiples rendez-vous qu'il organise pour faire connaître DLF ;
    • bref, Marceau Déchamps est sans cesse sur le qui-vive pour que l'association prenne de plus en plus de poids.
    — Félicitons et remercions aussi :
    • Marc Favre d'Échallens qui répond volontiers à tous les journalistes qui s'adressent à nous pour rédiger un article ou faire une émission de radio sur la langue des entreprises, les anglicismes, la Carpette anglaise, etc. ;
    • Jean-Claude Amboise, administrateur, récemment nommé au barreau de Paris, qui s'occupe du contentieux et qui va vous en dire quelques mots ;
    • Roland Renaud-Boué, notre maître en internet, qui fait vivre et améliore sans cesse le site de DLF ;
    • Jacqueline Radais, Évelyne Abarbanell Stransky et Danièle Camus qui aident le plus souvent possible Françoise Fermentel.
    Il faudrait citer encore notre président Jean Dutourd et tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, ont œuvré en 2001 pour la promotion de la langue française.
    Rappelons enfin que :
    – nous avons été reçus, le 21 mars 2001, avec les autres associations de défense et de promotion de la langue française, par Mme Catherine Tasca, qui n'a toujours pas donné suite aux projets ni aux bonnes intentions qu'elle nous avait elle-même annoncés ;
    – nous avons travaillé le plus souvent possible avec ces associations, notamment sur la question de la traduction des brevets européens.
    2001 a donc été une année bien remplie mais pour 2002, nous aurons besoin de toutes les énergies pour poursuivre nos actions et en imaginer de nouvelles.

    Les actions et les projets en 2002
    Nous venons d'adresser aux candidats à l'élection présidentielle un questionnaire pour connaître leur position sur la langue française en France et dans le monde. Nous le ferons également auprès des partis politiques pour les élections législatives.
    Nous avons manifesté, avec les autres associations, devant le ministère de la Culture et de la Communication pour protester contre la circulaire de Mme Tasca concernant les pictogrammes.
    Claire Goyer, administrateur, vient de participer à la création de l'Observatoire international de la langue française, à Bruxelles.
    Le prix Richelieu 2002 a été décerné le 15 mars à Bernard Le Saux pour la qualité de son travail dans la presse écrite. En 2003, ce prix sera attribué à un journaliste de la télévision. Regardez souvent la télévision et proposez-nous des candidats-journalistes.
    Les concours 2002 ont été lancés dès le mois d'octobre et sont bientôt terminés : il faut déjà songer à ceux de l'année prochaine. Françoise de Oliveira nous en parle et nous présente en même temps son nouveau projet de visite des Parisiens dans les sections : le 29 avril     la section de Loir-et-Cher, présidée par Michel Crozier les invite à se rendre à Romorantin.
De nouvelles dictées et d'autres concours sont programmés, en particulier en Touraine et en Loir-et-Cher, à Vincennes et à Orsay.
    Il faudra aussi :
    • Relever les erreurs de langage à la radio et à la télévision et les adresser à Arlette Renaud-Boué, qui se chargera de la synthèse des écoutes audiovisuelles destinée au CSA.
    •Relever aussi dans la presse écrite toutes les informations concernant l'usage de l'anglo-américain ;
    • Chercher des annonceurs pour la revue et mettre des publicités pour DLF dans des magazines.
    • Redonner une dynamique au Cercle des journalistes.
    • Travailler avec les associations étrangères pour la promotion du plurilinguisme en Europe.     Et, bien entendu, il nous faudra recruter au moins autant d'adhérents, et trouver le moyen de garder au sein de DLF ceux qui ont la tentation de nous quitter.
        Donc, beaucoup d'actions sont prévues en 2002 mais il ne faut pas que cela vous empêche de lancer d'autres projets. Vous avez sûrement des idées. Elles seront accueillies avec enthousiasme. Et, pour vous encourager, je vous rappellerai que DLF est souvent citée dans les grands quotidiens ou les magazines.

    Conclusion
    Si beaucoup d'entre vous ne ménagent pas leur peine, c'est parce que nous sentons tous à quel point notre langue est menacée et, au fond, à quel point toutes les langues sont menacées. Continuons à nous battre et à répéter autour de nous qu'il faut réagir avant qu'il ne soit trop tard.
Guillemette Mouren-Verret
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