Défense de la langue française   

coopération, développement et francophonie
centres culturels à l'étranger. fonctionnement. financement

82255. - 27 décembre 2005. M. Bruno Bourg-Broc
La France s'est clairement engagée en faveur de la promotion de la diversité culturelle. Or depuis quelques années, les efforts de rationalisations de dépenses budgétaires se concrétisent par le fermeture d'un certain nombre de centres culturels et d'Alliances françaises à l'étranger. On peut ainsi citer la fermeture des centres de Kiel, Heidelberg, Erlangen, Karlsruhe et Bonne en 2001, Sarrebruck en 2002, Porto et Graz en 2004, Gand et Gênes cette année. Ces fermetures se font bien évidemment au détriment de la présence et du rayonnement français à l'étranger. M. Bruno Bourg-Broc souhaite attirer l'attention de Mme la ministre déléguée à la coopération, au développement et à la francophonie sur la situation de l'Institut français de Vienne dont un grand quotidien (Le Figaro du 21 décembre 2005) vient d'annoncer qu'il cessera ses cours de français à partir du printemps 2005. L'offre de cours de langue française en Autriche se réduit pratiquement aux capacités de l'Institut. Cibler l'offre de tels cours uniquement en direction du monde de l'entreprise, des juristes ou d'autres catégories professionnelles comme cela semble être prévu, revient à réduire de manière drastique la potentialité d'apprendre le français dans ce pays. Alors que l'Autriche s'apprête à présider l'Union européenne et qu'elle vient d'adhérer à l'Organisation internationale de la Francophonie, il s'agit là, de la part du Gouvernement français, d'une décision qui va à l'encontre de la volonté affichée de promouvoir la francophonie à travers le monde. La présence et l'influence française ne pourront que reculer dans de telles circonstances. Il est également évident que réduire la présence culturelle de notre pays au sein des pays d'Europe de l'Est ne renforcera pas, bien au contraire, la défense des positions françaises au sein de l'Union européenne. Il lui demande donc de lui indiquer les mesures qu'elle entend prendre afin de remédier à cette situation.

Réponse publiée au JO le : 04/04/2006
L'honorable parlementaire a bien voulu appeler l'attention de la ministre déléguée à la coopération, au développement et à la francophonie sur la situation de l'Institut français de Vienne et sur notre présence culturelle. Le ministère des affaires étrangères est amené à adapter et à moderniser son dispositif culturel dans les pays de l'Union européenne, d'une part, et confirme sa volonté de maintenir notre présence à travers des formes d'action et de coopération plus efficaces. Il ne s'agit, dans ce cas d'espèce, ni de fermer l'Institut français de Vienne ni de renoncer à promouvoir la langue française dans un pays membre observateur de la francophonie mais de moderniser notre politique. L'Institut axera désormais son activité pédagogique autour des priorités suivantes : la promotion de l'apprentissage du français en milieu scolaire et universitaire, en partenariat avec les autorités éducatives et les universités ; le développement des enseignements bilingues en étroite collaboration avec le ministère autrichien de l'éducation ; le soutien aux projets de formation linguistique spécifique en direction des partenaires institutionnels ; la promotion des études en France en partenariat avec l'agence Edufrance et avec les programmes communautaires encourageant la mobilité étudiante, l'organisation de manifestations liées à la francophonie et notamment dans le cadre de la présidence autrichienne de l'Union européenne ; la formation au français d'environ cinq cents fonctionnaires autrichiens. L'Institut pourrait signer des conventions de partenariat avec certaines écoles de langue locales afin d'apporter son expertise et un accompagnement pédagogique à l'organisation des cours de français général. L'Institut demeure également centre d'examens pour les certifications de français (DELF, DALF, etc). Par ailleurs, la France et l'Autriche soutiennent l'association Autrichienne des professeurs de français, à travers le ministère autrichien de l'éducation, de la science et de la culture et l'ambassade de France à Vienne, dans l'organisation du premier congrès européen des enseignants de français, qui aura lieu à Vienne cette année, événement majeur dans le calendrier de la promotion du français. Dans le domaine culturel, l'établissement valorisera la création contemporaine et le soutien des industries culturelles françaises en partenariat avec les grandes institutions culturelles autrichiennes. S'agissant du débat d'idées, des contacts ont été pris avec les établissements culturels européens présents à Vienne ainsi qu'avec les universités (Gilles Kepel, Barabara Cassin, Denise Bonal, Alain Finkielkraut, Franz-Olivier Giesbert, Jean-Paul Bled, Étienne Balibar, pour n'en citer que quelques-uns, vont se rendre, ou se sont rendus en Autriche). Enfin, la médiathèque poursuivra sa transformation en un espace moderne avec un centre de ressources sur la France contemporaine et s'ouvrira davantage encore aux nouveaux publics. Dans le cas d'espèce, seule est envisagée la suppression des cours de français général, qui ne présentent pas de valeur ajoutée avérée par rapport à l'offre pédagogique des institutions autrichiennes, publiques (universités populaires) ou privées, et qui sont aujourd'hui largement déficitaires. Ainsi, pour l'année 2005, ce déficit aura été de 250 000 eurs pour moins de 1 500 étudiants, ce qui témoigne d'une activité en difficulté. En revanche, les cours « sur objectifs spécifiques », c'est-à-dire destinés à des publics particuliers (hauts fonctionnaires, professeurs de français, étudiants en mobilité, entreprises, etc.) seront maintenus et si possible développés. S'agissant de la fermeture de l'Institut français de Graz, il est apparu nécessaire de faire évoluer les modalités de notre présence culturelle sans pour autant renoncer à notre présence culturelle en Styrie. Les tâches de gestion devenaient difficiles et lourdes pour un établissement culturel touchant un public modeste : 399 étudiants pour les cours de langue et 66 emprunteurs à la médiathèque. C'est pourquoi il a été décidé de transférer le fonds de la bibliothèque de l'Institut à la bibliothèque publique de Graz relevant de la ville pour le bénéfice d'un plus grand nombre de lecteurs, et les cours de français ont été repris par l'association France-Autriche. La coopération dans le domaine éducatif a même été renforcée afin de favoriser le développement de filières de sensibilisation au français dans le primaire et le secondaire, et les premières expériences ont même démarré en 2005. Enfin, l'ambassade continue d'aider ces opérations par une expertise, des conseils et des soutiens financiers. Pour l'Europe en général, le ministère des affaires étrangères a élaboré une stratégie de promotion du français qui va de pair avec celle du plurilinguisme et se traduit par des plans adaptés à deux cibles principales, que sont les institutions européennes et les systèmes éducatifs des pays partenaires. S'agissant de notre présence culturelle, il est à noter que lorsqu'une fermeture est envisagée, une attention particulière est portée au cadre de substitution qui sera mis en place. La fermeture physique d'un centre n'entraînera pas de facto la dissolution de sa structure administrative (autonomie financière) qui peut subsister comme outil de coopération. Surtout, les moyens pourront dans un certain nombre de cas être redéployés vers d'autres centres, en particulier celui implanté dans la capitale, ou parfois vers des structures plus légères (Allemagne). Par ailleurs, le ministère des affaires étrangères a procédé à des ouvertures de centres culturels à Tachkent et à Tbilissi en 2002, à Kaboul et à Sarajevo en 2003, à Abuja en 2005, sans oublier la réouverture progressive de nos six centres culturels français en Algérie. En Europe de l'Est, et particulièrement pour les pays nouvellement entrés dans l'Union européenne, nous avons octroyé des moyens supplémentaires et accordé une attention particulière à notre dispositif.

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